Santé

Mythes sur la dyslexie

La dyslexie est entourée de mythes et faussetés. Voici les plus courantes et les faits réels.

1. Un enfant qui a de la difficulté à distinguer le « b » du « p » et qui inverse certaines lettres quand il écrit est nécessairement dyslexique.

L’inversion de lettres à l’écrit est courante et normale chez les enfants qui sont aux premiers stades de l’apprentissage de l’écriture. Il a été montré que les erreurs d’inversion de lettres chez les dyslexiques ne sont pas plus fréquentes que ces mêmes erreurs chez des lecteurs débutants. L’inversion de lettres à l’écrit ne serait donc pas une difficulté spécifique aux dyslexiques.

2. La dyslexie est due à un niveau intellectuel plus faible, une mauvaise éducation ou un manque de motivation.

Aucun de ces facteurs ne cause la dyslexie. La dyslexie est un trouble persistant de l’apprentissage de la lecture chez un enfant qui présente un niveau intellectuel normal qui a évolué dans un environnement affectif, social et culturel normal et qui a été normalement scolarisé.

3. Un dyslexique a toujours de la difficulté à lire les chiffres.

Certains enfants dyslexiques ne présentent aucune difficulté dans la lecture des chiffres puisque les numéraux arabes (ex : 1,2, 3,…) sont des idéogrammes, c’est-à-dire des symboles qui ne représentent pas les sons de la langue. Le même symbole, par exemple « 34 » est utilisé dans plusieurs langues pour désigner la même quantité, mais correspond à une forme sonore différente selon la langue (trente-quatre en français, thirty-four en anglais). La lecture des chiffres n’implique donc pas la conversion lettre/son (sauf quand les chiffres sont écrits en lettres « quatre », « huit »). Par contre, il est vrai que certains enfants dyslexiques présentent des difficultés avec les lettres et avec les chiffres.

4. Mauvais lecteur ou dyslexique, c’est du pareil au même.

Le mauvais lecteur et le dyslexique s’inscrivent tous deux dans le continuum des troubles du langage, mais le mauvais lecteur présente des difficultés plus sévères que le dyslexique. Les difficultés en lecture du mauvais lecteur sont dues à un problème de langage plus général alors que celles du dyslexique sont liées à un déficit spécifique du langage affectant les habiletés phonologiques.

5. Un enfant présentant des retards ou un trouble de langage à l’âge préscolaire sera dyslexique

Des retards ou un trouble de langage oral constituent des critères d’exclusion pour conclure à une dyslexie. L’enfant pourra donc présenter des difficultés sévères d’apprentissage du langage écrit similaires à celles qu’éprouve un enfant dyslexique, mais l’origine de ces difficultés fait que son profil ne correspond pas à la définition de la dyslexie. L’intervention auprès de cet enfant sera différente de celle auprès d’un enfant dyslexique puisque les difficultés n’ont pas la même origine.

6. Un enfant dysphasique présente systématiquement des difficultés d’acquisition du langage écrit.

Les statistiques montrent qu’un peu plus de 50 % des enfants dysphasiques présentent également des troubles du langage écrit. Il est donc fréquent, mais pas systématique, qu’une dysphasie ait des conséquences défavorables sur l’acquisition du langage écrit.

Dossier préparé par l’École d'orthophonie et d'audiologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal pour Mamanpourlavie.com. Les mots en italisque renvoient au Glossaire sur la dyslexie.

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