Grossesse/Maternité

Le déni de grossesse, un phénomène bien réel

Rosalie s’est présentée aux urgences parce qu’elle avait mal au ventre. Quelques heures plus tard, elle tenait un bébé dans ses bras. Elle devenait maman, alors qu’elle n’avait même pas réalisé qu’elle était enceinte. Oui, le déni de grossesse existe.

L’histoire de Rosalie, 18 ans, a fait l’objet d’une capsule vidéo dans l’émission Format Familial, diffusée sur les ondes de Télé-Québec. Rosalie, comme des centaines d’autres femmes, a fait un déni de grossesse. « Une grossesse sur 2 500 est un déni de grossesse jusqu’à l’accouchement » mentionne Dre Marie-Josée Poulin, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale.

Cette condition très mystérieuse attire de plus en plus l’attention des chercheurs car il s’avère qu’elle est beaucoup plus fréquente qu’on le croyait. « Il y aurait une femme sur 475 qui fait un déni de grossesse jusqu’à la vingtième semaine » affirme Dre Poulin.

Les différents dénis de grossesse

La psychiatre mentionne qu’il existe différentes formes de déni de grossesse : le déni de grossesse total à terme, le déni de grossesse partiel et le déni émotionnel de grossesse. Voici les particularités de chacune :

Le déni de grossesse total jusqu’au terme

La majorité des femmes qui font un déni de grossesse total jusqu’au terme, donc qui accouchent en ne sachant pas qu’elles sont enceintes, sont dans la mi-vingtaine. Elles sont éduquées, parfois encore aux études ou parfois sur le marché du travail. Certaines ont déjà eu des grossesses. Elles ont un bon support social, un quotient intellectuel normal. Bref, si vous aviez des préjugés à l’égard des femmes ayant fait un déni de grossesse, ceux-ci peuvent tomber. « Une minorité, et c’est vraiment une minorité, vont être des femmes avec maladies psychiatriques, polytoxicomanes ou avec une déficience intellectuelle. Mais la majorité, ce sont des femmes qui ont l’air normal » affirme la psychiatre.

Lorsque la femme est incapable de concevoir, psychologiquement, qu’elle peut être enceinte, un mécanisme de défense s’active. La femme va donc refouler son état dans son inconscient, au point de ne pas se rendre compte qu’elle est enceinte.

Ces femmes vont continuer à avoir leurs règles, n’auront pas un ventre proéminent, ne sentiront pas le bébé bouger… comme si le corps se mettait d’accord avec la tête. « Ça démontre la puissance de notre cerveau, la puissance de l’inconscient » dit Dre Marie-Josée Poulin.  

Ces grossesses se soldent souvent par un accouchement prématuré, notamment parce que les femmes n’ont pas de suivi de grossesse, qu’elles ne prennent pas de vitamines et que leur prise de poids n’est pas significative.

De plus, l’état psychologique de la femme qui accouche sans même savoir qu’elle était enceinte est fragile, voir même alarmant. Ces femmes doivent « absolument, absolument » avoir un suivi psychologique suite à la naissance de l’enfant. « Il doit toujours y avoir une évaluation psychiatrique afin de mettre en place le suivi nécessaire, qui ne sera pas un suivi d’une seule séance » précise Dre Poulin. « À partir du moment où quelqu’un, quelque part, s’aperçoit qu’il y a un déni de grossesse, il ne faut vraiment pas laisser la femme toute seule du tout, au moins jusqu’à ce qu’elle ait l’attention que son état nécessite. Il ne faut pas hésiter à appeler le 911, c’est un drapeau rouge. Parce qu’on ne sait pas du tout comment elle va assumer ça » insiste Dre Poulin.

Si, dans certains cas, l’attachement au bébé se fait dans les minutes suivant l’accouchement, dans d’autres cas, le déni va se poursuivre pendant quelques jours, ou quelques semaines.

Parmi tous les cas répertoriés de femmes qui font du déni de grossesse, celles qui accouchent d’un bébé à terme sans jamais avoir su qu’elles étaient enceintes représentent 11 %.

Le déni de grossesse partiel

Le déni de grossesse partiel concerne les femmes qui réalisent qu’elles sont enceintes au deuxième ou au troisième trimestre de leur grossesse. Dans ces cas-ci, les futures mères ont le temps de s’adapter à leur nouvelle réalité, d’avoir un suivi de grossesse, de se préparer à l’accouchement et à la maternité et de développer l’attachement au bébé.   

Parmi tous les cas répertoriés de femmes qui font du déni de grossesse, le déni de grossesse partiel représenterait 36 %.

Le déni émotionnel de grossesse

Cette dernière forme de déni de grossesse est nouvelle dans la littérature. Elle définit les cas dans lesquels une femme est intellectuellement consciente d’être enceinte, mais ne vit aucune émotion par rapport à cette grossesse, aucun sentiment particulier. Elle va donc continuer sa vie normalement. « On n’est pas dans le même déni parce que la femme a la connaissance qu’elle est enceinte, mais la composante émotionnelle n’est pas là. Elle a un détachement trop prononcé envers sa grossesse » explique Dre Poulin.   

Parmi tous les cas répertoriés de femmes qui font du déni de grossesse, cette forme de déni représenterait 52%.

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