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Nouveau regard sur l’anxiété des autistes

L’anxiété est souvent considérée comme une comorbidité de l’autisme. Pourtant, il n’y a aucun lien entre la neurologie autistique et les troubles anxieux ni avec une santé mentale plus fragile. Récemment, des chercheurs des universités anglaises de Surrey et de College (Londres) ont démontré que l’anxiété et les troubles de santé mentale des personnes autistes sont directement liés à la discrimination, l’intimidation, le rejet, la marginalisation qu’elles subissent quotidiennement. L’anxiété n’est pas corrélative à l’autisme en soi, mais bien à la détresse psychologique plus élevée que vivent les autistes dans leur environnement.

Cependant, plusieurs autistes ressentent de l’anxiété en lien avec leur cerveau perceptif. Cette anxiété n’est pas une fatalité en soi, bien au contraire. Selon Brigitte Harrisson, «Le taux d’anxiété ressentie est un bon indicateur du travail qui doit être fait sur le plan de l’organisation cognitive chez l’autiste.» Ainsi, pour comprendre l’anxiété chez les autistes, il faut tout d’abord tenir compte des particularités neurologiques de leur cerveau perceptif. Inévitablement, les informations entrantes ne sont ni perçues ni analysées de la même manière que chez les non-autistes.

Généralement, les méthodes d’aide actuelles couramment utilisées et la médication ne tiennent pas compte de ces particularités neurologiques. Ces méthodes pourront aider à court terme, en superficie, mais elles n’offrent pas de solutions concrètes et efficaces. L’autiste risque alors d’être aux prises avec des problèmes d’anxiété plus sévères, pouvant mener à la dépression par exemple. La personne autiste tombe alors dans un cycle pernicieux. Elle risque également d’être dépendante toute sa vie de la médication.

Lorsqu’on parle d’anxiété en autisme, on ne parle pas de la même anxiété: il ne s’agit pas d’anxiété sociale. Bien sûr, un autiste pourra être anxieux pour des raisons similaires aux non-autistes, dans certaines circonstances ou certains événements de la vie et ressentir également, à certains moments, de l’anxiété sociale. L’anxiété est un sentiment humain.

Les événements sociaux, les conversations et interactions sociales sont abstraites et imprévisibles. Tout se passe rapidement. Il y a plusieurs informations à traiter et analyser. Tout bouge, tout change. Le cerveau de l’autiste reçoit une quantité faramineuse d’informations de toute part. De l’information variable et en continu!

Le cerveau d’un autiste traite plus aisément les informations concrètes et fixes. Sa pensée en images est séquencée. Lorsqu’un imprévu survient, comme dans les situations sociales où rien n’est prévisible, l’autiste n’a aucun repère. Son schéma mental stable n’existe plus. Il doit rebâtir une nouvelle image, puis une nouvelle, puis une nouvelle, puis une nouvelle… C’est exigeant et anxiogène!

Par exemple, un autiste côtoie une collègue au travail. Ils ont des échanges à propos de leur travail dans l’environnement de travail. Un jour, il rencontre par hasard cette collègue au centre commercial. La panique s’installe! Son schéma mental vient d’éclater en mille morceaux. L’autiste vient de voir pour la toute première fois sa collègue dans un autre lieu que celui du travail. De plus, elle est habillée de manière totalement différente qu’à l’habitude. Bien sûr, la personne autiste sait très bien que la collègue de bureau a une vie à l’extérieur du travail et qu’il est possible de la croiser par hasard. Mais, au niveau mental, elle n’a plus de repères puisque le schéma initial était fixe, enregistré et classé dans son cerveau, tel quel. Elle doit alors gérer cet imprévu, refaire un autre schéma. C’est énormément de travail. Et maintenant, comment dois-je communiquer avec cette collègue? Que dois-je dire? Dois-je agir comme sur le lieu de travail?

Il est possible pour un autiste d’apprendre à faire des liens rapides entre «ses images mentales» sans que cela le déstabilise complètement. Il est possible de diminuer l’anxiété d’un autiste en travaillant avec lui, afin qu’il apprenne à mieux gérer son fonctionnement.

Sources : 

Extending the Minority Stress Model to Understand Mental Health Problems Experienced by the Autistic Population, Monique Botha, David M. Frost, publish October, 2018

L’autisme expliqué aux non-autistes, Brigitte Harrisson et Lise St-Charles, TRÉCARRÉ, 2017

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