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Fausse couche suite à agression.

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Aeiou

Inscrit le :
23 juin 2018

Posté le: 22 juin 2018 16:26:11 EDT  
Bonjour,
Je me suis inscrite sur ce site pour parler de ce sujet délicat qu'est la fausse couche.
Vous comprendrez, en lisant mon histoire, que je ne veux pas mettre de pseudo que j'ai l'habitude d'utiliser ou autre, car je ne veux pas que l'on puisse me reconnaître.

Je suis également désolée, et j'averti, que ce qui suis peut-être choquant.

Lorsque j'ai eu 18 ans, j'ai emménagé ailleurs que chez mes parents afin de faire mes études. Je connaissais le propriétaire, on était ami si je peux dire alors que lui avait une quarantaine d'année.
ça a très vite dérapé puisque, alors que j'y suis restée un peu moins de deux ans, je me suis faite agressée mentalement, physiquement et sexuellement.
Je n'ai parlé à personne de ce qui m'arrivait à cette époque.

J'en ai parlé, pour la première fois, il y a 3 ou 4 ans. Je suis depuis suivie par une psychiatre que je vois deux fois par semaines. J'ai été hospitalisée également plusieurs mois pour tentative de suicide mais également pour un trouble de stress post traumatique dont je n'arrive pas à me débarrasser. De plus, j'ai subie une amnésie traumatique. Ce qui fait que j'avais tout oublié jusqu'à un jour où une situation m'a fait pensé à 'lui' car il m'avait dit la même chose.
Depuis, les souvenirs ne sont pas tous là, ça arrive 'progressivement' et c'est vraiment... insupportable.

Voilà, le décors est posé.
Il y a quelques jours, une connaissance m'écrit un message : tu savais qu'IL va devenir papa ?

Je me suis rendue instantanément malade. Etat de choc. Tremblement. Angoisse. Problème respiratoire. Bref, la totale.

Et là, ce dont je ne voulais surtout jamais pensé m'est revenue en pleine claque.

Lorsque j'avais dix-huit ans (et c'est toujours le cas maintenant), je n'étais pas protégée. Je n'avais aucune raison de me protéger puisque je n'étais pas active sexuellement et une fois que ça avait commencé, c'était juste impensable d'aller consulter. Et il était au courant de cela.
Sauf que lui ne se protégeait pas systématiquement non plus.

Et il est arrivé une fois où j'ai eu du retard dans mes règles (encore que je suis pas très régulière donc je ne me suis pas inquiétée de suite), puis j'ai commencé à me sentir bizarre, nausée, ...
Bref. Vous aurez compris, j'ai eu des doutes sur le fait d'être enceinte ou non. ça a été l'angoisse puis j'ai décidé de lui en parler.

Je ne savais pas quoi faire et je me suis dit que c'était la meilleure chose à faire, qu'il allait pouvoir me rassurer et que l'on puisse trouver une solution ensemble.

Sauf que ça ne s'est pas passé ainsi. Il s'est énervé de suite comme il en avait le secret. Me disant, entre autre que je ne pouvais pas lui faire cela. Que j'étais inconsciente. Que je faisais cela juste pour l'emmerder.
Bref, je me souviens pas de tous les mots qu'il a dit, mais je me souviens de sa colère qui était incroyable. Il m'a ensuite ordonné de rester chez moi, d'en parler à personne. Puis il est parti à la pharmacie chercher un test de grossesse.

Pour être franche, je n'avais aucun doute je crois. Mais bon. Le test était positif.

La suite reste assez floue. Il m'a passé à tabac. Il m'a frappé comme jamais, surtout le ventre.
J'ai fais ce que j'ai pu pour essayer de me protéger et protéger 'le bébé' (parce que je ne sais pas comment l'appeler).

Bref. Il m'a roué de coup, puis j'ai eu énormément de saignement.
J'ai refait un test quelques temps plus tard, qui était négatif.


Voilà. Pour une partie de cette histoire. J'en ai parlé avec ma psy qui m'aide énormément, mais je dois avouer que je suis dans un état lamentable.

Je ne sais pas vraiment à qui en parler car autour de moi, déjà je n'en parle à personne sauf une amie, qui ne s'est jamais trouvée dans cette situation et ne comprend pas. son message disant : Quoi qu'il en soit il s'agit d'une vésicule pas d'un enfant.

Sauf que je me sens atroce. Vraiment.
Déjà, j'aurais voulu avoir le choix. De le garder ou non. Mais j'aurais voulu pouvoir choisir. Là, je n'ai juste pas eu le temps d'y penser. J'imagine que je ne l'aurais pas gardé, mais bon, finalement, je n'en sais rien. Vu l'état dans laquelle je suis aujourd'hui, je me dis que peut-être j'aurais voulu le garder ? que ça l'aurait peut-être fait changer LUI. Qu'il serait peut-être devenu moins agressif ou que sais-je.
Même si, rationnellement, je sais que ça n'aurait pas été le cas (il était en couple avec quelqu'un lorsque cela se passait). Qu'il n'aurait jamais été un bon père.

Sauf que je me sens mal. Mal mal mal.
Je ne sais pas comment dire. Mais avant, j'étais 'seule', que moi à m'occuper alors ce qu'il me faisait ne me 'dérangeait pas', ou j'étais ok pour l'accepter, si je peux dire. Sauf que là, durant ces quelques jours, j'avais quelqu'un d'autre à m'occuper, à protéger. Et je n'ai pas réussi.

Je me sens affreuse de n'avoir rien fait.

Et, encore plus compliqué à comprendre j'imagine, mais j'ai l'impression d'avoir tué ce bébé. Vraiment. Je me sens atroce. J'ai l'impression de l'avoir tué.


Voilà.
Je post sur ce forum, parce que je ne sais pas du tout où me tourner. Je revois ma psy mardi et vendredi, elle va m'appeler demain pour voir comment je vais. Mais ça n'ira pas, forcément...
Je ne sais pas vraiment ce que je recherche ici mais je tente, un peu comme lancer une bouteille à la mer. 

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