Santé

Le torticolis congénital

Si le torticolis congénital disparaît de lui-même dans 3 cas sur 4 avant l'âge de 8 mois, il reste 25% des bébés affectés qui auront besoin de soins, et le plus tôt sera le mieux!

Le torticolis congénital musculaire est la 3e anomalie congénitale musculosquelettique la plus commune après la dislocation de la hanche et le renversement du pied (clubfoot). L’incidence varie entre 0,4 % et 1,9 % (voir notes 1, 2, 8, 16, 18, 19). Le terme « torticolis » est dérivé de deux mots latins, c’est-à-dire tortus qui signifie tortueux et collum qui signifie cou (13).

Le bébé se présente avec la tête inclinée en flexion latérale vers le côté du muscle sternocléidomastoïdien (SCM) hypertonique et avec le menton tourné vers le côté opposé (voir notes 4, 5, 7, 12, 17, 18). Le torticolis congénital se développe au cours des premières semaines de vie du bébé. Il peut être associé à :

  • une asymétrie et à un élargissement du visage;
  • un affaissement de l’éminence frontale;
  • une asymétrie du condyle occipital et de la mandibule ipsilatérale;
  • un aplatissement du crâne (plagiocéphalie);
  • une élévation de la clavicule et de l’épaule ipsilatérale;
  • une scoliose posturale cervico-thoracique( voir notes 14 et 15) .

La présentation clinique est la suivante :

  • tension musculaire du SCM;
  • diminution des amplitudes de mouvements au niveau cervical;
  • complexe de subluxation vertébral au niveau de C0-C1-C2;
  • masse palpable localisée dans le ventre du muscle (voir notes 3, 8, 12, 14).

Le diagnostic de torticolis congénital est basé sur l’histoire clinique, la palpation d’une masse ferme à l’intérieur du muscle et la tension du muscle causant la position anormale de la tête (voir notes 16 et 18). La cause exacte du torticolis congénital est encore inconnue. Par contre, il est suggéré qu’il est le résultat :

  • d’un étirement du SCM lors de l’accouchement;
  • d’une subluxation des hautes cervicales, résultant d’une malposition intra-utérine ou de l’accouchement;
  • d’une pression sur la moelle épinière causée par une tumeur spinale.

Les études ont démontré l’implication de la colonne cervicale dans 50 % des cas de torticolis congénitaux. Le niveau de subluxation vertébrale le plus fréquemment retrouvé est C1-C29. L’utilisation de forceps ou de ventouse, une fracture de la clavicule, une anomalie de la base du crâne, un débalancement des muscles extra-oculaires ou une anomalie génétique sont aussi associés au développement du torticolis chez le nouveau-né (voir notes 5,9,16). Une naissance difficile est impliquée dans 22 % à 42 % des cas de torticolis18. Selon la littérature, la malposition intra-utérine lors d’une présentation par siège est la cause la plus fréquente de torticolis congénital (voir notes 5, 8, 13, 16, 18, 19).

Certaines données indiquent que sur 1,9 % de nouveau-nés présentant un torticolis congénital :

  • 1,2 % avait une présentation céphalique;
  • 6,5 % une présentation en siège complet;
  • 4,2 % une présentation en siège incomplet;
  • 34 %, une présentation en siège franche (8).

Les fœtus en siège expérimentent un environnement intra-utérin différent des fœtus en présentation céphalique (10). L’observation d’une mauvaise posture de la tête aussi tôt qu’une heure après la naissance renforce l’idée que la cause de ces asymétries soit intra-utérine (11). La malposition intra-utérine entraînerait, selon les études, une diminution de l’apport vasculaire aux fibres musculaires du SCM et donc une ischémie aboutissant à une nécrose responsable de la fibrose localisée au niveau du muscle (17).

L’histoire naturelle indique que la résolution des symptômes survient spontanément vers l’âge de 4 à 8 mois, et ce, dans 77 % des cas (voir notes 3, 12, 15, 16). Si la condition n’est pas traitée, le torticolis peut mener à une plagiocéphalie avec aplatissement de la région pariéto-temporale ipsilatérale, à une fissure palpébrale abaissée et plus petite, à une difformité positionnelle de l’oreille et à un aplatissement de l’occiput opposé (2).

Les recherches en chiropratique et en médecine allopathique ont démontré l’efficacité des traitements conservateurs dans la résolution des torticolis congénitaux.

  • Le taux de guérison complète varie entre 95 % et 100 % lorsque le traitement est initié avant l’âge de trois mois (voir notes 7, 18).
  • En comparaison, si le traitement commence entre l’âge de trois et six mois, l’efficacité est de 75 % et de 29 % après l’âge de six mois (7).
  • Par conséquent, le diagnostic et l’établissement d’un plan de traitement le plus rapidement possible permettent de prévenir la progression de la condition et l’apparition de difformités telle qu’une plagiocéphalie.
  • Des conseils peuvent également être donnés aux parents afin de continuer le traitement à la maison en manipulant l’environnement de l’enfant. Par exemple, il est recommandé de disposer certains jouets du côté affecté. Cela permet un étirement actif du muscle par l’enfant lui-même.

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