Grossesse/Maternité

Petit guide pour vaincre ses peurs

Depuis que vous êtes enceinte, la peur vous tenaille? La peur de perdre l’enfant, d’être un mauvais parent, de ne pas être à la hauteur? Ces craintes sont normales, vous savez!

La peur est un phénomène de la vie de tous les jours. L’âge n’a pas d’importance quand on a peur. Les jeunes comme les adultes y sont confrontés, le temps passe doucement et la panique ou un sentiment d’impuissance, vient nous chercher à l’intérieur. Tout le monde à peur de quelque chose, mais tous ne désirent pas dévoiler leur jardin secret...

Vous serez de nouveaux parents bientôt et il est tout à fait normal d'être angoissé, d'avoir peur de certaines choses face à la grossesse, l'accouchement et même la nouvelle vie de famille! Il est important d'exprimer ces peurs aux gens qui vous sont proches, de ne pas les refouler. Lorsqu'on refoule nos peurs, qu'on ne cherche pas à régler la situation qui nous hante, notre imagination risque de déborder et nous apporter de nouvelles craintes! 

Qu'est-ce que la peur? 

La peur est une émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d'un danger ou encore à l'évocation ou la pensée du danger ou de quelque chose de répugnant. La peur est souvent reliée à un événement troublant, qui peut nous avoir marquées. Si par le passé, on a vécu une expérience de la mauvaise façon, et que de plus, elle s’est mal terminée, on peut avoir un problème si on est de nouveau confronté à une situation semblable. La possibilité que les questions qui se rapportent à nos peurs arrivent dans notre tête plus rapidement que les réponses est grande! L’imagination s’emballe de la mauvaise façon. Le doute, la peur et même la panique peuvent s’installer et il arrive que certaines personnes doutent de leurs capacités à se relever de cet événement ou d’une situation qui les a marqués.

Que se passe-t-il quand on a peur?

Le doute s’installe, une inquiétude s’en suit, l’imagination déborde dans une direction contraire à nos désirs. La peur prend de plus en plus de place et se manifeste de plusieurs façons. Divers mécanismes aussi bien psychiques que physiques se manifestent :

L'angoisse
C'est une inquiétude profonde, une peur intense, née d’un sentiment de menace imminente et accompagnée de symptômes neurovégétatifs caractéristiques (spasme, dyspnée (respiration), tachycardie, sudation, etc.) 

L'anxiété
C'est une vive inquiétude née de l’incertitude d’une situation, de l’appréhension d’un événement.

Le stress
C'est un ensemble de perturbations biologiques et psychiques provoquées par une agression quelconque sur un organisme.

De quoi les futurs parents ont-t-ils peur... et comment passer outre ces peurs?

Peur de la fausse couche

La première peur que plusieurs mamans ressentent est : « Vais-je perdre mon bébé? » Cette peur est tout à fait normale, surtout lorsque la grossesse est planifiée. Tomber enceinte n'est pas aussi facile qu'on le pense! On doit remercier la vie lorsque ça fonctionne. Les spermatozoïdes ont plusieurs étapes à franchir et LE bon spermatozoïde doit ensuite pénétrer l'ovule, qui lui, a un long voyage à faire pour s'implanter dans l'utérus. Il est certain qu'au début de la grossesse, soit les dix à douze premières semaines, le corps est conçu pour expulser les zygotes ou encore les fœtus qui seraient malheureusement malformés ou encore qui auraient une aberration chromosomique. 

Si l'implantation s'est mal faite, il est aussi probable que le corps décide d’évacuer le résultat de la fécondation. Il est fréquent de voir une fausse couche à la première grossesse. Certaines femmes sont enceintes et n'ont même pas le temps de le savoir. Elles sont en retard de quelques jours, et soudainement, elles croient que c'est le retour de leurs règles, alors que c'est une fausse couche. Ce n'est pas votre faute, ni celle de votre conjoint. Vous risquez de vivre une deuxième grossesse sans problème.

Il est important de faire confiance à votre corps. Il connaît ce qu'il a à faire, comment bien s'occuper de votre bébé, et si jamais votre corps décidait d'expulser le fœtus dans les premières semaines, dites-vous bien, même si ce n'est pas toujours facile, qu'il y a probablement une raison à tout cela, et que c'est peut-être mieux comme ça! Plus les semaines avancent, plus le pourcentage de risque diminue. À douze semaines, le risque est très minime et on considère que vous vivrez votre grossesse à terme, à moins de problèmes médicaux. C'est pourquoi votre premier rendez-vous chez votre médecin est vers la douzième semaine de grossesse.  

