Aimer ses enfants, mais à quel prix?
Plusieurs parents croient qu’une attitude permissive leur vaudra d’être aimés de leur enfant. Qu’ils se détrompent! Un jour, ils devront fixer des limites et accepter de les frustrer. Sinon, la société s’en chargera!
Il est évidemment beaucoup plus agréable de dire « oui » à son enfant et de voir la joie briller dans ses yeux. Cependant, les parents qui pensent que les enfants sont naturellement bons et qu’ils deviendront sans effort des citoyens responsables et des humains altruistes et raisonnables se trompent.
Être trop permissif
Deux motifs peuvent expliquer les difficultés de certains parents à dire « non » à leurs chers enfants et leur propension à être trop permissifs avec eux.
La première est un manque de connaissances en matière d’éducation. En effet, bien des parents ignorent les pièges d’une telle éducation. Encore aujourd’hui, ils ignorent les conséquences négatives qui en découleront tôt ou tard.
Les enfants élevés de manière trop permissive développent les problèmes suivants :
- Une faible connaissance des valeurs.
- Une moindre appréciation de ce que nous faisons pour eux.
- Un manque de respect.
- Une tendance à être davantage manipulateur.
- Une propension à être plus capricieux.
- Une inclination pour la violence, verbale ou physique, lorsque leurs désirs ne sont pas satisfaits.
- Un penchant plus prononcé à l’égoïsme et à l’indifférence.
- Une plus grande désobéissance et indiscipline.
- Une tendance à recourir aux menaces pour obtenir ce qu’ils veulent.
La seconde raison expliquant la difficulté des parents à s’opposer à leurs enfants se cache dans les profondeurs de leur âme : il s’agit du désir impérieux d’être aimé de leur enfant.
Pourtant, répondre à tous les désirs d’un enfant ou omettre de les réfréner lorsque c’est justifié, mène rarement à cet amour, et ce, même si nous croyons justement être permissifs par amour. Nous n’avons qu’à observer l’attitude des enfants pour nous en convaincre. Très jeunes, ils manifestent différents comportements spontanés, mais pas toujours souhaitables : jalousie, manque de respect, égoïsme, indifférence, violence, manipulation, agressivité et colère. De fait, ces manifestations ne font pas toujours la joie des parents. Notre rôle consiste à tempérer ces conduites.
Fixer des limites

Certains parents croient qu’un enfant n’est heureux que sans limites et que toute limite est nécessairement répressive. Ce n’est pas vrai. Cependant, certaines limites le sont en effet : celles qui n’ont aucun sens et que l’adulte impose pour son plaisir ou pour affirmer son pouvoir.
Il y a aussi des limites indispensables : celles qui permettent à l’enfant d’avancer. Ainsi, un enfant ne peut pas téter toute sa vie. Ces limites-là n’empêchent pas son bonheur. Au contraire, elles le favorisent. Elles lui déplaisent néanmoins et il leur résiste (du moins, tant qu’il n’a pas compris leur nécessité), mais elles sont garantes tant de son bonheur que de son plaisir. Par exemple, si l’on veut apprendre le piano, il faut s’astreindre à faire des gammes. Si on ne les fait pas, on n’y arrivera jamais et on ne découvrira jamais le plaisir de jouer de la musique.
Certains parents considèrent que les interdits briment l’enfant dans sa personnalité et sa créativité. Une maman me racontait que, lorsque son enfant lançait sa cuillère par terre, elle la ramassait sans rien dire, car un enfant connaît tellement d’interdits qu’elle ne voulait pas lui en ajouter un.







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