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Vivre en famille

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Les « Tanguy » sont toujours plus nombreux

Une proportion croissante de jeunes adultes continuent d'habiter chez leurs parents au-delà de l'âge de 18 ans. Dévoilant certaines données de son recensement de 2006, Statistique Canada révélait mercredi que quatre millions, ou 44 pour cent, des personnes âgées de 20 à 29 ans vivaient avec leurs géniteurs - une hausse de près de trois points de pourcentage par rapport à 2001. Il y a 20 ans, la proportion des « Tanguy » n'était que de 32 pour cent.

Dans la tranche des 20-24 ans, 60 pour cent cohabitaient toujours avec leurs parents en 2006, contre 49 pour cent 20 ans plus tôt. « La plupart des raisons qui motivent ce choix de vie sont d'ordre économique, affirme la sociologue Barbara Mitchell, de l'Université Simon Fraser. Par exemple, les jeunes gens doivent étudier plus longtemps pour obtenir les mêmes titres de compétence que leurs parents et faire leur place sur le marché du travail. »

D'autres facteurs sont culturels : la population immigrante augmente au Canada, et avec elle, le nombre de jeunes adultes dont on s'attend à ce qu'ils continuent de vivre avec leurs parents jusqu'à leur mariage. Le phénomène a des impacts certains sur la société, constatent les chercheurs. En fréquentant plus longtemps l'école, ces jeunes gens entrent plus tardivement dans la main-d’œuvre - ce qui rend moins probables les plans de retraite précoce.

Le fait de se marier plus tard signifie aussi que les enfants arriveront plus tard, ou pas du tout. « Cela veut dire que notre taux de fécondité demeurera faible. Les gens vont avoir moins d'enfants qu'ils ne l'auraient souhaité parce qu'ils n'auront pas commencé assez tôt », souligne Roderic Beaujot, professeur de sociologie à l'Université Western Ontario.

Bien que les jeunes adultes restent plus longtemps à la maison en réponse à des pressions culturelles et économiques, leur capacité de le faire est aussi liée à un autre facteur important : le sexe. N'étant plus obligés de se marier pour avoir des relations sexuelles, ils perdent une des plus grandes incitations à quitter le douillet nid parental de toute l'histoire.

Source : Presse Canadienne, 12 septembre 2007



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