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Les parents BS.

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Anonyme

Inscrit le :
28 sept. 2010

Posté le: 14 novembre 2011 11:10:17 EST  
Voici un article que je viens de lire que je me devais de vous partagez. Il n'est pas de moi, et j'ai de la difficulté à mettre le lien, alors je l'ai copié/collé.


"Les parents BS".
Je sais, le titre est choquant.

C'est un terme qui n'est pas socialement acceptable.

Pourtant, dans les conversations de cuisines, les réseaux sociaux, les blablas entre voisins, vous l'entendez. Non-non, vous, vous ne le prononcez ja-mais!

Mais les « autres » en parlent.

« Les BS qui nous volent nos places en garderie pour s'écraser sur leur divan »

« Les BS qui profitent de l'aide alimentaire au lieu de travailler »

« Les BS qui font des enfants pour recevoir de plus gros chèques »

Je continue?

C'est inconfortable de lire ça noir sur blanc?

En plus, il y a des BS qui peuvent venir lire. Car évidemment, il y en a qui ont Internet, ça a-tu du bon sens!

OK, je vous le concède. Pour la majorité des gens, le terme BS ne veut pas nécessairement dire « prestataire d'aide de dernier recours ». Vous avez plutôt en tête les Bougon. Des gens qui fraudent, qui passent leur chèque du 1er en 24 de Molson et qui ne paient pas leur loyer. Qui nourrissent mal leurs enfants, qui laissent leurs enfants jouer tout nus dans la ruelle? qui se sacrent de leurs enfants.

Vous avez tous connu un voisin, un mononcle, un collègue dans ce genre là.

Pour vous donc, un BS est un « pas de classe ».

Et une mère BS? Ah ben là, parfois vous êtes plus empathiques. Elle a moins le choix, elle est mono?

Malgré que?

Pour être mono et dans la merde financière, elle a surement fait un mauvais choix de conjoint pour fabriquer ses enfants?

Et elle doit prendre de la drogue. Ou elle a une maladie mentale. Ou les deux?

Ou alors, c'est une petite naïve qui a fait des bébés trop jeune.

Qui c'est qui paye pour ça? Les contribuables. Oui monsieur! Nu-z-autres!

Fermons la ligne ouverte à la radio, je n'en peux plus! Mettons les préjugés sur le hold deux minutes? Rejetons la caricature comme sur la photo ci-haut?

Je n'ai pas fait de recherches poussées. Je n'ai pas une tonne de statistiques à vous sortir ici.

Je ne connais pas le taux de cro*** parmi les assistés sociaux. Et même là, si je ne connais pas les motivations réelles de ceux-ci, je ne peux les juger.

Mais ce dont je suis persuadée, c'est que la majorité des « BS » ne s'est pas levée un matin ou tout allait super bien pour se dire « Tien! Aujourd'hui, je décide gaiement de recevoir un chèque le premier et d'en "vivre?.»

En général (je sais, vous connaissez les exceptions), les parents désirent offrir autre chose à leur famille. Autre chose que même pas 2000 $ par mois de revenus (en comptant les allocations familiales et les éventuelles pensions alimentaires).

En général, ce n'est pas de la fierté qu'ils ressentent quand ils vont à la banque ou au bureau d'Emploi et solidarité sociale.

Ce n'est pas leur but dans la vie, de stresser parce que le frigo est vide, que les souliers sont percés, que la sortie scolaire est chère pour eux.

En général, l'aide de dernier recours est réellement, une aide de dernier recours. Comme dans « Je ne sais plus comment m'en sortir. Je dois faire une demande de BS. »

Certains y font appel pour quelques mois. D'autres demeurent dans le système plus longtemps. Pas toujours par choix. J'ai connu des mamans qui se faisaient dire, lorsqu'elles demandaient de l'aide pour la recherche d'emploi ou pour suivre des cours : « Vous êtes une mère, vous devez rester à la maison avec les enfants ». Ou encore : « Vous êtes trop scolarisée, on ne peut pas vous aider ». J'ai connu des mères qui savaient que lorsqu'on demeure sur le BS pendant 2 ans et plus, on a de moins en moins de chance d'en sortir. Et qui faisaient tout, mais vraiment tout, pour ne plus devoir compter sur le 1er du mois.

