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Les naissances hors mariage plus nombreuses au Québec

Plus de la moitié des enfants québécois sont nés hors mariage l'an dernier. Dans une région comme la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine, la proportion dépasse les 80 %. Mais Montréal nage à contre-courant : c'est dans la métropole que l'on retrouve le plus de poupons venus au monde après l'union civile ou religieuse de leurs parents. Seulement 36 % des bébés montréalais sont nés à l'extérieur du mariage en 2005, rapporte en effet l'Institut de la statistique du Québec.

L'une des explications avancées pour justifier l'écart entre Montréal et le reste de la province est le nombre restreint de naissances hors mariage chez les minorités culturelles. « Chez les citoyens nés à l'étranger, un bon nombre sont déjà mariés en arrivant ici. Et ceux qui sont nés à l'étranger et qui ont élevé des enfants ici peuvent aussi leur avoir appris une plus grande valorisation du mariage », avance Évelyne Lapierre-Adamcyk. Ainsi, chez les 597 mères nées au Pakistan qui ont donné naissance à un enfant entre 1999 et 2001, seules 2 % ont eu leur enfant hors des liens conjugaux.

Montréal ressemble en cela au reste du Canada, où seulement le quart des naissances étaient extraconjugales en 2004, selon Statistique Canada. Les conjoints de fait ne sont pas répertoriés par l'organisme. « Le Québec est toujours le champion des naissances hors mariage », dit le démographe à Statistique Canada, Hubert Denis. Dès 1997, au Québec, les naissances hors mariage avaient surpassé en nombre les accouchements par les mères mariées. Les autres provinces canadiennes étaient loin derrière. Aucune n'avait atteint 40 %. « Les Québécois ont peut-être davantage rejeté la religion », estime la démographe et professeure émérite de l'Université de Montréal, Évelyne Lapierre-Adamcyk. « La population a rejeté bon nombre des comportements encouragés par l'Église, comme le mariage », ajoute-t-elle.

Les Canadiennes ont des poupons de plus en plus tard. L'âge moyen des femmes qui ont enfanté en 2004 était de 29,2 ans. Cette tendance est à la hausse depuis quelques années. Sur ce point, le Québec ne fait pas bande à part. L'âge moyen des mamans québécoises pour 2004 était de près de 29 ans. Le prolongement des études, autant chez les femmes que chez les hommes, de même que la difficulté de trouver le partenaire idéal, sont autant de facteurs qui contribuent à l'âge tardif des premiers accouchements.

Source : La presse, 1er août 2006



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