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Grossesse/Maternité

Pratico pratique

Attrait pour les bedons ronds

Plus que jamais, les grossesses des actrices font les manchettes des Échos Vedettes et autres magazines à potins. Les jumeaux de Julia Roberts, la grossesse de Julie Snyder, celle – vraie ou fausse?? – de Britney Spears, les désirs d’enfant de certaines, les états d’âme de Mitsou et la vie de famille de Véronique Cloutier sont des faits croustillants qui rapprochent les lectrices des personnalités connues. C’est vrai qu’elles nous apparaissent plus accessibles quand on sait qu’elles aussi se lèvent la nuit, que les kilos en trop s’accumulent sur leurs hanches comme sur les nôtres et que leur progéniture aussi perce des dents. Entre fascination, compassion, envie, jalousie et humanisation, la grossesse des autres, c’est aussi un peu notre affaire! Clin d’œil sur notre furieuse envie de zieuter chez le voisin.

Le chou gras des magazines
Tous les ans, c’est pareil! 7 Jours, Échos Vedettes, Star inc., Le Lundi, People, In Touch et leurs semblables font une édition « spécial maternité ». On y retrouve qui a accouché (et comment), le prénom des dignes héritiers (Apple, Justin, Stella-Rose, Louis, Billy), le poids culminant qu’a indiqué la balance personnelle des vedettes au terme de leurs 9 mois de grossesse, le nombre de kilos perdus par la suite et en combien de temps (et là, on se compare! Veut, veut pas!), leurs trucs pour reprendre leur taille fine (nous aussi, on y arriverait bien avec une nounou, une femme de ménage, un entraîneur privé et une salle de gym annexée à notre chambre!) et autres potinages sur les aléas d’une fin de grossesse, sur les joies (c’est à croire que les peines n’existent que dans nos vies?) des premières semaines avec le tout-petit et leur nouvelle vie de famille! Le tout, bien sûr, agrémenté d’une cascade de photos, flatteuses ou un peu moins reluisantes, de leur bedaine prête à exploser.

Silvia Galipeau du journal La Presse rapportait dans l’article Bedons à la une en septembre dernier les propos de Dan Wakeford, directeur de l’information de l’hebdomadaire In Touch, l’une des bibles en matière de potins artistiques. Selon lui, deux raisons expliquent le vif intérêt des lecteurs de magazines pour les grossesses des vedettes. Depuis deux ans, plusieurs actrices hollywoodiennes sont devenues enceintes et le sujet de la maternité attire indéniablement le lectorat. Même son de cloche chez les publications québécoises qui font des spéciaux « grossesses ».

Tendance aux rondeurs

Les publicités n’échappent pas à cette tendance. La maternité s’affiche en clamant haut et fort que l’on peut être enceinte jusqu’aux yeux et être belle et sexy. Mieux encore, si avoir un ventre rond était plutôt ringard hier, on peut avancer qu’il est plutôt en vogue ces dernières années. La société a évolué. On ne cache plus la maternité sous de larges robes parachute sans formes. Les ventres se promènent ostensiblement, sans peur.

Au XIXe siècle, la grossesse se vivait dans l’ombre; on cachait son corps et comme une maladie honteuse, on n’en parlait guère. Elle est désormais perçue comme un accomplissement et projette une image positive et pleine d’espoir. Maintenant, il n’est pas rare de voir dans de grandes revues de mode — comme le Elle — des sessions photo avec des femmes enceintes. Demi Moore a lancé la donne en se montrant nue et enceinte dans le Vanity Fair, il y a près de 10 ans.

De plus, qui dit grossesse, dit bébé. On présente donc les top models avec leur mignonne progéniture. Claudia Schiffer s’est prêtée à ce jeu à la une du Elle France avec son fils. Et dans les pages des magazines de mode, on retrouve maintenant des publicités de vêtements pour les tout-petits… parce que les lectrices ont et veulent des enfants. Elles ne refusent pas de voir de telles publicités dans leur magazine de mode.

La grossesse ne se vit plus qu’à la maison. Les femmes demeurent de plus en plus longtemps sur le marché du travail avec un ventre proéminent. Elles discutent affaires, négocient des contrats, enseignent, signent des articles, servent des clients, soignent des patients, bref continuent leur boulot avec agilité, même avec les kilos de surplus! Et pour les 5 à 7 où elles prennent un verre sans alcool avec les copines, les brunchs branchés et les soirées en tête-à-tête, elles revêtent leurs plus beaux atours en se glissant dans de jolies robes cintrées qui mettent en valeur leur bedon tout rond. On a tous vu la resplendissante Catherine Zeta-Jones, enceinte jusqu’aux yeux, à la cérémonie de remise de prix hollywoodienne ou encore Julie Snyder en direct de son lit où elle se reposait (de force, on l’imagine) pendant la soirée des MétroStars.