Non, c'est pas le paradis le BS. Ce n'est pas ce que la majorité vise.

C'est pas valorisant, d'aller négocier une entente chez Hydro-Québec et d'entendre la préposée crier à sa consoeur devant une salle d'attente pleine « Comment ça marche déjà, avec les BS? »

C'est pas joyeux de demander crédit au dépanneur du coin pour que fillette ait une collation à l'école.

Ni de prier pour que la neige n'arrive pas avant l'allocation du 20 parce que fiston n'a pas de bottes pour aller à l'école.

Ce n'est pas une fierté, de faire la queue devant une église pour y recevoir un peu de bouffe et d'hériter d'un vieux navet et de beignes périmés.

J'arrête mes exemples. Vous comprenez que pour moi, l'aide sociale ne rime pas nécessairement avec les Bougon. Et probablement que pour vous non plus.

Alors, est-ce qu'il serait possible de juste éviter d'exprimer des jugements rapides?

Qui vous dit que réellement, la mère « BS » qui envoie son enfant au CPE est écrasée sur son divan? Qui vous dit qu'elle n'est pas en recherche d'emploi, en thérapie, en formation? Et si elle est sur son divan, qui vous dit qu'elle n'est pas juste « à boutte », malade, et qu'elle tente de reprendre ses forces pour redevenir comme vous, une contribuable?

Et pourquoi aurait-elle à nous justifier ce qu'elle fait?

Parce que les contribuables paient? Il faudrait alors demander à ceux qui attendent dans les urgences, qui utilisent nos routes, etc., s'ils ont de bonnes raisons pour profiter de nos impôts? Et il faudrait se demander si on aimerait se justifier ainsi si jamais ça nous arrive un jour d'avoir besoin de l'aide de la société? Qui peut jurer être à totalement à l'abri?

L'hiver s'en vient. Ce n'est pas une saison facile quand on est pauvre. Alors si on pouvait alléger un peu la vie de ces gens en évitant d'exprimer des jugements envers eux? Ça ne coûte rien?

Si on pouvait mettre de côté les « Ces gens-là ne devraient pas faire d'enfants »? Quel montant doit-on inscrire sur un rapport d'impôt pour avoir le droit de porter et d'aimer un bébé? Quelle assurance avons-nous, quand on tombe enceinte sous un beau jour, que l'orage ne viendra jamais?

Si on pouvait juste exclure le terme BS des conversations?

Et si vous voulez en faire un peu plus? Comme je disais, l'hiver approche. Les manteaux trop petits dans le fond de votre garde-robe pourraient réchauffer des petits c?urs?

http://www.yoopa.ca/blogueurs/billet/les-parents-bs 

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Anonyme

Inscrit le :
28 sept. 2010

Posté le: 14 novembre 2011 11:15:29 EST  
Je me devais de poster cet article après avoir lu des commentaires sur le forumqui selon moi sont choquant, du genre "ca exaspere de voir que certaine personne trouve tout a fait normal d,avoir le luxe de rester a la maison ,tout en envoyant leur enfant a la garderie et en faisant payer des etude a leur mari tout ca au frais de la societé. "

entre autre. Mais depuis que je consulte ce forum, j'ai lu plusieurs commentaires du genre.

Innaceptable selon moi.

Prenez le temps de lire.
Prenez le temps de réfléchir, avant de poser des jugements. 

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Fannie

Inscrit le :
25 sept. 2007

Posté le: 14 novembre 2011 11:33:29 EST  
C'est un article touchant, Alexia. Merci de l'avoir publié!

Si notre société démontre de la solidarité et de l'empathie envers les plus démunis, c'est toute la société qui en bénéficie.

