Enfant

Accueillir les émotions : oui, mais pas n’importe comment…

À force d'être exposés à l'éducation positive, on nous dit toujours qu'il faut accueillir les émotions de nos enfants. Toutefois, il nous manque parfois le mode d'emploi et surtout la bonne manière de le faire. 

Les enfants ont avant tout besoin d'être guidés avec recul. Or, nous avons cette fâcheuse tendance à projeter nos blessures lorsque nos enfants souffrent ou sont en crise. On redevient alors soi-même l’enfant blessé, intimidé ou rejeté. Dans ces moments-là, c'est un peu soi qu'on pleure et alors, notre enfant n'est pas accueilli comme il en aurait besoin, car nos histoires s'entremêlent. 

Un enfant en pleine tempête émotionnelle a besoin d'une feuille de route, car il n'est pas capable, jeune, ou non outillé de sortir de l'émotion, il reste alors coincé avec la certitude qu'il ne peut rien faire pour s'en défaire. 

Mais, si on l'accompagne avec efficacité il y aura un temps pour reconnaître l'émotion, la vivre en la décrivant et en analysant ce que ça génère en nous, mais ensuite... Il nous faut apprendre à dépasser l'état d'inconfort pour toucher la résilience.

Je me rappelle cette maman vue à la garderie, au moment de la séparation, qui transmettait malgré elle sa propre terreur; "mon pauvre petit, c'est difficile, je te comprends, c'est dur, tu pleures et tu as de la peine". Elle était en petite boule, en voulant protéger son amour, qu'elle n'arrivait pas à consoler, j'étais pleine d'empathie, mais je voyais comme elle souffrait elle. Toutes ces émotions sont compréhensibles.

Le parent peut guider vers des stratégies pour aider l'enfant à sortir de ce mauvais pas. Il compte sur nous pour être le pont entre la tempête et le retour au calme. Si nous accueillons sans outiller, il manque un bout de la résolution. Si nous sommes trop pris par nos propres émotions il n'y a pas de place pour le recul et l'accompagnement.

Un enfant apprend à maîtriser ses émotions et à trouver des solutions. Son cerveau immature va développer des compensations, car nous sommes en général relativement équilibrés malgré nos blessures et nos parcours, mais il est aussi possible de leur faire gagner du temps, ou de ne pas compenser avec des outils non adaptés.  

On peut mal gérer ses émotions en mangeant, en fuyant la réalité, en développement de la dépendance affective par exemple. Ces compensations sont courantes et nous concernent tous. Elles permettent de soulager momentanément notre état d'inconfort, mais ce sont des béquilles qui empêchent la personne de grandir ou de trouver l’équilibre. Elles masquent la vraie émotion et nous finissons par oublier d'analyser ce qui nous fait réagir, on a appris alors à se déconnecter, même si nos réactions montrent que nous continuons à être blessés.

En mettant nos enfants sur la voie, nous leur faisons gagner un temps précieux et on limitera les comportements déviants ou inadéquats. On observe, on accueille, on ressent puis on dépasse. Ainsi la boucle est bouclée et nous prenons soin de la véritable émotion, plutôt que des émotions parasites: nous résolvons l'équation en apportant une réponse complète au besoin de l'enfant. 

Quand nos enfants ont besoin de déposer leur trop-plein, rappelons-nous que notre mission est d'une part de les écouter, les envelopper, mais aussi de les pousser à aller de l'avant à se défaire de l'inconfort en utilisant la créativité et la pleine conscience. C'est un cheminement, mais il n'est jamais trop tard pour adopter cet état d'esprit. 

Devenir acteur plutôt que de subir, là est la clé! 

Sources : 
Le drame de l’enfant doué, Alice Miller
T’es toi quand tu parles, Jacques Salomé

Chloé Finiels
Accompagnement Émotionnel et Relationnel

Chloé Finiels, s’est tournée vers l’accompagnement émotionnel et relationnel en 2011. Ayant un profil neuro-atypique et étant hypersensible, elle s’est intéressée à offrir des ressources alternatives. Elle a fait un parcours académique universitaire et est diplômée depuis 2006 en psychologie clinique. Elle a étudié en biologie, psychologie et embryologie. Elle s’est faite connaître via les réseaux sociaux grâce à ses billets et chroniques sur les éducations alternatives, la normalisation des difficultés parentales, mais surtout sa vision très moderne de la parentalité : comprendre en profondeur nos émotions, ce qui les réactivent, nos déclencheurs et comment accepter nos fluctuations émotionnelles. Elle est chroniqueuse pour plusieurs médias, superviseure dans l’accompagnement relationnel et émotionnel et formatrice pour les familles et professionnels qui souhaitent comprendre la famille neuro-atypique, la parentalité créative. Elle est passionnée et se forme en continu dans divers domaines : la périnatalité, les éducations alternatives, les neuro-sciences, le deuil périnatal, la communication efficace, la neuro-psychologie, la neuro-biologie, la psychothérapie d'engagement et d'acceptation, l’endocrinologie.


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