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Papa pour la vie

Rôle et implication

Papa à l’accouchement!

Être auprès d’une maman qui accouche n’est pas une mince tâche. Le rôle principal du futur papa est de supporter du mieux qu’il peut sa conjointe, d’être à son écoute et de s’assurer qu’on respecte ses choix. Mais entre s’y préparer durant neuf mois et la réalité de voir celle qu’on aime en douleur et sur une marée haute d’émotions, devenir irritable, indécise, découragée, excitée et exubérante, il y a un pas. Bien des filles le disent après coup : elles n’auraient pas voulu « s’accompagner » durant leur accouchement!

Commencer par un plan de naissance

Pour être prêt à accompagner une femme enceinte, il est suggéré de préparer en couple un plan de naissance et de démystifier le déroulement de l’accouchement. Ceci a un effet rassurant autant pour lui que pour la future maman qui le sait en « contrôle » et informé sur les possibles éventualités. « Le plan de naissance permet de savoir ce que sa conjointe souhaite vivre comme accouchement », rappelle Kathleen. Ensuite, le jour de l’accouchement, son aide peut prendre diverses formes. « Juste être présent, lui tenir la main, lui dire qu’il l’aime est déjà un bon départ. La base est vraiment de la supporter, d’être là pour elle. Ensuite, il peut faire des massages, des points d’acupression, faire des rappels à la mère (comme de changer de position, aller à la toilette, boire fréquemment, etc.) et lui suggérer, sans lui imposer, de nouvelles options comme le ballon ou aller marcher », ajoute-t-elle.

Accepter de lâcher prise

Exercice suprême de lâcher-prise, un accouchement ne se contrôle pas ou ne se planifie pas complètement. Le futur papa doit donc comprendre ce difficile principe! « Pendant l’accouchement, le conjoint doit être à l’écoute de sa partenaire, la masser, l'encourager, lui proposer différentes positions et surtout respecter ses propres limites. Il y a des hommes qui aimeraient être de « super accompagnants » et croient qu'il faut absolument faire quelque chose. Au contraire! Il faut apprendre que parfois il n’y a rien à faire et ils doivent laisser la mère faire son travail en toute intimité sans la perturber », conseille Josette Charpentier.

Des papas racontent…

Enfin! Ils nous racontent leurs souvenirs et nous disent comment ils ont vécu la naissance de leurs enfants.

Quel souvenir gardes-tu de la salle d'accouchement?
« C’était une chambre sobre avec une fenêtre (accouchement à l’Hôpital LaSalle dans une chambre privée). C’était calme, mais l’ambiance y était un peu froide, surtout durant la nuit parce qu’au matin on a ouvert les rideaux et le soleil est entré de plein fouet. » (Alex, papa de deux garçons de 18 mois et 3 ans)

« Je déteste les hôpitaux alors pour moi la salle d’accouchement, c’est froid, laid, et c’est une place où j’aurais aimé ne pas être. Je me serais probablement beaucoup mieux senti chez moi dans nos affaires. L’expérience aurait été beaucoup plus relaxante que le milieu hospitalier qui, selon moi, n’est pas propice aux naissances, mais plus à la mort… » (Christian, papa de Koryann 5 ans et Esteban, 4 ans)

Comment as-tu aidé ta conjointe?
« En répondant à ses demandes. C’était tout ce que je pouvais faire! » (Alex)

« Les massages, l’aide à la poussée, les serviettes humides : ça, tout le monde connaît, mais le plus important selon moi a été mon support moral. Je lui montrais que tout allait bien même quand j’en avais des doutes. Être là pour lui dire comment ça sera beau avec un petit bébé après la dure passe qu’est l’accouchement. C’est ce qui a, selon moi, le plus aidé ma conjointe. » (Christian)

Quel a été ton premier contact avec bébé?  
« J’ai suivi l’équipe de néonatalogie et mon premier contact a eu lieu quelques heures plus tard, il était tout branché. J’ai senti de la fierté et un amour inconditionnel instantané. » (Alex)

