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Les complexes en cadeaux de Noël

Toutes les familles sont gratifiées d’une (très) désagréable tante Albertine. Parfois, elle s’appelle Ginette, Julie ou Sonia, mais sur le fond, ça ne change rien. Acerbes au plus haut point, ses mots et ses remarques laissent des traces.

Prononcés avec une certaine désinvolture, pour leur donner de la légèreté, les mots d’Albertine atterrissent malgré tout comme une tonne de briques sur l’estime des jeunes filles. On parle partout de diversité corporelle, d’ouverture, et si la société semble s’entendre sur l’importance de ces concepts, leur application semble plus difficile au sein de nos familles.

Entre deux bouchées de petites saucisses cocktail, les tantes Albertine de ce monde ont du mal à réprimer des commentaires douteux. On se doute que, derrière ces phrases assassines, se cachent que de bonnes intentions. Mais…, les intentions ne suffisent pas. Lorsqu’une jeune fille commence à psychoter sur son poids, suite à un commentaire «de matante», ce n’est pas l’intention qui lui fait couper ses portions. C’est le sous-entendu.

Pour aider tante Albertine à comprendre ce que les jeunes filles retiennent de ses commentaires «lourds», voici une petite traduction maison:

Albertine dit: «Tu es chanceuse. Toi, tu peux te permettre de mettre une jupe aussi courte: tu as tellement de belles grosses cuisses.»
Albertine veut dire: «J’aimerais revenir à l’époque où j’avais des cuisses fermes et où je n’avais pas honte de les exposer.»

La jeune fille retient: «C’est ça, j’ai des grosses cuisses.»

Albertine dit: «Une chance que tu fais du ski. Tu peux te permettre de manger un autre gâteau.»

Albertine veut dire: «Moi, je ne fais pas de sport, et je dois faire attention à tout ce que j’avale.»

La jeune fille retient: «Je ne devrais pas manger une autre part. Je suis grosse. Je vais me mettre au sport, dès demain.»

Albertine dit: «J’aime ta robe. On ne voit pas trop ton ventre.»
Albertine veut dire: «C’est joli, ta robe. Je la préfère à celles où on voit les nombrils. Je trouve cela moins classe.»
La jeune fille retient: «Je le savais. J’ai un gros ventre, et ce n’est pas beau. Je fais bien de le cacher.»

Albertine dit: «Tu es certaine que tu veux une autre part? C’est gras…»
Albertine veut dire: «Avec mon cholestérol élevé, je vois du gras partout. Je t’aime, et je ne voudrais pas que tu en souffres un jour.»
La jeune fille retient: «Elle me trouve grosse. Je dois faire attention.»

Albertine dit: «Attention, tu ne rentreras plus dans ta robe!»
Albertine veut dire: Rien. Elle ne veut rien dire. Elle veut seulement faire une blague plate.
La jeune fille retient: «Je vais arrêter de manger pour aujourd’hui.»

Albertine dit: «Tu as tellement changé depuis l’an dernier. Avec tes hanches, on dirait une petite femme.»
Albertine veut dire: «Tu es belle.»
La jeune fille retient: «Mes hanches sont trop proéminentes. Je dois faire davantage d’exercice.»

Comme quoi, en reposant sur un malentendu, une simple phrase peut laisser des stigmates. Cette année, dans le temps des fêtes, on surveille tante Albertine et on la corrige gentiment. On ne voudrait pas qu’elle donne des complexes en cadeaux de Noël.

Maman Zarb

Rédactrice web, stratège, gestionnaire de communauté, artiste et mère de trois garçons, elle déteste les étiquettes. Ses enfants le confirment ; Annie est une attachante maman zarb (ce qui veut dire bizarre en verlan) qui déborde d’imagination et qui adore se mettre en déséquilibre. Toujours un peu dans la marge, elle habite l’autoroute 15 à cheval entre la rive nord et Montréal. Ses billets sont souvent le fruit de ses longues heures à jouer dans le trafic. Confrontée au TDAH, elle s’est intéressée au sujet et tient un blogue sur le sujet. Si non, vous pouvez la suivre sur sa page Facebook.

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