Grossesse/Maternité

Grossesses rapprochées et culpabilité

Avoir deux grossesses en un an, c’est tout un défi! Surtout quand les émotions s’emmêlent et qu’on s’interroge sur la place des deux enfants dans notre cœur. Voici un témoignage touchant.

Mariem a vécu des émotions contradictoires, tant durant sa 2e grossesse qu’à l'arrivée de sa deuxième fille.

Enceinte pour la 2e fois en 1 an

Je suis enceinte. Ta sœur n'a pas tout à fait 3 mois encore et j'ai la joie d'annoncer à ton père que tu seras parmi nous dans neuf mois. Je repars pour cette belle aventure, mais je ne peux m'empêcher d'avoir des craintes et des inquiétudes. Ceci est notre histoire, parfaite dans son imperfection.

Durant ma première grossesse, j'étais fascinée par tous les changements que je vivais dans mon cœur et dans mon corps. Lorsque ta sœur est née, elle a posé ses grands yeux sur moi et je suis tombée amoureuse au premier regard. Ce n'était pas facile, mais j'étais confiante dans mon amour et ma dévotion et je savais que tout irait bien. Mon plus grand désir était de lui offrir un petit frère ou une petite sœur rapidement. J'avais la piqure de la maternité.

Enceinte de toi, je pensais revivre ces belles émotions, mais je n'avais ni le temps ni l'énergie et je cherchais mon souffle. Je regrette ne pas avoir pris plus de temps pour te caresser à travers ma peau, de ne pas t'avoir parlé pendant des heures comme je le faisais avec ta sœur. À 29 semaines, le médecin m'annonce que je dois rester alitée, car tu es tellement pressée de te pointer le bout du nez, que le travail est déjà commencé. Je suis inquiète pour toi, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une frustration parce que je ne peux plus prendre ta sœur dans mes bras, ce qui me fait beaucoup souffrir.

L’arrivée de bébé

Et puis, à 36 semaines, alors que je viens de passer une journée épouvantable, que j'ai les émotions à l'envers et que j'ai un besoin intense de sommeil, tu décides qu'il est temps de nous rencontrer. Il est trop tôt, je ne suis pas prête et je panique, mais ton père sait me calmer avec sa présence et ses mots doux. J'ai le cœur brisé de quitter ma belle grande fille pour partir à l'hôpital en pleine nuit et je comprends enfin que lorsque je reviendrai, tu seras parmi nous et que la dynamique familiale sera à jamais changée. J'ai très peur et tout au long du voyage vers l'hôpital, je tremble de tout mon corps et j'ai le cœur qui bat trop vite.

Et puis finalement, tu es là. Ils te déposent dans mes bras et à travers mes larmes, je te regarde et mon cœur est vide. Je cherche de façon irrationnelle des ressemblances avec ta sœur, j'essaie de retrouver son odeur. Je te mets au sein et j'ai l'impression qu'il y a eu une erreur. Je n'arrive pas à ressentir cet amour inconditionnel et j'ai mal. J'ai l'impression d'avoir fait la pire erreur de ma vie et je me sens prisonnière. Dans un moment de folie, je me promets de ne jamais t'aimer autant que ta sœur.

Les émotions s’en mêlent

Revenue à la maison, je n'arrive toujours pas à t'apprivoiser. Je ressens énormément de culpabilité envers ta grande sœur et je me détache de toi. Je fais des crises d'anxiété à l'idée de te toucher, de te bercer, de t'aimer. Avant ton arrivée, ta sœur était mon petit bébé et depuis que tu es là, elle me semble géante, j'ai l'impression de l'avoir perdue et sans le vouloir, je te blâme de m'avoir volé mon bébé. Je regrette ton arrivée et j'ai honte de mes sentiments, alors je m'enfonce dans ma solitude. Tu vis de l’insécurité, tu as besoin de moi et j'ai l'impression de ne pas être une bonne mère. Je te compare sans cesse à ta sœur et ton père ne me comprend pas dans ma douleur. J'ai la certitude profonde d'être anormale, je suis déchirée et je n'ose pas exprimer mes émotions par crainte d'être jugée.

Le temps passe et fait son effet

Je crois que tu as compris cette guerre interne que je vivais jour après jour. Peu à peu, tu m’as imposé ta présence, tu m'as fait confiance et tu m'as pardonné malgré mes erreurs. Tu m'as guidée et ensemble nous avons appris à nous connaitre. La nouvelle routine s'est installée et j'ai appris à t'aimer pour ta propre personnalité et j’ai enfin arrêté de te comparer.

Aujourd'hui, je comprends que mon cœur de mère est assez grand pour vous aimer toutes les deux de façon différente, mais tout aussi intense. J'ai compris que je n'avais pas à me sentir coupable d'enlever quelque chose à ta sœur, parce qu'au contraire je lui ai donné le plus beau cadeau du monde, une belle petite sœur avec qui elle pourra grandir, jouer et se confier. Vous êtes déjà tellement proches, et mon bonheur le plus grand est de vous voir rire toutes les deux, d'un secret commun que vous partagez sans même avoir appris à parler.

Je te remercie mon amour de m'avoir appris à t'aimer et d'avoir instinctivement compris que j'avais besoin de ton aide. Je n'ai pas été parfaite, et je ne le serai probablement jamais. Mais une chose est certaine : tout au long de notre vie ensemble, tu seras aimée, et ce, inconditionnellement.

Ta maman, Mariem

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