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Les rivalités entre frère et soeur : un incontournable

Une certaine dose de rivalité est saine entre les enfants d’une même famille parce qu’elle les pousse à s’affirmer et à prendre leur place. Certaines études ont même démontré que plus on encourage le principe d'égalité entre les enfants, plus on nourrit cette rivalité!

Réglons d’abord quelque chose : personne ne peut aimer tous ses enfants de la même manière. Ce n’est pas une question d’amour et ce n’est pas un crime, c’est la simple réalité. Ce n’est pas parce qu’on a un faible pour un de ses enfants qu’on n’aime pas l’autre ou les autres. On les aime différemment, c’est tout. Tout comme on n’aime pas nos frères et sœurs de la même manière, ni nos amis. Partant de ce principe, il faut s’attendre à être un peu injuste quand vient le temps de trancher entre deux enfants. Et c’est là qu’il faut se surveiller parce qu’on peut créer des problèmes plutôt que les résoudre.

Il n’y a pas d' écart d'âge idéal entre chacun des enfants. Si les enfants sont très rapprochés, ils pourraient être très complices, mais aussi très jaloux. Si l’écart est trop grand, plus les enfants grandissent et moins ils ont de choses en commun. Le juste milieu se situe entre deux ans et demi et trois ans et demi.

Préparer l’aîné à l’arrivée de bébé

Les premiers signes de jalousie surviennent habituellement dès l’arrivée du deuxième enfant. Il est possible cependant de faire en sorte que ce changement majeur dans les rôles de chacun se passe en douceur. Pendant votre grossesse, vous allez devoir multiplier les conversations avec l’enfant pour qu’il comprenne que le nouveau bébé ne menace en rien sa place, qu’il sera toujours votre enfant, que vous l’aimerez toujours autant. Profitez de ces moments pour lui rappeler comment c’était quand il était bébé, sortez des photos, regardez des vidéos. À force de vous entendre dire que vous l’aimez, il gagnera en confiance. Essayez de rendre visite à des amis qui viennent d’avoir un bébé, cela lui permettra de comprendre un peu plus la réalité du bébé qui s’en vient.

Même s’il est recommandé de lui faire part de votre fierté parce qu’il est maintenant grand, qu’il dort dans un grand lit, qu’il fait pipi dans la toilette, qu’il vous aide, faites attention à ne pas le faire vieillir trop vite. Quand il verra le bébé passer le plus clair de son temps dans vos bras et pas lui parce « qu’il est grand maintenant », vous pourriez l’encourager à régresser dans ses comportements dans le but de redevenir le bébé qui aurait toute votre attention.

La rivalité selon les âges

Dans un monde idéal, frère et sœur s’entendraient… comme deux sœurs ou deux frères! Il est d’ailleurs un peu ironique de décrire sa meilleure amie comme étant « une vraie sœur pour moi », alors que dans la réalité, les enfants d’une même famille mettent souvent des années avant de trouver la bonne entente. Il n’est pas rare d’ailleurs que frère et sœur vieillissent sans rien avoir en commun et s’éloignent à l’âge adulte, sans jamais avoir développé d’affinités particulières. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte quand vient le temps d’évaluer les rivalités fraternelles : le sexe des enfants, leur rang dans la famille, et l’écart d'âge entre eux auront une incidence sur leur comportement.

Avant 7 ans


L’enfant est centré sur lui-même et ne partage pas facilement. Il est égocentrique et ne comprend pas qu’un jouet prêté lui sera remis plus tard. Il peut crier et faire des crises.

Entre 7 et 10 ans

C’est la période du « T’es plus mon amie si tu… », phrase qui est distribuée à tout un chacun à la moindre contrariété. Comme l’enfant a atteint l’âge de raison, on tente de lui expliquer que le chantage ne fait qu’aggraver les relations et on l’amène à trouver d’autres solutions pour manifester son mécontentement.

Entre 10 et 14 ans

Période d’entre-deux, l’enfant peut aussi se montrer ambivalent, sautant au cou de son frère/sœur une minute et l’envoyant promener la minute suivante. Comme à cet âge ils ont développé le sens de ce qui est juste, donnez-leur une chance de régler leurs conflits eux-même et n’intervenez que lorsque la situation s’envenime.

Après 14 ans

Voilà l’adolescence et ses bouleversements hormonaux, familiaux et sociaux. C’est à partir de là que l’adulte en devenir se forme le plus. Il développera des principes moraux et une éthique personnelle à partir des valeurs qui lui auront été inculquées depuis son très jeune âge. Comme il est plus renfermé, des conflits peuvent se développer avec frère et sœur, mais habituellement, ce n’est que pour un temps.

