Santé

Les différents troubles du langage chez l'enfant

On estime qu’environ 8 à 10 % des enfants sont touchés par des troubles du langage, troubles souvent détectés uniquement lors de la rentrée en classe.

Si la plupart de ces troubles sont sans grandes conséquences (certains passent carrément inaperçus), il arrive néanmoins qu’ils entraînent des retards d’apprentissages, de même qu’un sentiment d’échec et d’exclusion pour l’enfant. C’est pourquoi il est préférable de les identifier le plus rapidement possible, et de les traiter. Mais qu’est-ce qui cause ces troubles du langage?

Diverses causes

Il y a en effet plusieurs facteurs à même de causer des troubles du langage chez l’enfant. Si on a montré du doigt, et ce jusqu’à la moitié du XXe siècle, les problèmes affectifs et psychologiques, de nos jours, on croit plutôt qu’il s’agit d’une question de gènes et d’hérédité. Parfois, des troubles de la vue ou de l’ouïe sont aussi responsables de retards langagiers.

Deux sortes de troubles du langage

On divise en deux classifications les nombreux troubles du langage : d’une part, les troubles du langage écrit (dyslexie, dyscalculie, dysgraphie, dysorthographie), et de l’autre, les troubles du langage oral (dysphasie, bégaiement, troubles d’articulation). Peu importe la nature du problème, il est primordial de le détecter le plus rapidement possible pour ainsi le traiter : on met dès lors toutes les chances du côté de l’enfant. Si on peut identifier certains troubles dès l’âge de 2 ou 3 ans, c’est néanmoins au moment de commencer l’école que la plupart de ceux-ci se font plus évidents.

La dyslexie

La dyslexie est un trouble persistant de l’acquisition ainsi que de l’automatisation de la lecture : l’enfant a de la difficulté à différencier les lettres, les syllabes, les mots. En gros, ceci signifie que la vitesse et la précision en lecture sont grandement affectées, ce qui se solde par une lecture imprécise, nuisant grandement à la compréhension. La dyslexie s’accompagne toujours de dysorthographie (difficultés en écriture). Dès lors, la dyslexie sème le parcours académique de l’enfant d’embuches.

Heureusement, les enfants dyslexiques ont de grandes forces cognitives et avec de bonnes stratégies de travail, ils arrivent à bien compenser leurs lacunes.

Les manifestations de dyslexie

  • Omission, substitution et inversion de sons dans les mots (ex. : page pour plage, poulet pour poulain, foule pour flou);
  • Confusion entre les lettres miroirs (b/d, p/q) et les sons proches (ch/j, d/t);
  • Difficultés importantes au niveau du décodage (lecture lente et saccadée);
  • Devine parfois les mots en se fiant aux premières lettres ou encore en se fiant au sens de la phrase;
  • Difficulté à reconnaître les mots dans leur ensemble;
  • Difficulté à lire les mots irréguliers (ex. : monsieur, fils, femme, etc.);
  • Saute les petits mots de relation et de liaison dans les phrases;
  • Compréhension de lecture difficile puisque l’enfant est centré sur le décodage;
  • Grande fatigabilité lors d’une tâche de lecture.

Source : Centre d’évaluation neuropsychologique et d’orientation pédagogique (CENOP)

La dyscalculie

L’enfant atteint de dyscalculie a de sévères difficultés avec tout ce qui a trait aux nombres, aux calculs mathématiques et aux distances. Ils peinent donc à traiter les nombres (reconnaître et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division) et à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité). Ils ont aussi de la difficulté à différencier la droite de la gauche.

Les manifestations de dyscalculie

  • Difficulté lors du dénombrement et utilisation fréquente des doigts ou autres objets pour compter;
  • Difficulté à lire et à écrire des nombres (lire 26 pour 62, écrire 707 pour 77, lire 6 pour 9, etc.);
  • Difficulté à effectuer des opérations arithmétiques;
  • Difficulté à retenir les tables de multiplication;
  • Difficulté à saisir et à utiliser les termes mathématiques (la différence, la somme, la quantité, plus que, moins que, deux fois plus que, etc.);
  • Difficulté à comprendre les énoncés de problèmes mathématiques;
  • Difficulté à gérer l’argent;
  • Orientation visuo-spatiale déficitaire (difficulté à s’orienter dans l’espace);
  • Problèmes en géométrie.

