Famille

Pleurer devant les enfants… Oui ou non?

Parce que la vie n’est pas toujours rose et qu’on ne devient pas insensible en devenant maman (au contraire!), il peut nous arriver de verser des larmes… devant les enfants. Est-ce bien grave?

On a fait un petit sondage maison dans les mamans de notre entourage pour savoir s’il leur était déjà arrivé de pleurer devant leurs enfants. La réponse était quasi unanime : oui! La tristesse étant souvent associée à la faiblesse (malheureusement), on s’est ensuite demandé si c’était vraiment une bonne chose de se laisser aller à nos émotions devant nos petits…

À la question « devrait-on, oui ou non, pleurer devant ses enfants? », Hélène Fagnan, coach familial et fondatrice de Nanny Secours répond « oui… et non! ». Selon elle, tout dépend du moment et du dosage.

Si un événement bouleversant survient dans notre vie; la perte d’un emploi, la perte d’un être cher, la maladie, une séparation; ce sont de « bonnes raisons » de pleurer. « C’est très adéquat de pleurer parce qu’on a de la peine, que ça fait partie de la vie et qu’on ouvre la discussion » dit Mme Fagnan. Dans ce genre de situation, mieux vaut ne pas cacher notre peine. Nos enfants pourraient alors comprendre qu’il ne faut pas vivre nos émotions, ce qui n’est pas une bonne chose.

Par contre, si on a tendance à être bouleversée facilement et qu’on pleure régulièrement « pour rien », on envoie le message à nos enfants qu’on n’est pas solide. « Dans certaines situations, l’enfant devient le parent de son propre parent. Il le rassure et le console et certains parents se complaisent là-dedans. Ce n’est pas une bonne idée », souligne la coach familial.

Tout est dans l’équilibre

Ainsi, il faut user de son gros bon sens pour savoir à quel moment il est approprié de pleurer en présence de nos enfants, et il faut surtout être prête à mettre des mots sur ce qu’on vit afin de leur donner des explications et de les rassurer. « Les enfants sont des éponges, ils ressentent les choses même si on ne leur dit pas. Quand on n’est pas claire avec eux, ils s’imaginent des affaires bien pires », explique Hélène Fagnan.

Mieux vaut donc être transparente avec nos enfants, tout en étant conscientes que notre peine nous appartient et qu’il faut en être responsable. Si on se laisse aller à la tristesse, il est de notre devoir de leur expliquer les raisons de notre peine et les outils qu’on va utiliser pour s’en sortir. Par exemple : « Je suis triste parce que grand-maman est malade, mais ça va passer. Je vais aller me coller sur papa et regarder un bon film et ça va aller mieux. »

En leur expliquant ainsi les choses, ils comprennent que la peine fait partie de la vie et qu’on est assez solide pour passer à travers, pour la surmonter. « Les enfants apprennent par apprentissage. En leur montrant qu’on est capable de vivre et de surmonter notre peine, on fait leur éducation, on leur donne des outils pour qu’ils soient eux-mêmes capables de gérer leurs émotions », conclut Mme Fagnan.

Pour aller plus loin

Deux suggestions de livres :

  • Parents épanouis, enfants épanouis, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare, 2006
  • Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare, 2012
Par Julie Chaumont

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