Reconnaître la jalousie

Un enfant manifestera sa jalousie de plusieurs manières différentes, mais il est certain que son comportement va changer et, en étant attentif à ses réactions devant l’arrivée d’un nouveau bébé par exemple, vous remarquerez les changements et pourrez mieux intervenir.

Un enfant jaloux aura tendance à :



  • essayer d’attirer l’attention
  • se renfermer sur lui
  • être souvent maussade
  • ne plus vouloir faire les activités habituelles
  • montrer des grands signes d’affection au père pour rendre maman jalouse
  • vouloir être pris dans les bras et porté
  • se comporter comme un bébé (sucer son pouce, faire pipi dans sa culotte, demander à porter des couches ou à boire au biberon)
  • désobéir aux consignes
  • faire des bêtises par exprès
  • essayer de frapper ou de mordre le bébé

Attention aux …

  • préférences évidentes. On n’en est pas toujours conscient, mais lorsqu'on trouve des excuses au même enfant au détriment d’un autre, il est évident que l’on alimente la rivalité plutôt que de la calmer.
  • comparaisons qui sont si faciles à faire parce qu’un est jovial et l’autre taciturne, parce qu’un est sportif et l’autre artiste. Rappelez-vous que les enfants SONT différents et que personne ne tire avantage des comparaisons.
  • préférences reliées au sexe de l’enfant. À force de répéter que vous avez toujours voulu une fille – ou un garçon –, l’autre ne peut que se sentir rejeté puisqu’il n’est pas « du bon sexe ».
  • réactions que vous avez face à la rivalité entre vos enfants. Si vous l’interdisez complètement, vous risquez de l’alimenter. À l’opposé, l’indifférence face à cette situation ne règle rien non plus
Trucs pour atténuer les rivalités

  • Vous pouvez vous procurer une poupée qui ressemble à un bébé, avec quelques articles comme des couches, un biberon, une petite couverture et, lors de votre retour à la maison, vous pourrez confier à votre aîné la responsabilité de « son bébé à lui ». Il fera comme vous et se sentira moins à l’écart.
  • Réservez du temps de qualité, de l’intimité pour chacun de vos enfants. Il n’est pas nécessaire que ça dure des heures, l’important c’est que chacun sente qu’il compte pour vous et qu’il a toujours sa place.
  • Ne forcez jamais l’enfant à s’intéresser à son cadet. Il le fera tout naturellement, en temps et lieu.
  • Ne laissez jamais le bébé et votre premier-né seuls ensemble, car il pourrait faire mal au bébé, sans le faire exprès ou pour manifester sa contrariété.
  • Veillez à ce que le bébé ne soit pas le seul centre d’attention de la visite, surtout si tout le monde arrive avec un cadeau pour bébé. Pensez à lui acheter un petit cadeau et profitez-en pour vanter ses qualités devant les autres.
    Laissez-le vous aider avec bébé, en allant chercher la couche, un pyjama ou un jouet.

Pour les enfants plus vieux

  • Essayez de les laisser résoudre leurs problèmes eux-mêmes en évitant de prendre parti.
  • Ne faites pas de reproches sans leur avoir laissé le temps de s’entendre
  • Ne cherchez pas à savoir ‹‹qui a commencé››, vous ne ferez qu’ajouter à la tension entre eux.
  • Récompensez la bonne entente et non les disputes, même si c’est pour consoler un des enfants.
  • Établissez des règles claires sur ce qui n’est pas acceptable comme comportement (injures, coups, etc.) Ne tolérez jamais des comportements agressifs.
  • Incitez-les à résoudre leurs conflits en parlant, en s’expliquant plutôt qu’en se disputant. Ça ne fonctionnera pas tout le temps, mais le message va finir par passer.
  • Donnez-leur une tâche à réaliser ensemble.


(SC, mai 2005)



Si vous sentez le besoin d’approfondir le sujet, il existe de nombreux livres tant pour les adultes qui tentent d’y voir plus clair que pour les enfants de 2 à 11 ans aux prises avec ces rivalités qui menacent l’harmonie familiale. En voici quelques-uns :

Livres pour les parents

La jalousie
Dalloz, Danielle
Paris : Bayard, 2003. 126 p. (La vie de famille : des repères pour vivre avec vos enfants de 0-7 ans)
La jalousie est un sentiment normal, mais quand elle prend trop de place, il faut apprendre à la contrôler. Des conseils aux parents pour aider leurs enfants.

