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Paparentalité

Papas monoparentaux, séparations, gardes partagées… de plus en plus d’hommes remettent en question leur rôle dans un contexte familial complètement nouveau.

Papa monoparental, séparations, garde partagée… de plus en plus d’hommes remettent en question leur rôle dans un contexte familial complètement nouveau. En effet, une large proportion de femmes travaillent à l’extérieur de la maison, le taux de divorce est à la hausse, les familles reconstituées aussi… Il y a eu le mouvement féministe, de plus en plus les hommes se sont tus, ou peut-être ont-ils démissionné ou se sont-ils laissés exclure? Maintenant, pour le bien de nos enfants, nous devons faire la part des choses. Nous sommes tous concernés : beaucoup de papas sont lésés! Les pères sont à la recherche de repères!

En février 2005, lorsque j’ai visionné le reportage « La Machine à broyer les hommes » diffusé à l’émission Enjeux à Radio Canada, j’ai été assommée par sa thématique abordée. « Un couple sur deux se sépare au Québec. Dans 80 % des cas, la garde des enfants est confiée à la mère. Y a-t-il vraiment une telle proportion de pères désintéressés et incompétents? » Peut-être un tantinet alarmiste, ce documentaire moyen métrage, écrit et réalisé par Serge Ferrand, met en relief une chose : bien qu’il n’y ait plus de couple, les parents demeurent des papas et des mamans pour la vie! Ainsi, certains papas séparés ont peut-être raison de croire, comme le message est lancé dans ce documentaire par un papa, que « la justice ne se rend pas compte à quel point elle fait du mal ». En effet, ne devrions-nous pas nous préoccuper de la discrimination et des conditions de vie médiocres vécues par plusieurs papas séparés ou divorcés?

L’augmentation du nombre de familles monoparentales est l’une des tendances sociales les plus importantes au Canada. Heureusement, malgré les embûches, certaines familles réussissent bien. Mamanpourlavie.com a interviewé un papa monoparental de 35 ans, père de deux enfants de moins de 10 ans, séparé depuis environ 5 ans, et qui partage la garde avec son ex-conjointe. Puisqu’il s’agit de garde d’enfants, nous avons préféré ne pas mentionner l’identité du père, que nous surnommerons « S ».

Vivre en famille séparée, selon S, constitue tout un défi. Cela demande une excellente capacité d'adaptation, de la tolérance, et une bonne dose de créativité. Sa séparation est arrivée dans un moment de changements simultanés dans la famille immédiate : deux décès. Au fil du temps, il a fallu que S s’invente, compte tenu du passé, des personnalités et des expériences de chacun, un mode de vie qui plaise à tous. Malgré tout, S se dit conscient que ses enfants bénéficient grandement de la vie harmonieuse de leurs parents, même étant séparés. Selon lui, « Quand les parents séparés ne s’entendent pas, c’est les enfants qui écopent. Mais mon ex et moi, on a l’avantage de s’entendre. ».

SÉPARATION ET GARDE PARTAGÉE
S me raconte que lorsqu’il s’est séparé de sa conjointe de fait, son plus jeune enfant avait 2 ans tandis que le plus vieux en avait 4. Au début de la séparation, m’explique-t-il, tout était plus strict, lui comme la maman étaient vraiment fidèles à leur temps de garde. Avec le temps, m’explique-t-il, ils se sont ajustés en fonction des enfants. Ainsi, la garde est devenue plus flexible, rien n’est coulé dans le béton : « C’est une entente que j’ai eue avec la maman, et j’en retire de gros avantages, d’autant plus qu’on habite proche l’un de l’autre. Les enfants oublient un livre ou des mitaines, on fait un téléphone et puis on passe le chercher ». Cette proximité a été fortement appuyée par la nécessité que les deux foyers soient accessibles à l’école que fréquentent les enfants. « C’est un gros plus », dit S. « Même quand il n’est pas prévu que j’aie les enfants, et que, par exemple, j’ai le goût de les amener en ski, et que leur maman n’a rien de prévu pour eux, et bien je passe les prendre et je les amène. Mais ça, cette flexibilité-là, ça s’est fait avec le temps ».

RÉACTIONS DES PETITS
« La plus jeune, qui avait deux ans à l’époque, a vécu et ressenti beaucoup plus difficilement la séparation. Mais le plus vieux a réagi 2 ans après! Il ne coopérait plus, refusait nos demandes. Faire son lit et s’habiller devenaient un défi… À l’école, il défiait tout le monde. Mais c’est dans son tempérament aussi, c’est un petit coq! ». Pour m’aider à comprendre le contexte de sa séparation, S explique que son père est décédé juste avant la séparation, et son frère juste après. « En l’espace de 2 ans et demi, mes enfants ont tout vécu ça.… C’était déjà pas facile de comprendre et de vivre ces affaires-là, alors encore moins la séparation! ».

