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Les futurs pères peuvent-ils être déprimés aussi?

Ils n’ont peut-être pas de nausées, ni de gros ventre, mais ils sont bien au courant de ce qui les attend. Est-ce qu’on passe à côté des émotions des futurs pères quand ils sont déprimés?

On en parle très peu et pourtant, il semble que leur détresse soit bien réelle. En effet, selon une étude menée par l’institut de recherche de l’Université McGill, il semblerait que les pères sont sujets à la dépression pendant la grossesse de leur partenaire. Selon Deborah Da Costa, professeure de médecine à l’Université McGill, il est important que les futurs parents, les nouveaux parents et les professionnels de la santé prennent conscience de cette réalité afin que tous soient prêts à prendre les mesures qui s’imposent et que la discussion soit entamée pendant les consultations prénatales.

À quoi ressemble la dépression anténatale des pères?

Selon l’étude menée par l’Université McGill, 13,3 % des futurs pères présentaient des signes sévères de dépression au cours du troisième trimestre de la grossesse de leur conjointe. On connaît bien l’effet des hormones pendant la grossesse et le tourbillon du post-partum chez les femmes, mais à quoi est-ce que ça ressemble une dépression masculine dans la parentalité?

Eh bien, ce sont des hommes qui dorment moins bien, qui ont un historique familial de troubles psychologiques et qui ont l’impression de manquer de soutien social. Ils sont également moins satisfaits de leur vie de couple, ont l’impression d’avoir connu plus de situations stressantes au cours des six derniers mois et davantage de stress financier pendant le troisième trimestre de grossesse de leur conjointe. Ils présentent aussi des symptômes de dépression post-partum, selon l’échelle d’Édimbourg.

C’est que pour les pères aussi, la pression de la vie de famille se fait sentir. S’ils ne présentent pas de symptômes physiques de grossesse, ils n’en sont pas moins en train de se préparer à la vie de famille qui s’en vient. Selon les chercheurs de l’Université McGill, la transition vers la vie de famille lors de la venue d’un premier enfant est un événement important qui peut être difficile et qui aura un impact sur les deux parents et sur le développement de l’enfant.

Les causes et les recommandations

Heureusement, la plupart des facteurs associés à la dépression chez les hommes semblent être modifiables. En d’autres termes, il est possible d’améliorer les choses en changeant son mode de vie.

Un des éléments principaux qui est ressorti de cette étude sur les futurs pères est le sommeil. Il a été démontré que les pères qui dormaient déjà mal avant la naissance seront plus sujets à la dépression quand viendront les nuits mouvementées avec un bébé. Les chercheurs proposent donc d’encourager de meilleures habitudes de sommeil chez les futurs pères, en plus d’une meilleure gestion du stress. Ils proposent aussi un meilleur soutien social quand viendra le temps d’intervenir avec les futurs pères qui sont à risque pendant cette transition vers la parentalité. Les pères devraient être systématiquement inclus dans le suivi de grossesse, selon eux, afin de dépister d’éventuels risques de dépression.

Selon Dr Da Costa, « ce sont des signaux importants, car certains de ces facteurs peuvent s’aggraver après l’accouchement. De toute évidence, le sommeil est compromis pendant les premières années. On sait que la dépression prénatale est le principal prédicteur de dépression postnatale. Il pourrait donc être bénéfique d’offrir une formation aux pères et de procéder au dépistage des symptômes dépressifs rapidement, afin de réduire le risque ou la poursuite de la dépression postnatale. » Elle croit d’ailleurs que la santé mentale des hommes est négligée quand vient le temps d’étudier cette période de transition parentale.

À propos de la recherche

L’équipe de recherche de l’Université McGill a recruté 622 hommes au Québec pendant une période d’un an et demi. Les futurs pères participants ont rempli un questionnaire qui vise à mesurer divers facteurs, tels que l’humeur dépressive, l’activité physique, la qualité du sommeil, le soutien social, la satisfaction conjugale, le stress financier et les facteurs sociodémographiques pendant le troisième trimestre de grossesse de leur conjointe. Les chercheurs ont découvert que 13,3 % des pères interrogés présentaient un taux élevé de symptômes dépressifs durant la grossesse de leur partenaire.

Par Anne Costisella

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