Et s'il y a des mères qui passent leur journée écrasées sur le divan, dieu merci leurs enfants peuvent avoir de bons repas et des activités éducatives au CPE. Ils ont aussi moins de risque de perpétuer le modèle familial quand ils seront adultes...  

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LemonDrop

Inscrit le :
16 mai 2011

Posté le: 14 novembre 2011 13:21:35 EST  
Je suis tout à fait d'accord. Je trouve qu'au Québec, on est parfois un peu inconscient de toute la chance qu'on a au niveau social. On a tendance à ne voir que les abus, les ratés du système et à penser à "nos taxes".

J'habite aux États-Unis et je me fais dire assez souvent qu'au Canada on est chanceux. Chanceux d'offrir du support aux plus démunis, d'avoir un système de santé pour tous, accès à l'éducation, du support pour les familles.

Des expat québécois qui habitent dans mon coin a envoyé une lettre d'opinion dans La Presse qui représente tout à fait mon point de vue

http://www.cyberpresse.ca/debats/opinions/201111/07/01-4465483-de-legoisme-collectif.php 

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Natsie

Inscrit le :
08 juin 2009

Posté le: 14 novembre 2011 15:08:43 EST  
Merci pour cet article alexia9, il fait du bien à lire.
Parce que malheureusement je fais maintenant partie de cette gang, pour un temps limité je l'espère. Et comme l'auteur le dit, ce n'était pas par choix et non je n'éprouve aucune fierté là-dedans! Suite à ma séparation et changement de région, je suis restée avec toutes les dettes et une dépression, alors comme je ne peux pas travailler avant un bout, j'ai dû aller cogner au BS et faire faillite. Moi qui a 2 diplômes, qui a déjà gagné 38 000$ une année et qui été capable de s'acheter un véhicule à 20 000$, maintenant je ne sais même pas comment je vais nourrir mon fils... Mais, comme je l'ai dit, j'espère vraiment que je ne serai pas dans cette situation trop longtemps, dès que ma santé va aller mieux, je me cherche une job. Et oui, je vais devoir me reposer soit sur mon divan ou dans mon lit, quand mon fils sera à la garderie, pour justement me refaire une santé pendant que lui va jouer avec des petits amis tout en apprenant plein de nouvelles choses que moi je n'ai pas la force de lui donner..! 

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Anonyme

Inscrit le :
12 sept. 2011

Posté le: 16 novembre 2011 10:30:13 EST  
Je lis l'article, les exemples donnés... Je me fais toujours la même réflexion : l'aide sociale, est-ce vraiment le bon mécanisme pour aider les gens? Il devrait y avoir un tri dans les prestataires d'aide sociale. Ça atténuerait, en tout cas, une partie des préjugés défavorables.

Par exemple, comment se fait-il que des personnes vraiment inaptes au travail à long terme restent prestataires de l'aide sociale? Ça devrait être géré par un organisme comme la Régie des rentes. Ainsi, l'aide sociale pourrait se concentrer que sur les personnes capables de travailler, mais temporairement en difficulté de le faire.

Dans d'autres pays, l'aide sociale transitoire vous est offerte, en montant plus généreux, quand vous êtes dans le trouble. Puis, quand vous trouvez un bon emploi, on vous laisse vous installer et vous remettre à flot. Puis, vous remettez une partie symbolique de votre salaire pour que l'argent serve à aider d'autres personnes dans le trouble. Dans d'autres pays, il y a aussi un temps maximal pour bénéficier de l'aide sociale. Ça procure une sorte d'incitation à sortir de l'aide sociale pour se tourner vers d'autres solutions, tout en aidant les personnes pendant qu'elles sont vulnérables. C'est une question d'équilibre.

Quelle que soit la situation, ce n'est pas normal de rester accroché pendant des années à l'aide sociale. Ça démontre un dysfonctionnement du marché du travail est des politiques fiscales au Québec et au Canada. Il faut rendre plus efficaces les avenues de sortie ainsi que les leviers de conciliation famille-travail. Il faut surtout rendre plus payant et valorisant le fait de travailler.
 

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