Santé

L'examen des yeux

Qui consulter?

Les parents doivent consulter alors l’optométriste ou le médecin qui prescrira les médicaments appropriés lorsque requis. Dans de rares cas, des bactéries beaucoup plus virulentes peuvent infecter les yeux du bébé, on parle alors d’ophtalmie du nouveau-né. Dans ce dernier cas, un traitement agressif doit être entrepris pour éviter une propagation aux autres tissus entourant les paupières.

Votre enfant doit alors être référé vers un ophtalmologiste pour ce traitement. Plusieurs bébés présentent des sécrétions qui ne sont pas jaunâtres, mais qui peuvent tout de même faire penser à du pus. Ces sécrétions proviennent d’un petit défaut dans l’ouverture du canal qui recueille les larmes, au canthus, près du nez. Il y a alors un refoulement et des débris s’agglomèrent, ce qui cause les sécrétions. Le canal devrait, en principe s’ouvrir spontanément en dedans de la première année. Des compresses tièdes et des massages de la région touchée peuvent soulager le bébé. Dans les cas où le canal demeure obstrué, une chirurgie est indiquée.

Des yeux tout neufs

Selon les cas, il existe plusieurs modes de correction adaptés à chaque défaut visuel, à ses différentes conséquences et à l’âge de l’enfant.

La chirurgie est principalement réservée à la cataracte, aux glaucomes et aux strabismes sévères. Dans les deux premiers cas, elle se pratique dès les premières semaines ou les premiers mois de la vie. En cas de strabisme, les spécialistes préconisent ce geste vers 5 ans, avant l’entrée à la « grande école ». Parfois, plus tôt vers 2 ans et demi.

Les lentilles de contact restent, chez le petit enfant, un moyen de correction d’exception. On les utilise surtout, dès 3 mois, après une chirurgie de la cataracte, pour corriger une grande différence entre les deux yeux ou compenser l’absence d’iris... Cette méthode exige une participation et une attention considérables de la part des parents non seulement pour les mettre en place, mais aussi pour éviter les infections et les irritations de la cornée.

La rééducation. La principale technique de rééducation passe par l’occlusion, par exemple à l’aide d’un pansement autocollant adapté. Elle consiste à cacher temporairement le bon œil pour obliger le plus faible à travailler. Vers 6 mois, une occlusion de 20 minutes à une demi-heure par jour, pendant quelques semaines, suffit à ramener l’acuité visuelle de l’œil paresseux (celui qui voit moins bien ou celui qui « tourne ») au niveau de celle du bon œil.

Plus tard, vers un an, une heure à une heure et demie est nécessaire par jour, pour arriver à un résultat équivalent. À deux ans et demi, plusieurs heures d’occlusion quotidiennes peuvent être indispensables pour traiter, par exemple, un strabisme passé inaperçu ou survenu après un choc affectif.

Un enfant petit accepte facilement le temps d’occlusion. Plus tard, ce moment peut donner lieu à des « négociations » : câlin, histoire ou promenade contre occlusion... Pendant les 2 ou 3 premières semaines, l’enfant comme la maman ne vivent pas cette séance comme un plaisir, mais, peu à peu, les résultats sont si convaincants que l’un et l’autre acceptent ce mode de rééducation. Pour certaines formes de strabisme ou de difficultés des mouvements oculaires, un opticien, une orthoptiste ou les parents peuvent aider un œil à se redresser par une gymnastique adaptée de seulement quelques minutes par jour.

Les lunettes constituent le moyen de correction le plus répandu

Chez l’enfant comme chez l’adulte, on les utilise pour compenser toutes les amétropies — hypermétropie, myopie, astigmatisme —, mais aussi après certaines interventions (cataracte, strabisme) et pour la rééducation. Dans ce dernier cas, il s’agit de lunettes dites « à secteur » : une zone des verres est dépolie pour interdire aux yeux de regarder dans certaines directions.

Lorsque la maman est bien sensibilisée aux bénéfices que son bébé peut en attendre et que les lunettes sont convenablement adaptées, l’enfant de moins d’un an les accepte très bien. Cela devient plus délicat entre un an et deux ans et demi.

Patience. Il faut encourager l’enfant, car le résultat peut être spectaculaire. On voit des petits de 15 mois qui ne marchent pas se mettre à trotter en 8 jours quand on leur donne une paire de lunettes... Plus tard, tout redevient simple, car l’enfant perçoit de lui-même tout le bénéfice apporté par ses lunettes; il se sent mieux dans sa vue, dans sa vie. Dans tous les cas, un tel achat demande du temps et les conseils d’un professionnel compétent. Devant un vrai refus, il faut chercher à comprendre ce qui se passe. L’échec peut venir d’une situation de conflit avec les parents ou de lunettes inconfortables, parce que mal adaptées ou mal centrées... Aujourd’hui, les lunettes pour enfants ont fait d’énormes progrès, tant sur le plan technique qu’esthétique. De même, les opticiens sont de plus en plus nombreux à savoir choisir et adapter le modèle convenant le mieux. De leur côté, les fabricants sont parvenus à en faire des accessoires de mode.

De plus en plus solides, les montures s’adaptent à la morphologie particulière à la première année de la vie : absence d’arête nasale, joues rebondies, oreilles fragiles... Les verres sont incassables et se rayent de plus en plus difficilement.

Association des optométristes du Québec

L’Association des optométristes du Québec (AOQ) fondée en 1966, compte aujourd’hui plus de 1300 membres.

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