Peur des malformations

Autre peur fréquente chez les nouveaux parents : avoir un bébé handicapé physiquement ou mentalement. Tout d'abord, si vous êtes inquiète, demandez-vous toujours : « Suis-je vraiment à risque? »... Qu'est-ce qu'une femme à risque? C'est une femme qui a des antécédents familiaux, ou une femme qui a plus de 35 ans. Il est aussi important de vérifier les antécédents familiaux de votre conjoint. S'il n'y a aucun antécédent familial et que vous avez moins de 35 ans, vous n'êtes pas une femme jugée à risque. Attention, cela ne signifie pas qu'il est impossible que vous ayez un enfant avec une malformation, mais cela signifie que le pourcentage de risque est minime. Pour celles qui ont des antécédents familiaux, qui ont plus de 35 ans, ou tout simplement qui sont inquiètes, il existe plusieurs tests prénatals afin de vérifier si votre bébé se porte bien, s'il n'a pas de malformation ou une aberration chromosomique quelconque. 

La clarté nucale est la plus populaire et c'est le test qui comporte le moins de risque pour vous et votre bébé. Elle consiste en une échographie, suivie de deux analyses sanguines. Le seul problème, c'est qu'il arrive que la clarté nucale alerte certains parents sans raison, c'est-à-dire que les résultats du test démontrent une possibilité de problème, mais que finalement, tout est normal. Les parents ont alors passé une période très stressante, pensant que leur enfant était anormal.   Si vous ressentez le besoin de vérifier si tout est normal, ou que vous croyez que le test vous aidera à mieux vivre votre grossesse, il n'y a aucun problème à faire ce test. Plusieurs cliniques privées offrent ce service. Si vous n'êtes pas considérée à risque, il n'est pas obligatoire de faire le test non plus! C'est un choix bien personnel. N'oubliez pas que votre corps a aussi déjà fait une présélection!

Petite note tirée du livre « Une naissance heureuse » d'Isabelle Brabant, sage-femme :

« Avoir peur d'accoucher d'un bébé handicapé ou mort et en rêver est universel et probablement aussi vieux que le monde! La nature semble avoir pourvu les femmes enceintes d'une immense capacité d'inquiétude. Il est non seulement normal d'y penser, mais nécessaire, puisque cela arrive, quoique rarement, et qu'il faut se préparer à cette éventualité comme aux plus heureuses. La vie est imprévisible et obéit à des lois qui nous échappent. Ces peurs normales sont probablement essentielles pour assurer la survie de nos petits. L'inquiétude devient une force positive et créatrice, qui nous pousse à faire des changements bénéfiques dans notre vie et notre environnement. »

Peur des changements physiques

Certaines femmes ont peur des changements physiques que peut apporter la grossesse. Ces changements sont surtout : le poids, les vergetures et les seins suite à l'allaitement.

Le poids
Il est normal de prendre entre 10 et 15 kg pendant les neuf mois de votre grossesse. Votre poids inclut le poids de votre bébé, le liquide amniotique et votre volume sanguin qui augmente de près de 30 %. Ce qui est important, c'est de bien manger afin d'éviter de prendre de mauvaises graisses. Ce sont les mauvaises graisses, comme le chocolat, les croustilles, la friture, etc. qui sont difficiles à perdre. Si vous êtes trop maigre pendant votre grossesse, vous risquez de souffrir d'anémie. Si vous accumulez les mauvaises graisses, car vous ne mangez pas bien, vous risquez de souffrir d'hypertension, de pré éclampsie ou encore de faire du diabète gestationnel.

Il est primordial de ne pas vous mettre sous régime lorsque vous êtes enceinte, à moins d'avis médical. Il est aussi important de ne pas éliminer complètement les graisses de votre alimentation, car elles jouent un rôle important dans la fabrication des parois cellulaires et fournissent des vitamines indispensables à la croissance de votre bébé. Les graisses saturées, d'origine animale, sont moins bonnes pour la santé que les graisses insaturées, que l'on retrouve dans les huiles végétales et le poisson, et qui sont primordiales pour le développement du système nerveux de bébé. Évitez les aliments frits, viandes grasses et charcuteries.

