Santé

L'ABC de la discipline

Beaucoup de parents craignent la discipline de peur d’être trop sévères. Pourtant, la discipline est vraiment nécessaire au bonheur des enfants.

Être parent, ça demande beaucoup d’énergie au quotidien. Vos petits trésors requièrent beaucoup d’attention et de soins. Ils ont besoin de vous pour apprendre et grandir en sécurité. Par moment, ils cherchent à savoir ce qu’ils peuvent faire ou non, à comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas et à voir où sont vos limites. Hélas, on n’y échappe pas! Cela fait partie des apprentissages, à notre grand désespoir certains jours!

La discipline, c’est important

Selon T. Berry Brazelton, célèbre pédiatre et fondateur du service de développement infantile du Children’s Hospital de Boston, après l’affection, le sens de la discipline est ce que les parents peuvent offrir de plus important à un enfant. Cependant, beaucoup de parents craignent la discipline de peur d’être trop sévères. Cela vient, entre autres, du fait que ce petit mot a une connotation négative. Pourtant, la discipline est vraiment nécessaire au bonheur des enfants et elle leur permet de savoir où sont leurs limites et celles de leurs parents. Elle leur permet aussi d’éviter les dangers, d’apprendre à penser avant d’agir et, en fin de compte, de vivre dans un climat plus harmonieux. Rappelons-nous que « discipline » signifie « enseignement », et non « punition ». Il ne s’agit pas de brimer l’enfant, mais de le guider. Il ne s’agit pas non plus de le contraindre, mais de lui transmettre des valeurs et de lui permettre d’apprendre et d’explorer en toute sécurité.

Bien que la plupart des parents ne remettent pas en question qu’il est indispensable de fixer des limites, comment le faire efficacement est un peu moins évident. Nous voulons tous que nos enfants soient « bien élevés » sans les accabler par un nombre excessif d’interdits. Mais, comment y arriver? Là est toute la question. Le psychoéducateur et orthopédagogue Germain Duclos peut vous aider. Depuis 25 ans, il intervient auprès des enfants et des adolescents et il nous partage son expérience par le biais de conférences et de nombreux ouvrages. J’ai choisi de vous présenter une de ses méthodes : « Les cinq C d’une bonne discipline ».

L’établissement des règles : 5 « C »

Dès que vous aurez imposé une règle de conduite à votre enfant, il essaiera naturellement de la transgresser.

« Cela fait partie de l’éducation », mentionne Germain Duclos. Mais pour éviter les écarts de conduite et que votre enfant acquiert le sens des responsabilités, votre règle doit réunir certaines qualités.

La règle doit être :

Claire : En utilisant un langage qui correspond au niveau de développement de votre enfant et des mots qu’il connaît, il saisira mieux la règle. Ne sous-estimez pas les démonstrations et les exemples gestuels. Ils facilitent la compréhension de votre message, surtout pour les tout-petits. En ce qui concerne les enfants plus âgés, principalement à partir de 3 ans, l’enfant doit pouvoir comprendre la valeur éducative de votre règle. Ainsi, ne dites pas uniquement : « Marche dans la cuisine ». Ajoutez : « Car tu peux te faire mal. » Il respectera la consigne beaucoup plus facilement.

Concrète : On a tendance à dire plusieurs choses qui ne sont pas nécessaires à nos enfants. Le mieux est de rester simple et concret. Pour les petits, tous les adverbes sont des mots abstraits : parler « doucement », marcher « lentement », cela ne leur dit rien et laisse place à beaucoup d’interprétation. Montrez plutôt à votre enfant ce que vous attendez de lui à l’aide de démonstrations et d’exemples. Par ailleurs, les enfants ont tendance à ne retenir que la fin des phrases, surtout si elles sont longues. Au lieu des longs discours, on fait place aux phrases courtes où on mentionne l’essentiel. De plus, évitez les consignes qui commencent par « Ne pas ». Ces phrases lui donnent, au contraire, des idées qu’il n’aurait pas eues! Formulez vos consignes de manière affirmative et positive. Ainsi, au lieu de dire : « Ne tire pas les cheveux de ta sœur », dites plutôt : « Joue doucement avec ta sœur. ».

Constante : Pour être constante, la règle doit être appliquée toutes les fois où il ne respecte pas la consigne. Son application ne doit pas varier au gré des situations, de vos pulsions ou de vos humeurs, même si ce n’est pas toujours facile! La constance est beaucoup plus efficace, pour que votre enfant intègre les règles, que le degré de sévérité des conséquences.

Par ailleurs, on peut favoriser la constance en limitant le nombre de règles aux choses vraiment importantes. Vous imposerez alors la règle avec assurance et fermeté. Votre enfant le sentira et s’en souviendra. Mais, attention! Fermeté ne veut pas dire fermeture. En cas d’événement spécial, la règle peut être exceptionnellement suspendue. Par exemple, s’il y a de la visite importante, on peut se coucher à 21h au lieu de 20h. Il faudra cependant DIRE et RÉPÉTER que c’est un privilège et que les choses reprendront leur cours le lendemain. En tant que modèle et surtout en tant que celui ou celle qui donne les règles, votre enfant sera à l’affût de vos moindres hésitations. L'inconstance de votre réaction peut désorienter l’enfant et le pousser à répéter son comportement. Il peut même intensifier son comportement dans l’espoir d’obtenir une définition claire de la règle à respecter et comprendre quel comportement est inacceptable.

