Transformer les cauchemars en beaux rêves
Le cauchemar est un rêve dont le contenu est troublant ou angoissant. Il est défini comme trouble du sommeil, car il réveille celui qui en est sujet. Les cauchemars sont très fréquents chez les enfants.
Nous ignorons si les périodes de sommeil paradoxal chez le bébé sont accompagnées d’une imagerie mentale. Nous ne sommes pas en mesure de le vérifier. Cependant, dès l’âge de 1 an à 2 ans, des enfants rapportent des rêves, ils sont donc susceptibles de faire également de mauvais rêves et des cauchemars. D’ailleurs, dans la majorité des cas, ils se souviennent davantage des rêves effrayants ou frustrants que des rêves agréables ou neutres. Il est facile de reconnaître un enfant qui vient de faire un cauchemar; il s’éveille en sursaut, anxieux et peut-être en pleurs. Il lui faudra du temps pour être rassuré et comprendre que ce qui l’a effrayé dans son rêve ne s’est pas vraiment passé, qu’il ne s’agit que d’un mauvais rêve.
Le contenu des cauchemars s’élabore généralement comme suit :
- Deux ans : peur d’être mordu, mangé ou attaqué;
- De trois à cinq ans : présence d’animaux puissants et méchants;
- De 6 à 12 ans : figures humaines menaçantes, étrangers malveillants, bêtes étranges et dangereuses;
- De 13 à 16 ans : des scénarios reflétant le rejet, le ridicule, le découragement, le manque d’estime de soi, l’emprise et même la dépression.
Chez le jeune enfant, les cauchemars représentent en général des peurs non contrôlées. Néanmoins, il est important de vous assurer que les histoires que vous racontez à votre enfant ou les vidéos qu’il visionne ne comportent pas de sujets potentiellement effrayants.
Que faire?
Quand survient un cauchemar, la meilleure attitude est avant tout de le réconforter et le rassurer. Ensuite, faites-lui raconter son cauchemar, approuvez ses réactions et au besoin, inspectez sa chambre pour le rassurer, une fois ou deux. Le faire systématiquement à chaque mauvais rêve pourra laisser croire à l’enfant que même son parent ne trouve pas la menace! S’il a plus de cinq ans, il est possible de l’aider à distinguer le rêve de la réalité. Enfin, suggérez à votre enfant de faire appel aux pouvoirs magiques de ses héros pour lui porter secours dans ses rêves. Voici un exemple :

Erika se réveille au milieu de la nuit en pleurant et en hurlant. C’est la deuxième fois cette semaine que le même cauchemar vient hanter son sommeil : elle rêve que de grosses abeilles envahissent sa chambre, elle tente de les chasser avec ses mains, mais les abeilles deviennent de plus en plus grosses et de plus en plus menaçantes. Elle s’éveille toujours au moment où l’une d’elles fonce sur elle pour la piquer de son dard. C’est dans un état de panique évidente que l’enfant court se réfugier une fois de plus dans le lit de ses parents pour y passer le reste de la nuit. Quelque peu désemparés, ces derniers ne savent plus quoi faire pour parvenir à rassurer leur fillette de cinq ans.
Verbaliser la peur
Il est possible de transformer ces images angoissantes et effrayantes en rêves doux et charmants! Une fois l’enfant ramené dans son lit et rassuré, la première étape consiste à le faire parler de son rêve. L’enfant doit décrire l’image effrayante ou raconter le scénario apeurant.
Après cette description, la plus détaillée possible, le parent explore des moyens de modifier la situation dérangeante. Plusieurs possibilités existent alors : changer le monstre en petit animal domestique doux et affectueux, arroser le méchant personnage avec un liquide rose qui le rend gentil et aimable, utiliser un sifflet magique qui appelle à l’aide tous les amis du rêveur, sortir ses ailes de rêves et s’envoler très haut dans le ciel, etc.
L’aide peut aussi se manifester en invitant un ami imaginaire à accompagner l’enfant dans ses voyages de nuit. L’ami onirique peut être son ourson favori, un lutin des bandes dessinées ou un ange créé à partir de son imagination. Il peut aussi faire appel à une personne connue qu’il aime beaucoup, comme un membre de sa famille, un éducateur ou une vedette.
Dans le cas présent, Érika a décidé d’utiliser ses doigts magiques (car tout est magique dans les rêves, sa maman lui a dit!) et de transformer les abeilles en petite souris avec lesquelles elle pourrait jouer dans ses rêves! La créativité du parent jumelée à celle de l’enfant permet d’inventer mille et un moyens de transformer le cauchemar en beau rêve. La formule utilisée peut varier d’un rêve à l’autre ou demeurer la même pendant un certain temps.







Commentaires