Couple/Sexualité

Parents : amis ou amants?

En devenant parents, reste-t-on aussi des amants? La conciliation des deux rôles est sûrement possible. Mais comment y arriver quand la routine et le train-train nous assaillent?

Devenir parents chambarde notre vie, qu’on le veuille ou non. Même avec la meilleure volonté du monde, le couple vivra des bouleversements lors de l’arrivée du petit bébé… et aussi pendant les premières années de leur vie de famille. Le passage du couple à la vie de famille ne se fait pas sans heurts et sans ajustements. Mais il est totalement possible de vivre la période de la petite enfance sans que notre couple écope.

Processus normal

« Déjà, avant même d’avoir des enfants, quand on est en processus de désir d’enfant, on devrait être conscient que notre vie va changer et qu’il y aura différentes phases à traverser. Ainsi, on est moins surpris! On comprend que l’enfant vient défaire l’équilibre du couple, mais c’est clair qu’il faut en refaire une priorité par contre! », explique Pierrette Desrosiers, psychologue en pratique privée (Pierrette Desrosiers Psycoaching)

Reste que la spécialiste est rassurante. S’éloigner un peu est un réflexe naturel. « Cela va de soi, même si ce n’est pas ce que l’on veut. Souvent, durant la première année, la mère et l’enfant sont en processus de bounding, une fusion qui permet de développer la relation privilégiée entre eux. Et c’est même important que ça ait lieu », expose-t-elle. Toutefois, il arrive que le papa se sente délaissé et ne retrouve plus sa place auprès de sa conjointe. Beaucoup d’auteurs s’entendent sur le fait que c’est grâce à l’homme qui vient s’interposer entre la mère et l’enfant qu’il y a un réel retour de l’équilibre sain, autant pour amener l’enfant à se détacher doucement de sa mère, une fois la relation bien établie, que pour le couple qui se retrouve davantage. « Durant la première année, l’énergie n’est pas vraiment orientée vers le couple, c’est vrai, concède Pierrette Desrosiers. Et il faut comprendre que la nature le veut ainsi aussi. L’énergie va à l’enfant, ce petit être non autonome qui, sans nos soins, ne survivrait pas. »

Le piège

Toutefois, se complaire dans une relation fusionnelle avec son bébé pourrait avoir des effets néfastes sur notre couple si la situation perdure. « Si on se laisse aller au désintéressement, on va vite faire notre vie chacun de notre côté », dit Pierrette Desrosiers. Alors, mieux vaut faire attention dès l’arrivée de bébé pour continuer à prendre soin de notre couple. « On peut faire un parallèle avec l’activité physique. Pour se remettre en forme, on doit consacrer de l’énergie, du temps et un budget pour y parvenir. Pour maintenir notre couple à flot, il faut la même chose. Se préserver du temps, de l’énergie et même parfois du budget! »

On reste réaliste dans notre plan de match. Bien sûr qu’on ne peut pas partir à l’improviste comme avant. On doit davantage planifier, mais cela ne tue pas le plaisir. « Et même si parfois, ça nous tente moins de sortir même pour qu’une heure, on le fait quand même. Pas question de se dire bah, on reste à la maison plutôt? Encore une fois, c’est comme l’exercice physique. On voit une fois que c’est fait tous les bienfaits que ça nous apporte. On se dit J’avais oublié comment c’était l’fun d’aller au cinéma ensemble », note-t-elle. Et attention! « Beaucoup de couples se font un honneur de dire qu’ils n’ont jamais fait garder leurs enfants ou qu’ils prennent toujours leurs vacances avec les enfants. Où est le couple là-dedans? », se questionne la spécialiste. Il faut continuer de se sentir bien en couple ou réapprendre à l’être – si on croit l’avoir perdu –, car un jour les enfants ne seront plus là pour nous réunir.

Exercice 1 à faire en couple : le répertoire

Chacun écrit une liste d’activités qu’il voudrait faire avec son partenaire. « Comme pour un menu, on essaie de varier! C’est important! », explique Pierrette Desrosiers. Notez des activités déjà faites, des nouvelles, des projets qui demandent un budget, des activités longues ou rapides, à l’intérieur ou à l’extérieur.