Par ailleurs, si vous réservez votre autorité pour les problèmes importants, pour les choses qui comptent vraiment pour vous, vous pourrez vous imposer avec plus d’assurance et l’enfant le sentira. La discipline fonctionne bien lorsque vous pensez vraiment ce que vous dites et ainsi l’enfant comprendra qu’il est important pour lui de respecter votre décision. Les jeunes enfants ne sont pas en mesure de retenir une multitude de règles. Alors, le fait de limiter, pour un certain temps, le nombre de règles à quelques-unes donnera à l’enfant le temps de les assimiler et de saisir à quelles situations ces règles se prêtent. 

Cohérente : Évitez d’imposer à votre enfant des règles que vous n’appliquez pas! Les enfants y sont très sensibles et relèveront rapidement vos contradictions. Considérant que les enfants apprennent par observation et par imitation, il est important que le parent adopte le comportement qu’il veut enseigner à son enfant. Il est alors conseillé de travailler soi-même les comportements que l’on souhaite voir de la part de notre enfant. Comment exiger que l’enfant fasse quelque chose si vous faites le contraire? Par exemple, évitez de crier à votre enfant de cesser de crier! Prêcher par l’exemple est la méthode de discipline la plus efficace. Bref, pour être cohérent, le parent doit aussi appliquer la règle à lui-même ainsi qu’aux frères et aux sœurs, lorsque cela s’applique, et garder la même attitude envers des comportements identiques.

Le parent se doit d’être persévérant dans ce qu’il entreprend avec son enfant. Il faudra inévitablement répéter encore et encore les règles pour que l’enfant les intègre. N’oubliez pas d’établir des règles claires et, surtout, de les maintenir. L’enfant a besoin de repères et, si une journée tel geste est inacceptable, il doit l’être aussi le lendemain, peu importe si on est fatigué ou qu’on n’a pas envie d’avoir droit à une crise de larmes.

Conséquente : Si l’enfant transgresse les règles, il doit constater que son acte a des conséquences sur lui-même et sur les autres. Il devra alors les assumer si l’on veut qu’il assume ses responsabilités un jour, affirme Germain Duclos. De petites conséquences devront donc suivre les comportements qui sont répréhensibles. Pour être conséquent, il faut se servir de sa logique afin que la conséquence soit adaptée à la situation, à l’âge de l’enfant et à la nature de la règle enfreinte. La conséquence doit permettre à l’enfant de corriger son comportement, mais aussi de comprendre ce qui n’est pas acceptable. Il sera ainsi, un jour, en mesure de se contrôler par lui-même. C’est ce qu’on appelle l’autodiscipline.

En conclusion, lorsque vient le temps d’imposer la discipline à son enfant, le plus important est de se faire confiance et de nous donner le droit à l’erreur, car nous sommes humains nous aussi. Tout comme l’enfant apprend à corriger ses erreurs, vous le faites aussi! Être parent, c’est aider nos enfants à grandir, mais aussi de grandir avec eux.

Références 
  • Germain Duclos et Martin Duclos, Responsabiliser son enfant, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2005.
  • Danielle Laporte, Favoriser l’estime de soi des 0-6 ans, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2002.
  • T. Berry Brazelton, Points Forts, Éditions Stock-Laurence Pernoud, 1992.

Par Cynthia Jolicoeur Drainville, intervenante périnatale

Centre de ressources périnatales Les Relevailles de Montréal

Fondé en 1985, le Centre de Ressources périnatales (CRP) Les Relevailles de Montréal vise à favoriser l’adaptation harmonieuse à la grossesse et à la vie avec un nourrisson en soutenant les parents dans l’enrichissement de leurs compétences. Le CRP s’adresse à tous les futurs et nouveaux parents avec leur bébé. Le Centre leur propose une gamme d’activités et de services, avant l’arrivée de bébé ou avec lui, afin de mieux connaître, comprendre et échanger sur leur nouvelle réalité : cours, ateliers, rencontres, service à domicile « Coup de Main », consultations privées (individuelles ou en couple), soutien téléphonique, centre de documentation spécialisé et boutique. Notre équipe dynamique et passionnée vous accueille dans des locaux adaptés aux besoins des bébés et de leurs parents. Les bébés sont considérés comme des participants à part entière. Les activités se déroulent à un rythme tenant compte de leurs besoins. Ils sont les bienvenus en tout temps. Le CRP offre également des formations spécifiques en périnatalité qui sont adaptées aux divers besoins des intervenants et des professionnels. Centre de Ressources Périnatales « Les Relevailles de Montréal » 14115, rue Prince-Arthur, bureau 341 Montréal (Québec)  H1A 1A8 Téléphone : 514-640-6741, Télécopieur : 514-640-7621  [email protected]


Cette semaine
Covid-19 - Le partage des congés des Fêtes pour les parents séparés

Le 19 novembre 2020, le Gouvernement du Québec annonçait les mesures d’assouplissement permises pour les rassemblements durant les Fêtes de fin d’année 2020. Un casse-tête pour les parents séparés? 

Laissez-les croire au Père Noël!

Est-ce qu’on doit laisser nos enfants croire au Père Noël et à toute cette magie des Fêtes? Absolument, et Solène Bourque nous dit pourquoi!

Le baby blues, ce phénomène mal connu

On l’entend sans cesse ce terme, baby blues, et pourtant il est si mal connu du grand public et même des professionnels de la santé. On l’utilise sans bien le comprendre alors que, pourtant, jusqu’à 80 % des femmes en connaissent un épisode plus ou moins difficile.

Un calendrier de l’Avent dans le sapin

Ce que j’aime du temps des fêtes avec les enfants, c’est toutes ces traditions magiques qui mettent des étoiles dans leurs yeux.  

Nos Concours

Gagnez le livre Bœuf braisé au jus

Participez pour gagner le livre Bœuf braisé au jus de Mamzells

Gagnez une Poupée Maplelea

Participez pour gagner une poupée Maplelea de votre choix et un journal d'histoire

Commentaires