Source : Centre d’évaluation neuropsychologique et d’orientation pédagogique (CENOP)

La dysgraphie

La dysgraphie va souvent de pair avec la dyslexie, et l’enfant qui en est atteint a de grandes difficultés à écrire ou accomplir tous les gestes graphiques : ses lettres et ses mots sont mal formés et illisibles. On remarque aussi que les espacements entre les mots, lettres et syllabes sont irréguliers.

La dysorthographie

La dysorthographie se caractérise par une difficulté à assimiler les règles de production écrite. Ainsi, l’enfant qui souffre de ce trouble est incapable de se rappeler les règles de grammaire, d’orthographe et de syntaxe. La dysorthographie engendre fréquemment des omissions, des inversions et des substitutions de lettres et/ou de syllabes dans les mots écrits.

Cette affectation s’accompagne parfois de trouble de la lecture, mais pas toujours.

Les manifestations de dysorthographie

  • Ajout de lettres ou de syllabes à l’intérieur des mots;
  • Inversion de lettres ou de syllabes à l’intérieur des mots;
  • Difficulté à respecter l’entité des mots (ex. : lajout pour l’ajout, unabit pour un habit);
  • Orthographe grammaticale souvent très faible (accord dans le groupe du nom, respect de la conjugaison des verbes, etc.);
  • Orthographe d’un même mot qui varie d’un endroit à un autre (enfan, anfan, anfent);
  • Calligraphie irrégulière et malhabile.

Source : Centre d’évaluation neuropsychologique et d’orientation pédagogique (CENOP)

La dysphasie

La dysphasie - ou trouble spécifique du développement du langage oral (TSDLO) - est caractérisée par une très grande difficulté dans la compréhension et la communication orale. Ce trouble n’est pas la résultante d’un manque de stimulation ou d’un retard psychologique. Les enfants qui en souffrent ont ainsi un véritable désir de communiquer, mais en sont incapables. Il s’agit d’un trouble primaire du langage qui s’exprime par des atteintes, de nature et d’intensité variables, au bon fonctionnement du langage : les manifestations sont donc différentes d’un enfant à un autre.

On réussit habituellement à identifier la dysphasie assez rapidement (entre 2 et 3 ans).

Les manifestations de dysphasie

Au niveau réceptif (compréhension du langage)

  • La compréhension du vocabulaire est restreinte;
  • Les mots abstraits lui sont difficiles à comprendre;
  • L’enfant ne comprend ni ne différencie tous les mots questions (par exemple : où, quand, comment, pourquoi, etc.);
  • Il a de la difficulté à comprendre les énoncés longs et complexes;
  • Les messages sont souvent compris au pied de la lettre (sans nuance).
  • Ces manifestations peuvent souvent nous laisser croire que l’enfant est inattentif.

Au niveau expressif (expression du langage)

  • L’utilisation et l’organisation des sons peuvent être inadéquates à l’intérieur des mots;
  • L’enfant souffre d’un manque du mot (difficulté à trouver le mot exact);
  • Il surutilise les mots de remplissage (par exemple : chose, affaire, truc, etc.);
  • Sa construction de phrases est atypique (par exemple : utilisation du verbe avant le sujet);
  • L’enfant présente plusieurs hésitations/pauses dans son discours;
  • Il a de la difficulté à définir un concept ou une idée verbalement;
  • Il utilise mal ou omet les mots de liaison.

Source : Centre d’évaluation neuropsychologique et d’orientation pédagogique (CENOP)

Le bégaiement

Le bégaiement s’installe chez l’enfant entre l’âge de 3 et 7 ans. Il est caractérisé par une répétition involontaire de sons et de syllabes, des hésitations et des pauses, aussi involontaires. Le débit du langage est donc affecté. S’il s’agit d’un bégaiement transitoire, il disparaît la plupart du temps tout seul. Dans d’autres cas, ce trouble disparaîtra seulement à l’âge adulte ou sera permanent dans certains cas. Souvent, on attribue son déclenchement à un événement externe traumatisant.

Les troubles d’articulation

Ces troubles sont d’origine physique. Ils consistent en une incapacité à prononcer certains sons, une confusion entre des sons (par exemple : s et ch, r et l). C’est généralement la position de la langue ou des dents qui est mise en cause. Il est aussi possible qu’une malformation congénitale (bec-de-lièvre) soit à l’origine du trouble d’articulation.

Image de Marie-Eve Bourassa

Autrice, scénariste, rédactrice et chroniqueuse.


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