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Famille

Éducation garçon ou fille : y'a-t-il une différence?

C’est un fait : les filles réussissent mieux, en général, que les garçons à l'école. Non seulement ont-elles de meilleures notes, mais aussi un meilleur comportement. Quels sont les facteurs pouvant expliquer cet écart? Et comment les éviter?

Les conclusions d’une récente étude intitulée Does Quebec’s subsidized chid care policy give boys and girls an equal start? (traduction libre : La Politique sur les services de garde à l’enfance du Québec donne-t-elle aux garçons et aux filles des chances égales?) stipulent que, dès la sortie du CPE, les filles sont, en général, plus développées sur le plan intellectuel que les garçons. On affirme également que, dès la sortie du CPE, les garçons sont en général plus sujets à l'hyperactivité et au déficit d'attention que les filles. À qui la faute? 

Les exigences de la société

Il y a des différences réelles entre les garçons et les filles et ce, dès la naissance. On n’a qu’à penser au langage, qui se développe généralement beaucoup plus rapidement chez les filles. À l’inverse, les capacités motrices des garçons se développent généralement plus rapidement que celles des filles. Ces différences seraient amplifiées par l’environnement. « Il y a des études qui ont été menées il y a déjà très longtemps qui démontrent que, dès la naissance, les adultes ne se comportent pas de la même manière avec un bébé fille et un bébé garçon. Ils ne vont pas parler avec la même tonalité affective, ils ne vont pas faire les mêmes gestes », affirme Nathalie Bigras, professeure titulaire au département de didactique à l’Université du Québec à Montréal.

Les stéréotypes sont présents, ancrés en nous… et parfois malgré nous !

« Sois gentil, ne donne pas de coups, explique avec des mots… » Si, à une certaine époque, le travail physique était valorisé, aujourd’hui, ce sont plutôt les capacités intellectuelles qui sont mises en valeur. Selon Mme Bigras, les exigences de la société ont beaucoup évolué en regard de ce qui est valorisé chez les filles. « L’école, entre autres, valorise des caractéristiques qui sont plus présentes chez les filles que chez les garçons; spécifiquement le langage. Les filles parlent plus, s’expriment plus, intègrent parfois plus rapidement les règles sociales », dit-elle.

Les garçons ne seraient donc pas égaux face aux filles dès leur entrée à l’école. Heureusement, les différents milieux entourant la petite enfance commencent à réagir et à mettre sur pied des plans d’action.

Bouger : un besoin primordial

Nathalie Bigras avoue que certains services de garde, au fil des ans, ont adopté des méthodes d’éducation trop scolarisantes pour les enfants en bas âge. Assis à la table, papier, crayon, bricolage… le besoin de bouger, primordial chez les enfants de 0-5 ans, est parfois délaissé. « À l’origine, tout enfant de 0-5 ans, qu’il soit garçon ou fille, a besoin de bouger. Il a besoin de découvrir le monde par son corps. Après, s’il est bien dans son corps, s’il a pu bouger, s’il a pu extérioriser ses émotions par l’activité physique, il pourra mieux se concentrer et développer le contrôle de soi. »

Depuis environ deux ans, un retour aux sources commence à être valorisé dans les différents milieux entourant la petite enfance. Par exemple, les partenaires pour la petite enfance de la MRC des Sources, en Estrie, ont créé un cadre de pratiques gagnantes pour mieux soutenir les garçons, notamment en leur permettant de s’exprimer à travers les jeux de guerre et de bataille. Selon Mme Bigras, ces jeux ne devraient pas seulement être encouragés chez les garçons, mais aussi chez les filles. « Un enfant est un être global complet, dit la spécialiste.Tout est interrelié et tout se développe en complémentarité. Si on brime certaines dimensions par rapport à d’autres, ça va affecter les autres dimensions de son développement. »

La lecture, une clé de la réussite

Beaucoup d’études démontrent un lien entre la lecture et la réussite scolaire. Mettre les enfants en contact avec des livres, dès la naissance, va les aider dans leur développement et dans leur préparation scolaire. « Jouer avec les livres, utiliser des imagiers, demander aux enfants d’identifier des images, stimule leur langage, et cela très tôt dans la vie », affirme la professeure titulaire.

Extérioriser les émotions par le jeu actif… puis passer un moment tranquille avec des livres dont les sujets viennent rejoindre les intérêts de l’enfant, lui permettre d’explorer, de s’exprimer à sa facon, même si ce sont des jeux de batailles : voilà des pistes de solution pour diminuer l’écart entre la réussite scolaire des filles et des garçons.

Par Julie Chaumont

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