La jalousie entre frères et sœurs
Bélanger, Robert
Lambton (Québec) : Éditions Robert Bélanger, 1984. 143 p.
Des conseils pertinents aux parents pour les aider à régler les conflits engendrés par la jalousie au sein de la famille. Les livres de Robert Bélanger sont toujours disponibles et d'actualité.

C’est pas juste : comment gérer les conflits entre frères et sœurs
Samalin, Nancy
Paris : Flammarion, 1997. 238 p
L’auteur propose aux parents qui se sentent dépassés des solutions concrètes pour régler les conflits entre frères et sœurs : qui s’assoira en avant dans l’auto, qui décidera de l'émission de télévision à regarder, etc. Les conflits entre demi-frères, jumeaux, triplés… sous le signe de l’humour.

Des frères et des sœurs : les liens complexes de la fraternité
Angel, Sylvie
Alleur : Marabout, 2002. 316 p. (Marabout psychologie)
Comment rivalités et complicités s'installent-elles dans la même famille? De quoi est fait ce lien qui nous marque plus ou moins pour la vie, selon notre itinéraire? L'auteur tente d'éclaircir pour nous ces liens qui sont tissés par des sentiments forts et puissants.

Et moi alors? Grandir avec un frère ou une sœur aux besoins particuliers
Blais, Édith
Montréal : Éditions de l'Hôpital Sainte-Justine, 2002. 107 p.
Ce livre met en vedette des jeunes qui partagent leur vie avec un frère ou une sœur aux besoins particuliers. Les principaux personnages des quatre nouvelles qui composent l'ouvrage sont riches d'une expérience fraternelle particulière. Ils prennent la parole, eux qui ont l'habitude de se taire, et il faut les écouter, car ils ont beaucoup à partager et à enseigner. Ils s'adressent aux frères et sœurs qui grandissent avec un enfant différent, mais aussi aux parents de ces fratries « pas comme les autres » et aux autres adultes qui ont à cœur le bien-être des familles. Présente aussi aux jeunes et aux parents des exercices et des stratégies de communication.

Frères et sœurs, complices et rivaux
Scelles, Régine
Paris : Fleurus, 2003. 150 p. (Le métier de parents)
Complicités, partages, conflits, rivalités tissent le lien entre frères et sœurs et souvent à l'insu des parents. Quand il y a conflit ou indifférence, c'est souvent difficile pour ces derniers d'intervenir sans se sentir coupable ou en laissant de côté leur propre histoire fraternelle. L'auteur traite de ce lien fraternel qui évolue à mesure que l'enfant grandit ou qu'un évènement transforme sa vie : mortalité, frère ou sœur handicapé, séparation, recomposition familiale, etc.

Frères et sœurs, une maladie d'amour
Rufo, Marcel et Christine Schilte
Paris : Fayard, 2002. 306 p.
Les relations frères sœurs sont un mélange de complicité, de bonheurs, de souvenirs communs, mais aussi de rivalité et de jalousie. Les auteurs nous entraînent au cœur de ces relations : l'arrivée du second/ aîné et cadet/rivalité des genres/le jeu des préférences/jumeaux/frères et sœurs d'adoption/avoir un frère ou une sœur handicapé/fratries recomposées.

Jalousies et rivalités entre frères et sœurs : comment venir à bout des conflits entre vos enfants
Faber, Adele et Elaine Mazlish
Paris : Stock, 2003. 214 p.
Les auteurs conseillent les parents qui veulent encourager, dans leur famille, des comportements de coopération et faire naître une attitude de bonne volonté entre frères et sœurs. Comment aider les enfants à exprimer sans violence leurs sentiments négatifs? Comment faire tomber la colère des enfants et les motiver à trouver autrement que par la bataille des solutions à leur conflit?

Livres pour les jeunes

Caillou : la dispute
2 ans+
Sanschagrin, Joceline
Montréal : Chouette, 2000. 22 p. (Rose des vents)
Une dispute entre frère et sœur. Maman aide à régler le conflit. À lire ensemble, parents et enfants.

Caillou s'occupe de sa petite sœur
3 ans +
Johnson, Marion
Montréal : Chouette, 2002. 24 p. (Salopette)
Caillou doit s'occuper de sa petite sœur pendant que sa maman se repose un peu. Ce n’est pas toujours facile d'être le plus grand.

6 histoires pour mieux vivre entre frères et sœurs
3 ans+
Grenier Laperrière, Madeleine
Montréal : Éducation-coup-de-fil, 2005. 59 p.
Pour enfants de trois à sept ans ou tant qu'ils aiment les histoires et les dessins à colorier. La jalousie entre frères et sœurs est la cause de plusieurs conflits au sein de la famille. Comment arriver à mieux s'entendre, à partager, à coopérer? Des histoires pour les enfants, à lire avec les parents pour les aider dans cette tâche. Pour commander : (514) 525-2573.

