Famille

Je me sens tiraillée entre les besoins de mes enfants

Il est très convenu dans notre société que nous devons aimer nos enfants de la même manière. En théorie, on est d’accord. Dans la pratique, bien des nuances sont à mettre en place. Il n’est souvent pas question d’amour, mais plutôt des besoins de chacun.

Être équitable avec ses enfants ne veut pas dire de donner autant et de la même manière. Chaque enfant a des besoins distincts en fonction de son âge, ses phases de développement et son tempérament. Nous culpabilisons souvent de ne pas donner autant à l’un ou l’autre, mais il est important de se rappeler que nous donnons ce dont l’enfant a besoin. Nous avons tendance à projeter nos peurs, nos espoirs sur eux.

Stabilité et équilibre

Vouloir être aussi disponible avec le deuxième mais ne pas épargner le premier. Offrir du temps et de l’attention à tous mais avec moins d’énergie et moins d’heures à consacrer... C’est un vrai casse-tête! Il faut du temps à la famille pour retrouver une stabilité après chaque gros changement.

Se sentir tiraillés est normal : il faut de la patience pour apprivoiser les besoins de chacun quand il y a des évolutions, des régressions ou que la famille s’agrandit. L’équilibre se travaille sur le moyen terme. Lorsque nous sentons une dissonance cognitive, c’est-à-dire la tension et l’ambivalence entre ses croyances et une situation vécue, il est primordial de prendre soin de nos émotions. Pourquoi suis-je inconfortable? Qu’est-ce que je peux mettre en place pour diminuer mon état de malaise?

En tant que parents, nous sommes souvent nostalgiques du temps passé, et de la vie qui va trop vite. Il est d’autant plus difficile dans ces moments d’être objectif sur les besoins de nos enfants sans s’inquiéter de tout ce qu’on aurait voulu faire ou être.

Égal et équitable sont deux notions différentes. En fait, les enfants ont besoin que ce soit équitable, pour qu’ils se sentent respectés dans leurs besoins. Certains nécessitent plus de soins et d’attention à certains moments; c’est important de se concentrer sur celui qui est le plus en demande, qui est le plus vulnérable ou le plus désorganisé pour assurer la meilleure énergie possible.

Trucs et astuces

Voici quelques pistes et conseils à mettre en place. 

  • Donnez autant que possible du temps individuel à chacun de vos enfants, quelques minutes par jour, c'est déjà une formidable stratégie pour maintenir le lien. Je parle ici d'un vrai moment, sans interruption. Il ne s’agit pas nécessairement de faire des activités, mais d'avoir un moment privilégié et complice. Avoir du temps de qualité ensemble demeure aussi un atout pour développer le rythme familial et installer sa place au sein de la fratrie.
  • L’enfant le plus difficile est celui qui a le plus besoin d’attention, même s’il est plus difficile de l'aimer ou de l'accompagner dans ces moments... S'il ne collabore pas ou qu'il souhaite attirer l’attention de façon négative, il est temps de se déposer auprès de lui. Il ne sait peut-être pas encore comment formuler son besoin.
  • Demandez de l’aide : l’entourage, le réseau de relevailles, les aides familiales (du côté du communautaire) ou même, le service de garde. La fatigue nous empêche parfois de voir clair et de rester objectif; un pas de recul nous permet généralement de retrouver la bonne voie pour changer notre angle et la perspective lorsqu’on traverse une phase difficile.
  • Les enfants ont besoin d’avoir un espace à eux, des jouets rien qu’à eux. Ils ont besoin de sentir que leur place n’est pas menacée, et pour cela nous devons être les garants de leur paix. Si les moments de partage sont un supplice, c’est qu’il est temps pour chacun de se recentrer sur soi, en prenant de la distance physique. N’hésitez pas à faire des tentatives pour modifier la routine si vous sentez que vous n’atteignez pas encore suffisamment l’harmonie. L’éducation est composée d’essais et d’erreurs. Être parent, ça s’apprend!
  • Évitez de projeter vos besoins sur vos enfants. Nous sommes, nous aussi, issus d’une fratrie et souvent nous emmenons avec nous, nos blessures, nos promesses et nos carences. Nos enfants, eux, ont une autre histoire à vivre. Ce qui compte est la présence, la disponibilité et l’observation. De quoi ont-ils besoin? Qu’est ce qui m’appartient dans ce que j’observe et qu'est-ce qui me rend inconfortable? De quoi ai-je besoin pour me sentir compétente?
  • Communiquez. Il est très important de dire à nos enfants quelles sont nos limites, nos besoins, et comment on se sent. Les enfants sont très à l’écoute et lorsqu’ils grandissent, ils nous disent des choses très pertinentes. S’ils sentent qu’ils sont entourés, ils pourront s’ouvrir, même dans les périodes fragiles. 
  • La culpabilité est une boussole qui nous aide à remettre en perspective les besoins. Ce qui ne va pas bien et qui peut être modifié. Il est nécessaire de s’écouter pour envisager de nouvelles possibilités. La dualité est naturelle, et la sensation d’être déchirée aussi mais il y a beaucoup d’outils que l’on peut utiliser pour diminuer l’inconfort et voir ces sensations d’un œil nouveau. Être tiraillée c’est aimer et vouloir prendre soin.

 

Références : Il n’y a pas de parents parfaits, Isabelle Filliozat

                       Parents efficaces, Thomas Gordon

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