« Ensuite, on s’échange les listes et chacun donne une note de 1 à 10 à toutes les activités pour voir lesquelles il aimerait mieux faire », ajoute la psychologue.

Ainsi, vous vous créez un répertoire d’activités que vous voulez faire ensemble. De plus, vous saurez ce que l’autre a vraiment envie de faire avec vous. Vous aurez que l’embarras du choix pour déterminer ce que vous ferez tous les deux.

Communiquer de façon claire!

Le petit exercice proposé démontre une des erreurs souvent faites par les couples. « On voudrait donc que notre chum nous devine! Mais nos désirs sont changeants. Nous le sommes aussi! On aimerait sortir un soir, puis un autre, on aimerait mieux aller que prendre un café. Il faut faire des demandes claires à l’autre et arrêter de vouloir qu’il nous devine. Et cela ne brisera pas la magie! », renchérit Pierrette Desrosiers. En clinique, elle rencontre parfois des couples qui se butent à vouloir être deviné par l’autre ou qui projettent des idées confuses. Si les demandes ne sont pas claires, on risque de vivre une frustration bien plus grande que si on précise ce qu’on aimerait. Car ainsi, l’autre peut répondre à notre désir. 

« Je dis souvent aux couples de donner une importance à leur demande. Dire : « moi, la première chose que j’aimerais que tu fasses c’est… » ou « Ce que j’apprécierais le plus c’est que tu… » Ainsi, en cotant l’importance des choses, l’autre peut savoir ce qui nous tient vraiment à cœur et ce qui est significatif pour nous », explique-t-elle. Si on dit à notre amoureux « J’aimerais cela que tu en fasses plus! » ou « J’aimerais que tu sois plus respectueux », c’est trop vague comme demande. Et si on double le tout par une énorme dose de reproches par la suite parce qu’il n’a pas deviné ce qu’on voulait réellement dire, on est quitte pour un enchaînement fort négatif. « L’amour se tue avec les critiques. Elles enlèvent l’initiative, brise l’envie, sème le doute, fragilise l’estime de soi et mène à la passivité. Si on ne nomme pas de façon claire ce qu’on veut, on ne peut pas reprocher à l’autre de ne pas le faire. Et dire « Tu sais bien ce que je veux dire » n’aide en rien! Le chum va se refermer et n’osera plus rien initier en se disant que de toute façon, sa blonde chiale tout le temps ou que ce n’est jamais correct », estime Pierrette Desrosiers. 

Exercice 2 à faire en couple : lister les qualités

Pierrette Desrosiers note que chez les couples qui vont mal, le ratio est de 10 critiques pour un seul feed-back positif. Alors que cela devrait être totalement le contraire : 10 feed-back positifs pour une critique. Et ce, en couple comme dans toutes les autres sphères de notre vie. « Avant de critiquer, il faut donc se demander si c’est vraiment essentiel. »

La psychologue suggère de faire l’exercice de noter 5 à 7 qualités de notre partenaire que l’on apprécie le plus. Ensuite, on les lit et les explique à l’autre.

« Parfois, ce simple exercice fait pleurer beaucoup de personnes, car on ne croit plus que l’autre pense cela de nous », explique-t-elle. 

Désir en mouvance

De plus, la libido n’est pas égale dans un couple. Des ajustements seront toujours à prévoir. « Dans un couple, sur toute notre vie commune, le désir n’est pas toujours en montée ou même constant. Le stress mène nos vies et ce qui en subit bien souvent les conséquences est notre vie de couple », raconte sincèrement la psychologue. Les grands stress de nos vies : les difficultés sexuelles, l’argent, l’éducation des enfants et le partage des tâches. Et les femmes sont plus susceptibles de voir leur libido fragilisée et perturbée si elles sont stressées. « Il faut en parler et savoir en rire entre nous, dans le couple. Et tant qu’il y a de l’amour, de l’admiration et du respect, tout est encore là », renchérit la psychologue. L’intimité ne passe pas que par faire l’amour, non plus! « La lune de miel qui crée des réactions neurochimiques n’est pas la même après plusieurs années de vie commune, mais on peut restimuler notre flamme en y mettant du piquant et une réelle communication! », conclut Pierrette Desrosiers.

Image de Nadine Descheneaux

Autrice jeunesse et conférencière.


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