« Le premier contact avec le bébé c’est ma conjointe qui l’a eu. Pour moi, ce fut le premier petit nettoyage et le premier caca! J’ai eu la chance de pouvoir m’occuper de ma fille tout le temps que ma conjointe a été à l’hôpital, car elle était très fatiguée. Je me suis levé pour tous les boires de nuit et les changements de couche. C’est une chance que peu de pères peuvent vivre quand les mères allaitent… Le contact du boire entre le père et le bébé pour moi a été un moment privilégié. » (Christian)

Te sentais-tu utile? Débordé? Impuissant?
« Un peu impuissant face à mon épouse, mais je crois que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l’aider. Je ne suis pas senti inutile. » (Alex)

« Oui, je me suis senti utile, car on peut vraiment dire que le premier accouchement – celui de notre fille - a été un travail d’équipe. Le bébé ne voulait pas sortir et c’est ensemble que nous avons trouvé comment faire avancer le travail et à deux nous avons réussi un accouchement naturel. Mais c’est sûr que sans l’aide de notre accompagnante, j’aurais été débordé et probablement impuissant à certains moments! » (Christian)

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué?
« Quand on voit la tête apparaître, on se rend compte que c’est pour vrai! » (Alex)

« Voir comment l’attitude d’une personne peut avoir un impact sur les événements. Je m’explique : dans un hôpital, on s’entend que le personnel (infirmières) est au travail et que ça ne fait pas toujours le bonheur de celui-ci. Le fait d’avoir près de soi une infirmière attentionnée et passionnée par son travail change complètement le cours des événements comparativement à celle que l’on peut avoir après un changement de quart de travail qui elle n’est là que pour faire son travail sans plus et de façon plutôt froide… Nous avons passé au moins 4 changements de quart, alors j’ai pu voir ceux qui aimaient leur travail et ceux que non…. Et ceux qui ne l’aimaient pas vraiment n’ont pas aidé à l’accouchement, mais bien au contraire; ils lui ont nui. Et malheureusement, on ne contrôle pas qui on aura avec nous… » (Christian)

Émotions ressenties?
« De l’amour, un sentiment d’accomplissement et de la fierté! J’ai eu le sentiment que le temps s’est arrêté. Plus rien ne comptait, il y avait juste nous! On a envie de se coller avec le bébé et son épouse pour le restant de sa vie. » (Alex)

« Je crois que l’intensité du moment et l’adrénaline ont fait pour moi une barrière aux émotions… Je devais être là, fort, et ne démontrer aucun signe de faiblesse afin de ne pas laisser voir mes craintes ou mes peurs à ma conjointe. » (Christian)

Qu’aurais-tu aimé savoir de plus?
« Que les infirmières ne suivent pas le plan de naissance qu’elles nous avaient demandé de remplir quelques semaines plus tôt. » (Alex)

« Rien… Drôle comme réponse, mais avec les services de notre accompagnante nous étions très bien préparés et cela nous a permis de vivre un accouchement et non un trou noir rempli d’incertitude! » (Christian)

Aurais-tu accouché à sa place? (ou pris la place)
« Je ne me serais jamais offert pour la remplacer, mais si elle me le demandait je le ferais. » (Alex)

« Jamais! C’est bête à dire, mais, nous, quand on a nos grippes d’hommes la Terre arrête de tourner et les femmes, elles, continuent quand même à s’occuper des enfants et des tâches quotidiennes. Alors comment pourrions-nous réussir à passer au travers d’une épreuve aussi dure? Je lève mon chapeau aux femmes pour ce tour de force qu’est l’accouchement. C’est sûr que des fois lors de l’accouchement on trouve ça difficile de voir nos femmes souffrir et nous voudrions bien prendre la douleur à leur place, mais je ne crois même pas que nous en serions capables… » (Christian)


Par Nadine Descheneaux

Juin 2008



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