Leur grossesse, c’est un peu la nôtre
En fait, en regardant ces revues, les femmes sentent que les stars leur ressemblent. Et alors là, on se console… Leur maternité ainsi exhibée les rend plus accessibles. Il y a quelque chose qui ressemble à une douce vengeance quand on voit que les jolies gambettes de Julia Roberts sont un peu plus potelées ou que Uma Thurman a dû attendre un an avant de perdre complètement les 50 livres prises durant sa grossesse. Avouez que ça fait plaisir. Juste un peu. Les stars deviennent plus vraies, moins « inatteignables ». Comme nous, elles ont dû soupirer en voyant l’indicateur de la balance grimper et être exaspérées en entamant leur xième semaine de nausées non-stop! Une fois le joli poupon né, leur bébé ressemble aux nôtres. Roch Voisine, à l’émission Deux filles le matin à TVA, révélait que ses nuits étaient plutôt entrecoupées par leurs fréquents réveils pour replacer la suce de son fils. Quand les enfants de Chantal Lamarre ou de Véronique Cloutier leur donnent des misères, elles doivent quand même se lever le lendemain matin pour se rendre au boulot. Et René-Charles n’a pas toujours été docile lors des sorties publiques de sa célèbre maman… tout comme notre petite dernière à l’épicerie! Les grossesses, les accouchements et la vie avec leurs enfants rendent les stars plus humaines et beaucoup moins inaccessibles. On arrive presque à croire qu’on pourrait leur jaser de nos tracas avec nos enfants et qu’elles nous comprendraient. Illusion? Peut-être! Mais la maternité et les bébés nous rapprochent d’elles! Si souvent, on croit que leur rythme de vie est diamétralement à l’opposé du nôtre, on sait toutefois que la « réalité bébé » nous ramène à un niveau semblable. Nounou, femmes de ménage, styliste, maquilleur, entraîneur privé, en moins! Mais, tout de même!

Les gros ventres à l’écran

Même dans les téléromans, le désir d’enfant est très présent. Dans la dernière saison, les histoires de bébés nous ont tenus en haleine pendant des semaines. Annie est enceinte dans Annie et ses hommes alors qu’elle est déjà mère de deux grands enfants. Et Éric a eu un enfant avec une de ses maîtresses alors que sa blonde voulait un enfant et que lui ne voulait rien savoir... Dans 3 fois rien, Louis et Caro ont eu une petite fille, se sont séparés à la suite d’une infidélité de Louis puis sont revenus ensemble. Un scénario qui jumelle un peu des deux dernières histoires : Hélène et Jean-Louis, deux personnages du téléroman Les Poupées Russes, ont eu une fille il y a 15 ans, se sont séparés, viennent de revenir ensemble et attendent un enfant trisomique. Lacaille et Pénélope se sont battus pour avoir la garde de leur fils. Chez Rumeurs, Esther a eu une fille de Benoît qui a déjà un enfant avec Anne-Sophie qui est enceinte de son nouveau chum, Sabin. (!) Le beau Négociateur a eu un enfant à la suite d’une aventure d’un soir. Toutefois, il décide de reconnaître le bébé et d'aider la maman. Quel homme tout de même! On peut bien craquer! Méli-mélo à l’Auberge du chien noir : Ariane est enceinte, mais ignore qui est le père. Et on ne compte plus les histoires de bébés dans Virginie! Dernièrement, dans Nos Étés, on a appris que Maria a enchaîné les fausses couches et qu’elle souhaite ardemment un autre enfant. D’autre part, Élise Belzile qui vient tout juste d'avoir un bébé, le donne à la famille Desrochers, mais il lui revient, car Maria se suicide. Quelle histoire! Même dans la dérisoire émission Le cœur a ses raisons, on a ajouté une histoire complètement loufoque à l’intrigue présentée par les excentriques personnages. Betty a eu un bébé et elle laisse croire que Bret est le père alors qu'il est stérile et que le bébé a la peau noire.

Qui a dit que les bébés n’intéressaient pas les gens! Et ceci n’englobe pas les films et les séries qui abordent la maternité, le désir d’enfant ou la vie de famille. Franchement, la vague est forte et entraîne tous les médias dans son élan : publicité, magazines, téléromans, fictions et autres! Suivez la vague! Causons bébé et grosses bedaines!

ND, dernière révision mai 2007



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