Les sages-femmes

Comment se déroule un suivi avec une sage-femme?
« Une femme peut être suivie dès le début de sa grossesse. Au début, les rencontres de 45 minutes en moyenne se déroulent une fois par mois. À partir de 32 semaines, la sage-femme et le couple se rencontrent toutes les deux semaines, puis, à la 37e semaine, chaque semaine. Le suivi par une sage-femme est un service du réseau de la santé, il n’y a donc aucuns frais pour autant qu’on soit couvert par le régime d’assurances maladie du Québec.
Les sages-femmes effectuent le suivi obstétrical, prennent les paramètres normaux (hauteur utérine, poids, etc.), font les examens et demandent une échographie au besoin ou selon le désir des parents. Lors des rencontres, la sage-femme échange beaucoup avec la femme et le couple sur leurs besoins, leurs préoccupations, les amène à bien vivre la grossesse et les prépare à la venue d’un enfant dans leur famille. La sage-femme prend en compte plus globalement la grossesse et la naissance comme étant une expérience à vivre. Ensuite, le suivi se poursuit 6 semaines après la naissance. »
Y a-t-il un conflit entre les sages-femmes et les médecins?
« Non, pas vraiment. L’opposition est de moins en moins tangible. Les professions apprennent à mieux se connaître. Nous avons une vision différente de la naissance. Notre façon de percevoir les risques est aussi différente. Au fond, le bout de la lunette par lequel nous voyons la naissance qui n’est pas pareil. Est-ce qu’on pense aux 85 % des grossesses qui se déroulent normalement ou aux 15 % qui présentent des risques? Cela ressemble un peu au verre d’eau, à moitié vide ou à moitié plein »
Quelles sont les limites de la pratique sage-femme?
« Si par le suivi et la prise des paramètres de croissance, la sage-femme remarque, par exemple, qu’il y a un risque d’accouchement prématuré, elle peut diriger sa patiente à un autre spécialiste. Mais dès que tout redevient normal, elle poursuit le suivi. Si la patiente doit accoucher à l’hôpital, la sage-femme peut l’accompagner aussi sans être l’intervenante principale. Par contre, il faut dire qu’il y a assez d’équipement dans les maisons de naissance pour effectuer certaines interventions (comme placer un soluté s’il y a un saignement après l’accouchement), mais pas trop non plus. »
Pourquoi les femmes se tournent-elles vers les sages-femmes?
« Beaucoup se rendent compte qu’elles ont besoin d’être supportées dans toutes les étapes menant à la naissance. Alors, la sage-femme devient la professionnelle la mieux placée pour les suivre pendant leur grossesse. Il va sans dire, même si tout se passe normalement, cela ne signifie pas qu’on n’a pas besoin de s’en occuper. Certaines femmes ont déjà accouché en milieu hospitalier avec un médecin et là elles désirent vivre une nouvelle expérience où elles pourront s’impliquer davantage. La moitié de notre clientèle est enceinte pour la première fois. Pour elles, être enceinte n’est pas une maladie, alors elles ne désirent pas aller à l’hôpital. Souvent, une amie ou une connaissance leur a parlé du suivi avec une sage-femme.
Je pense aussi que l’approche de la sage-femme, la continuité des soins et la relation plus personnalisée qui s’établit avec l’intervenante y sont pour beaucoup dans le choix des femmes qui se tournent vers les sages-femmes. »
Si une femme désire être suivie par une sage-femme, que doit-elle faire?
« Il y a 11 maisons de naissance. Les femmes qui désirent obtenir les services d’une sage-femme peuvent contacter les maisons de naissance directement. S’il n’y a pas de maisons de naissance dans sa région, elle peut tout de même faire une demande à son agence régionale afin de demander l’accès à ce service. »
Ressources
Regroupement des sages-femmes du Québec 514-738-8090Ordre des sages-femmes du QuébecAssociation canadienne des sages-femmesBaccalauréat en pratique sage-femme
Par Sonia Cosentino
février 2012








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