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Surmonter sa peur de l'eau pour ses enfants

La saison des piscines est arrivée, et avec elle, son lot d’angoisses, surtout pour les parents qui ont eux-mêmes peur de l’eau. Heureusement, l’apprentissage de la natation reste possible à tout âge.

Des parents qui ne savent pas nager et qui ont peur, ça existe, même si le sujet est tabou en 2017. De plus, cette peur a tendance à se transmettre d’une génération à l’autre.

Loin de nous le jugement

« Le comportement sécuritaire qui consiste à limiter l’accès au plan d’eau à son enfant lorsqu’on ne sait pas nager est nécessaire », affirme Élise Gaudette, fondatrice d’EAUdace, une école de natation pour adultes. La professeure, formée à la Croix-Rouge, tient à ne pas mettre la culpabilité sur le dos des parents qui ne nagent pas. « Si ton enfant tombe dans l’eau et que tu ne peux pas le sauver, il vaut mieux limiter son accès. On a tendance à dire, son parent l’empêche de… mais en fait, il le protège », souligne Mme Gaudette.

Cette peur est d’autant plus difficile à exprimer qu’elle est vécue comme une honte. « L’information autour de l’aquaphobie n’existe presque pas, dit l'experte. C’est un tabou social. Les gens qui ne savent pas nager se font dire : 'Voyons, c’est facile'. Ceux qui maîtrisent ces aptitudes n’ont pas la mesure de ce qu’ils ont dû faire pour l’apprendre. »

Pour permettre aux adultes d’affronter leur angoisse, Élise Gaudette a lancé en 2009 un programme pour eux. « Assurer la sécurité des enfants ou des petits-enfants autour ou dans un plan d’eau va souvent être une motivation », explique-t-elle.

Apprendre à l’âge adulte

Mais apprendre à nager à l’âge adulte n’est pas chose aisée. « Quand on est petit, ça va de soi qu’un moniteur de natation ou un parent nous accompagne. Quand on est grand, c’est beaucoup plus difficile », précise Mme Gaudette.

Résultat? De nombreux adultes baissent les bras après les premières séances. « Dans n’importe quel cours municipal, le taux d’abandon, au début, est très important », explique Élise Gaudette. Selon elle, il faut changer d’approche en misant sur l’accompagnement. « Pour prendre le risque d’aller où l’on n’a pas pied, on a besoin de quelqu’un qui nous accompagne. »

Il s’agit aussi de désacraliser et de mettre des mots sur cette peur. « C’est important de faire la différence entre la peur de l’eau et la peur dans l’eau, dit-elle. Les gens sont capables d’être autour de l’eau, ils sont capables d’être dans l’eau. Quand on adresse cette peur, on se rend compte que c’est la peur de suffoquer et de perdre le contrôle qui est souvent présente. »

Transmission de génération en génération

Comme toutes les peurs, celle de nager peut se transmettre de génération en génération. En 2015, une étude menée sur des rats par Jack Debiec et Regina Marie Sullivan de l’Université de New York se révéla intéressante. Chez les rats, l’odeur de la peur émise par le parent augmenterait la production de corticostérone, une hormone de stress, chez son enfant.

Selon Élise Gaudette, la transmission joue un rôle important. « Si tu n’as pas été porté dans l’eau par des bras confiants, c’est sûr qu’il y a une expérience de vie que tu n’as pas », rappelle-t-elle.

La crainte de l’eau dans le milieu familial. Voilà ce qui est souvent nommé par ses clients comme la source de leur angoisse. Elle donne l’exemple des années 1950 et 1960. À cette époque, certains agriculteurs au Québec n’avaient pas accès à des plans d’eau. Ils donnaient pour consigne à leurs enfants de ne pas aller se baigner dans la rivière. « Les enfants entendaient 'c’est dangereux', mais les parents voulaient dire 'c’est dangereux, car je ne pouvais pas aller te chercher', souligne Mme Gaudette. Un comportement qui se voulait sécuritaire se transforme en une incompréhension du milieu et du risque ».

On note une baisse du nombre de décès liés à l’eau entre 1991 et 2010. Par contre, il est difficile de mesurer combien de personnes ne connaissent pas les rudiments de la natation aujourd’hui, au Québec. Une chose est sûre, il n’est jamais trop tard pour apprendre et vaincre ses démons.

Par Justine Cohendet

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