Les insectifuges

Les moustiques ne sont plus qu’un désagrément; ils peuvent être un danger pour notre santé. Au Canada, 10 insectes piqueurs peuvent transmettre le virus du Nil occidental...

Dengue et malaria : deux maladies transmises à l'humain par un moustique. Vous me direz : « Ce sont des maladies du bout du monde. Ce n'est pas demain la veille qu'on les attrapera ici, au pays de la neige et de l'hiver! » Et vous avez tout à fait raison. Mais si je vous parle du virus du Nil occidental...

Les moustiques ne sont plus qu’un désagrément; ils peuvent être un danger pour notre santé. Au Canada, 10 insectes piqueurs peuvent transmettre le virus du Nil occidental; moins de 1 % de leur population est infectée, ce qui est très peu. C'est par contre suffisant pour avoir infecté 17 personnes et causé un décès au Québec en 2003. En 2004, 3 personnes ont été infectées sans qu'aucune décède, Dieu merci.

Pas de panique...

La majorité des personnes infectées par le virus ne ressent pas de symptômes. Si des symptômes se manifestent, ils apparaîtront de 3 à 14 jours après la piqûre et s'apparenteront à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs ou courbatures. Une maladie grave, telle qu'une encéphalite ou une méningite, peut apparaître, quoique rarement. Les personnes déjà atteintes d'une pathologie grave ou dont le système immunitaire est affaibli sont le plus à risque de présenter des complications. Celles-ci devraient porter une attention particulière à bien se protéger.

Comment ne pas vous faire piquer votre santé!

Pour éloigner le plus possible nos minuscules et nuisibles ennemis et quand même profiter du beau temps, il faut penser à des moyens faciles et accessibles pour nous protéger.

  • Les moustiques se reproduisent dans l’eau stagnante. Ainsi, en évitant les mares, en nettoyant nos gouttières obstruées, en enlevant régulièrement l’eau des jouets des enfants et en changeant assidûment l'eau du bain d’oiseaux, on peut diminuer sensiblement leur population.
  • Les insectes sont plus actifs à l’aube, en début de soirée et au crépuscule. Durant ces périodes, il peut être préférable de se mettre à l'abri à l'intérieur, en s'assurant a priori que nos moustiquaires sont en bon état.
  • Si on tient absolument à demeurer sur la ligne de front, il peut être sage de faire barrière à ces voraces bestioles en portant des vêtements de couleurs claires, un pantalon long entré dans les chaussettes ou les chaussures, un chandail à manches longues et à poignets et un chapeau. Tout ce qui est de plus recommandable côté vestimentaire pour la saison estivale, quoi!
  • Si vous ne tenez pas à être vêtu comme s'il faisait 10 degrés Celsius alors que votre thermomètre indique un 30 éclatant, vous pouvez toujours vous rabattre sur les insectifuges ou le fameux « stuff pour les mouches » comme Marc Déry le chantait si bien!
Vive les produits chimiques!

Le marché regorge de produits supposément efficaces comme chasse-moustiques. Ceux contenant de la citronnelle, qui offriraient une protection de 30 minutes à deux heures, ou de la lavande, qui quant à eux protègeraient moins de 30 minutes, ont été récemment réévalués par Santé Canada relativement à leur sécurité. Celle-ci n'a pu être démontrée hors de tout doute et à l'heure actuelle, tous les chasse-moustiques à base de lavande seraient retirés du marché.

Pour de qui est de la citronnelle, un groupe d'experts a déposé un rapport demandant à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de reconsidérer sa décision de la retirer du marché en tant que chasse-moustiques. Si on y croit et qu'on souhaite utiliser ces produits, rappelons-nous qu'ils ne devraient pas être utilisés chez les enfants de moins de 2 ans.

Un ingrédient actif sur le marché, le P-menthane 3,8 — diol, assurerait une protection de deux heures. Il répond aux normes de sécurité, mais ne peut être utilisé chez les enfants de moins de 3 ans. Les préparations à base d'huile de soya nous protégeraient de 1 à 3 heures et demie et répondent aux normes de sécurité. De plus, elles peuvent être utilisées chez nos tout-petits de plus de 6 mois, ce qui en fait l'unique alternative sécuritaire au DEET pour les enfants de 6 mois à 2 ans.

Le bon vieux DEET

Le DEET a fait l'objet d'une révision d'homologation en 2001. Ainsi, tous les produits contenant plus de 30 % de DEET sont maintenant retirés du marché. La durée de protection du DEET dépend de sa concentration : 30 % de DEET offre une protection pendant environ six heures, 15 %, cinq heures, 10 %, trois heures et 5 %, deux heures.

 

  • La fréquence d'application et la concentration conseillées varient selon l'âge de l'individu à protéger. Pour les enfants de moins de 6 mois, il est recommandé de n'utiliser aucun insectifuge, DEET ou autres.
  • Pour ceux-ci qui ne se déplacent pas encore, un moustiquaire pour couvrir le parc ou la poussette peut être une bonne option.
  • Si on décide d'appliquer un insectifuge à base de DEET à un enfant de 6 mois à 2 ans, on devrait utiliser un produit contenant au plus 10 % de DEET à appliquer une seule fois par jour.
  • Pour les enfants de 2 à 12 ans, on devrait employer encore une fois une concentration maximale de 10 % de DEET à ne pas appliquer plus de trois fois par jour.
  • Chez les personnes âgées de 12 ans et plus, un produit renfermant au plus 30 % de DEET fournit une protection suffisante que l'on peut appliquer au besoin.
  • Bien qu’il n’existe pas de danger connu pour le fœtus ou le nourrisson, les femmes enceintes ou allaitantes devraient privilégier les moyens de protection naturelle.


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