Les vergetures
Lors de la grossesse, il est fréquent de voir apparaître quelques vergetures au niveau des fesses, des cuisses, du ventre ou encore des seins. La peau étire tellement qu'elle en laisse quelques marques! Il n'y a pas vraiment de crème miracle pour empêcher les vergetures. Le secret est dans la qualité de votre peau. Si vous avez une peau de bonne qualité, le risque de vergetures pendant la grossesse est minime. Certaines femmes vont utiliser des crèmes afin d'hydrater leur peau, ce qui aide à la maintenir en bonne qualité, et non empêcher les vergetures d'apparaître. Lorsqu'une vergeture apparaît, elle est souvent de couleur bleutée. Elle ne restera pas bleutée éternellement, la couleur s'atténuera, mais il est possible que votre peau reste avec une petite marque de cette vergeture, une marque qui démontre que la peau a été étirée. Si votre peau a une bonne élasticité, est de bonne qualité, elle s'étirera et ne laissera aucune ou très peu de marques!

Les seins tombants suite à l'allaitement
Plusieurs femmes ont peur d'avoir les seins tombants, mous, suite à l'allaitement. Certaines femmes s'empêchent même d'allaiter tellement cette peur est forte. Sachez que c'est un mythe social! Il est FAUX de prétendre qu'une femme qui allaite aura les seins tombants pour le reste de sa vie suite à l'allaitement. Il est vrai de sentir et de voir que nos seins sont différents lorsqu'on allaite, mais suite à l'allaitement et avec quelques exercices, ils retrouveront leur grosseur et leur tonus d'avant.

Peur de violenter mon enfant
Plusieurs femmes rêvent, principalement dans le premier trimestre de leur grossesse, qu'elles violentent leur bébé. Si vous êtes de celles-là, ne vous inquiétez pas, ce n'est qu'un rêve. Les rêves reflètent différentes peurs, angoisses, inquiétudes que les mamans vivent. Elles ont peur de ne pas être capables de tolérer les pleurs, de mal répondre au besoin de leur bébé, et ces peurs se reflètent dans les rêves. Rassurez-vous, cela ne représente pas ce dont vous seriez capable dans la réalité. C'est plutôt une façon qu'utilise votre inconscient pour régler une bataille qui l'habite : l'arrivée d'un bébé dans votre vie et une perte de liberté, pour un temps. Une partie de vous-même se rebelle même si le bonheur que vous en attendez compense cette limite temporaire. Les rêves ventilent les émotions qui n'ont pas de place dans vos pensées éveillées.

Peur d'être une mauvaise mère ou un mauvais père
La société québécoise a énormément tendance à se comparer les uns aux autres. On aimerait vivre la grossesse de « Julie », l'accouchement de « Nathalie » et finalement être une merveilleuse mère comme « Vanessa »! Mais on est qui on est, avec nos forces et nos faiblesses. Il n'y a pas de manuel d'instructions pour élever un enfant. Ce sont vos valeurs et vos principes de vie qui se refléteront dans l'éducation votre enfant. Faites-vous confiance et agissez selon votre instinct, vous serez alors de merveilleux parents!

En conclusion, la peur fait partie de la vie. Que ce soit pendant la grossesse, l'accouchement ou lors de votre nouvelle vie de famille, vous aurez à confronter différentes inquiétudes. Ce qui est important, c'est d'en parler avec quelqu'un en qui vous avez confiance, quelqu'un qui pourra peut-être vous guider. Ne restez pas seule avec vos angoisses... votre esprit et votre imagination sauront les déformer et en créer de nouvelles!

Références
  • « Une naissance heureuse », d'Isabelle Brabant
  • Collège d'étude en maternité alternative (CEMA)
  • Alternatives santé, Michel Beaudoin

Karine Bergeron
Accompagnante à la naissance

Karine Bergeron est accompagnante à la naissance et termine présentement une formation complémentaire en périnatalité. De plus, elle a étudié en soins infirmiers. Maman d'une petite fille du nom de Laurence, bénévole pour « L'entraide maternelle », marraine d'allaitement et animatrice de cours prénataux, elle collabore avec joie à Mamanpourlavie.com puisqu’elle est passionnée de périnatalité et prête à vous transmettre toutes ses connaissances afin que vous puissiez profiter du plus beau cadeau de la vie : devenir parents! Pour en savoir plus ou pour poser vos questions, mereetmonde.com, section accompagnante.

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