Faut-il renoncer au plaisir en famille?
Maman n’a pas le temps… à la longue, cette réponse à vos enfants qui veulent jouer avec vous peut faire mal. Voyez pourquoi et comment dire Oui plus souvent.
C’est une évidence. Vous avez l’impression de vous entendre lorsque d’autres parents se plaignent que le temps passe si vite qu’il n’en reste plus pour s’amuser avec leurs enfants. Il faut si souvent leur répondre non malgré nous!
Cette fois, nous pouvons chiffrer la réalité : un sondage récent révèle que 98 % des mamans canadiennes aimeraient avoir plus de temps pour participer à des activités familiales et 64 % d’entre elles admettent qu’elles doivent refuser les demandes de leurs enfants entre une et quatre fois par semaine.*
Le grand coupable est le temps, ou plutôt son absence! 54 % des femmes sondées l’évoquent en effet lorsqu’on leur demande les raisons pour lesquelles elles disent non, alors que 20 % affirment que le manque d’énergie est en cause, 11 % parlent plutôt de contraintes financières, tandis que 5 % prétendent dire non parce qu’elles n’aiment pas les dégâts et le nettoyage qui suivent presque tout le temps la petite partie de plaisir…
« Ou alors, les enfants voudraient cuisiner avec nous, mais nous disons non parce que nous ne voulons pas avoir à ramasser après… », ajoute Suzanne Vallières, psychologue, qui offre également des services de coaching parental et qui a été invitée à analyser et commenter les résultats du sondage.
Les effets secondaires des non successifs
L’accumulation des refus que l’enfant reçoit, très souvent accompagnés de fausses promesses – plus tard, tantôt, demain – est une source de déception. À force d’être dans l’attente, il ressent de la frustration qui finit par se transformer en colère. « Le hic, c’est que contrairement à l’adulte, l’enfant ne verbalise pas sa colère, alors il l’exprime en devenant plus irritable », indique Mme Vallières.

La discipline écope…
Courir tout le temps après le temps, dont on manque pour jouer avec nos enfants, entraîne un relâchement des mesures disciplinaires; il devient difficile en effet d’imposer des règles et de s’attendre à ce qu’elles soient respectées lorsqu’on est absents souvent ou encore, d’inculquer les bonnes manières à table si les enfants mangent devant la télé parce que l’horaire de papa et maman ne leur permet pas de souper avec eux…
Les mamans qui sont obligées de dire souvent non à leurs enfants se sentent souvent coupables (63 % d’entre celles qui ont participé au sondage) et peuvent être tentées d’être plus souples lorsque leurs enfants font des siennes… et acceptent parfois de les laisser enfreindre les règles, pour « acheter la paix ».
Conséquemment, certains enfants se croient permis d’adopter une attitude d’égal à égal avec leurs parents et ils se moquent de l’autorité parentale, explique Mme Vallières.
… le lien affectif aussi
Bien sûr, le fait de passer moins de temps avec ses enfants ne favorise pas non plus leur apprentissage des relations humaines puisqu’il nuit au lien solide entre eux et leurs parents. Les enfants deviennent certainement plus calmes et moins accaparants si on leur offre le plus récent modèle de jeu Nintendo DS, mais ce petit cadeau, tout autant que les jeux à l’ordinateur, ne comblera pas le vide affectif causé par l’absence des parents dans leurs jeux et activités, signale la psychologue.
Suggestions et trucs pour dire oui
La recommandation qui trône en haut de la liste de « psy-trucs » de Suzanne Vallières est l’intégration d’activités – amusantes ou non – avec les enfants dans le quotidien; on ne peut pas vraiment dire non quand ces moments sont déjà planifiés et de plus, on évite de les remettre sans cesse à plus tard.
Ainsi, pourquoi ne pas ajouter la lecture d’une histoire à la routine du dodo au moins une ou deux fois par semaine? Ou réserver une heure du prochain samedi pour préparer des biscuits avec votre enfant, des petites douceurs qui pourront se retrouver sur la table pour le souper de cette journée-là? Car le temps passé avec son enfant peut être consacré aussi aux tâches ménagères; c’est connu, les enfants aiment beaucoup rendre service, souligne Mme Vallières.








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