Le tournoi des jaloux
3 ans+
Naumann-Villemin, Christiane
Paris : Kaléidoscope, 2004. 22 p.
Au château, le prince Aimé et le prince Désiré se disputent tout le temps. L'un croit qu'il est le préféré et vice-versa. Ils sont aussi très différents : un grand prince mince et un petit prince dodu. Leur marraine organise un tournoi où ils auront enfin à comprendre que différence n'est pas synonyme de préférence.

Bonjour, Sacha
3 ans +
Gay, Marie-Louise
Saint-Lambert (Québec) : Dominique et Compagnie, 2003. 27 p. (Stella)
Sacha veut s'habiller tout seul. C'est difficile, alors il appelle sa sœur Stella à la rescousse. Belle relation dans le rire et l'entraide entre frère et sœur.

C'est à moi!
3 ans +
Lipniacka, Ewa
Paris : Gründ, 2003. 17 p.
Polo et Paula, frère et sœur, n'aiment pas partager leurs jouets. Ils se font rappeler à l’ordre et deviennent plus conciliants.

Une journée sans ma sœur
3 ans +
Barbara, Diane
Paris : Éditions du Sorbier, 2002. 24 p.
Mouss veut prouver qu'il n'a pas vraiment besoin de sa sœur Adèle. Les parents les séparent pour l'après-midi.

Moi, jalouse?
3 ans+
Mistral, France
Paris : De la Martinière Jeunesse, 2002. 35 p. (Les péchés mignons)
Julie est jalouse de sa petite sœur: elle a les plus beaux cadeaux, elle prend trop de place dans la baignoire, etc.

Le bisou magique
4 ans+
Mets, Alan
Paris : L'École des Loisirs, 1999. 37 p. (Lutin poche)
Tico n’aime pas beaucoup sa petite sœur Lulu. Il aimerait bien qu’il lui arrive quelque chose comme, par hasard, manger un champignon non comestible.

J'ai vendu ma sœur
6 ans+
Simard, Danielle
Saint-Lambert (Québec) : Soulières, 2002. 60 p. (Ma petite vache a mal aux pattes)
Qui n'a pas souhaité au moins une seconde se débarrasser d'une sœur ou d'un frère? Noé rencontre un monsieur au parc qui est prêt à acheter Zoé, sa sœur insupportable, pour cinquante dollars.

Lili se dispute avec son frère
6 ans+
de Saint Mars, Dominique
Fribourg : Calligram, 1993. 48 p. (Max et Lili)
Les sempiternelles chicanes entre frères et sœurs : tu es le chouchou des parents… pourquoi ton morceau est-il plus grand que le mien… ne touche pas à mes affaires. En bandes dessinées, cette collection d’une cinquantaine de titres porte sur la résolution de problèmes qui surviennent dans la vie quotidienne des enfants. À la fin de chaque titre, la section « Et toi? » a pour but de faire réfléchir les enfants sur le thème.

Un monstre dans les céréales
7 ans+
Hébert, Marie-Francine
Montréal : La Courte échelle, 2001. 60 p. (Édition spéciale)
Méli-Mélo est jalouse. Son petit frère va se faire enlever les amygdales et sa mère ne s’occupe que de lui. Heureusement qu’il y a un monstre dans les céréales à qui elle peut confier ses tourments.

Marie la chipie
8 ans+
Demers, Dominique
Montréal : Québec Amérique Jeunesse, 1997. 63 p. (Bilbo jeunesse)
Alexis s’est fait appeler « Alexis le zizi » par sa sœur, devant Katarina. Il en a assez de sa sœur qui, en plus, accapare toujours ses parents.

Maman, papa, moi et elle
10 ans+
Schubiger, Jürg
Genève : La Joie de lire, 1999. 114 p. (Récits)
Un petit garçon se questionne sur la vie et, entre autres choses, sur sa sœur. Elle l’énerve, mais elle est dans la famille et elle y restera. D'ailleurs, les parents ne veulent pas s’en défaire.

Frères et sœurs pour la vie?
11 ans+
Richard, Anne et Frédéric Rey
Paris : De la Martinière Jeunesse, 1999. 103 p. (Oxygène)
Même si nos frères et sœurs nous énervent souvent, ils occupent une place bien importante dans notre cœur. Quels sont ces sentiments parfois contradictoires qu’ils font naître en nous?


Merci au CISE de l'Hôpital Ste-Justine pour ces références littéraires



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