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Mon fils est diabétique

Le 2 octobre 2003, j’ai appris que mon fils était diabétique. Ça a été un véritable coup de tonnerre dans ma vie. Pour ma compagne : un cataclysme!

Le 2 octobre 2003, j’ai appris que mon fils était diabétique. Ça a été un véritable coup de tonnerre dans ma vie. Pour ma compagne : un cataclysme!

Ma compagne, elle, savait déjà ce qu’implique le diabète de type 1 pour un enfant : des injections d’insuline et des tests de glycémie plusieurs fois par jour, calculer le nombre de grammes de glucides dans tous les repas et toutes les collations, avoir toujours en tête la situation de l’enfant diabétique, avoir peur de commettre une erreur, avoir peur des conséquences à long terme de cette maladie, et surtout, avoir peur du coma diabétique : le cauchemar!

Moi, je ne savais rien de tout cela et, en bon gars, je me suis dit : j’suis un homme, j’suis fait fort, on va passer au travers! Mais… quand j’ai réalisé ce qu’était vraiment le diabète de type 1 et ce qu’il impliquait, pour moi aussi, ça a été un cataclysme. Une tornade. Un tremblement de terre. Soudainement, sans raison, du jour au lendemain, le beau rêve d’un enfant parfaitement en santé, jamais malade, épargné par toutes les blessures de la vie était écorché. Quelque chose d’irréversible venait de se produire. Quelque chose qui ne changerait JAMAIS était arrivé à mon enfant et j’étais remué jusqu’à l’âme.

Pendant au moins un mois, ma compagne et moi avons pleuré tous les jours. On se regardait, on pleurait. On regardait notre fils, on pleurait. On ne pensait à rien et on pleurait encore. La peine, la colère, la révolte et l’impuissance étaient présentes tour à tour, mais surtout, l’irrationnel désir de revenir en arrière. Combien de fois ai-je rêvé de me réveiller le matin et que rien ne soit arrivé? Malheureusement, chaque matin, je me réveillais et le diabète était toujours présent. Toujours là. Il a donc fallu se résigner et apprendre à vivre avec le diabète.

Il m’a fallu apprendre…

  • à calculer les doses d’insuline;
  • à donner des injections, au bon endroit, sans faire mal à mon fils;
  • à faire des tests de glycémie avec la maudite machine qui, au début, indiquait toujours ERREUR, ERREUR, ERREUR;
  • à calculer les grammes de glucides dans les repas et les collations;
  • à préparer des repas mieux équilibrés;
  • ce qu’il faut faire en situation d’urgence;
  • apprendre, apprendre, apprendre, TOUJOURS apprendre…

Et il m’a fallu apprendre aussi (et surtout!) à gérer… la réaction émotive de mon fils face à l’imposition de ces nouvelles contraintes, la réaction de ma fille qui, elle, se sent souvent oubliée dans tout ce chambardement de notre vie familiale, la réaction de ma compagne et la mienne, en tant que parents et en tant que couple… En fait, nos angoisses à tous, en relation avec le diabète, alors que la vie continue, qu’il faut gagner sa vie, aller à l’école, se lever le matin, faire l’épicerie, etc. Et il a fallu faire tout cela, sans devenir fou ni complètement angoissé!

Le plus incroyable, c’est que nous ne sommes pas devenus fous et que nous ne sommes… qu’un petit peu angoissés! Maintenant, presque trois ans plus tard, je crois que nous fonctionnons très bien au quotidien. On ne s’empêche pas de faire quoi que ce soit; il faut juste planifier un peu plus. Nous avons tous appris, les enfants comme les parents, à intégrer cette nouvelle donnée dans notre vie de famille.

En fait, le sentiment qui m’habite aujourd’hui c’est que… si on fait tout ce qu’on à faire, mon fils aura une super de belle vie. Comme on fait davantage attention à son alimentation et qu’on fait un peu plus d’exercice, en réalité, il risque d’être plus en santé qu’un enfant qui ne serait pas diabétique. Quel paradoxe! Je suis donc très optimiste, confiant en l’avenir et évite, il me semble, de tomber dans le piège de la surprotection de mon garçon.

Cependant, quand je me remets à penser au moment du diagnostic, le 2 octobre 2003, il y a toujours un serrement dans ma gorge et j’ai encore le goût de pleurer, mais je constate que ce n’est plus un coup de tonnerre, ni un cataclysme qui m’envahit, mais plutôt une petite pluie passagère, intérieure, qui ne m’empêche plus du tout de voir les beaux jours à l’horizon. La vie est faite de petites et de grandes joies, de petits et de grands deuils, il faut tout simplement apprendre à vivre avec.

Raymond Villeneuve

Le Regroupement pour la valorisation de la Paternité (RVP) est un regroupement d'organismes et d'individus dont le but est de promouvoir une vision positive de la paternité de façon à favoriser l'engagement paternel, à améliorer l'offre de services aux pères et à faire évoluer le discours public sur la paternité et cela, dans le respect de la contribution de tous les membres de la famille. Téléphone : 514-528-9227.

Regroupement pour la Valorisation de la Paternité

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Le RVP est un regroupement d’organismes et d’individus dont la mission est de valoriser le rôle du père et de promouvoir son importance dans la famille et dans la société pour le développement et le bien-être des enfants.

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