PARLER DE LA SÉPARATION

De verbaliser aux enfants pourquoi papa et maman sont séparés, S regrette de ne pas l’avoir fait avant la séparation. « Il y a une chose que je n’ai pas faite, je n’ai pas vraiment parlé de la séparation quand c’est arrivé. Je pensais que ce serait mieux de les épargner, de ne pas leur dire pourquoi papa et maman allaient chacun de leur côté… Mais c’est se tirer dans le pied. Mon plus vieux devait donc avoir des interrogations, il devait manquer des éléments pour comprendre. Mais maintenant j’en parle. Je parle « du comment du pourquoi », je leur explique. Je leur parle d’amour qui a changé en amitié. Que ce n’est pas qu’on les aime pas, que c’est autre chose entre papa et maman. Que c’est des affaires d’adultes ». Depuis qu’il en parle ouvertement, il observe des changements. « Et je suis pas mal plus proche d’eux qu’avant. Maintenant, quand je les ai avec moi, il y a juste eux! »

EMBÛCHES
« Après 2 ans de séparation, mon plus vieux a commencé à brasser. Il n’écoutait pas. Il était violent avec les camarades. Avec les professeurs, il mettait tout au défi. Il argumentait et devait toujours avoir raison. Bien que ce soit dans son tempérament, ça ne devenait plus vivable…»

Après 3 ans de comportements dérangeants, en juin 2002, l’école offre à S d’envoyer son fils au service de psychologie de l’école. Il faisait des crises. « Ceux qui n'ont jamais vécu ça ne peuvent pas savoir c’est quoi .Il prenait son lit pour un trampoline, il s’embarrait, il n’était pas arrêtable. Dans des moments comme ça, mon seul recours était de le prendre et de me coucher en cuillère contre lui, dans son lit, jusqu’à ce qu’il se calme ». Mais durant l’été, les épisodes de crises ont augmenté, et lorsqu’il a commencé l’école en 2003, c’était l’enfer. Ce n’est donc qu’en novembre 2003 que le fils de S a sa première rencontre au service de psychologie.

« Et d’un coup de baguette magique, dans l’après-midi qui a suivi la rencontre, la DPJ se ramasse chez nous. Mon fils n’avait rencontré le service de psychologie qu’une demi-heure à l’école, et la DPJ nous convoquait déjà pour nous interroger. La DPJ aurait reçu le signalement que notre fils était maltraité à la maison».

« J’avais hâte qu’il rencontre quelqu’un de l’extérieur, mais je n’aurais jamais pensé avoir la DPJ là-dedans ». Finalement, après 5 semaines et plus de 7 convocations, la DPJ a statué que toute cette histoire était non fondée. « Une fois que la DPJ s’est retirée, ils ont décidé que nous n’avions besoin d’aucun suivi, d’aucun service. Ils nous ont donné des numéros de téléphone…Mais j’y ai goûté, et ma famille y a goûté. Et tout ça, parce qu’au départ, j’ai signé des papiers pour qu’il se fasse rencontrer, pour trouver de l’aide et des ressources pour lui apporter de l’aide, pour nous aider à intervenir dans ses crises. Jamais le service de psychologie n’a demandé ce qu’il vivait à la maison, dans sa famille : la séparation et les deux décès! De cogner à une porte pour avoir de l’aide, et d’en sortir avec quarante couteaux dans le dos, c’est pas l’fun », m’explique S.

DPJ et SERVICES DE PSYCHOLOGIE
« Avec la DPJ, dès qu’ils ont un avis de mauvais traitement, ils n’ont pas le choix! De signaler c’est de protéger. Ce que j’aurais aimé, c’est qu’on m’appelle avant d’appeler la DPJ, qu’on me parle… C’est facile de s’en laver les mains. Ils sont payés pour gérer des crises, mais ils se protègent en « pitchant » le dossier à la DPJ. La décision au départ, le signalement, a été trop rapide. Il n’y a pas eu de consultation avec moi, avec nous qui étions concernés. Tout de suite, la machine s’est mise en marche, avec tout ce que ça implique et ce que ça occasionne. Ça a fait le bordel dans la famille et au plan personnel. Je ne dormais plus, et j’étais si épuisé que je n’étais même plus là pour mes enfants. »

LES EFFETS D’UN SIGNALEMENT
Souvent on reproche à la DPJ de ne pas intervenir assez rapidement, mais dans son cas, S ne croit pas avoir été sujet d’intervention abusive. « Non, parce qu’ils n’avaient pas le choix. Je ne peux pas leur en vouloir, au fond, à la DPJ. Mais quand t’es dedans injustement, c’est pas facile. Ça laisse un goût amer des services publics. Et les spécialistes, j’en suis bien déçu. C’est du fast-food ». Être sous enquête a eu plusieurs effets, à la maison comme dans son milieu de travail. S ajoute aussi qu’à l’école, c’était difficile pour les petits. Ils se faisaient regarder, ça jasait. « Tu vas chercher ton petit et tu sais que t’es regardé… Y’a rien de secret, rien de privé ».

FAMILLE RECONSTITUÉE

« C’est déjà assez complexe de vivre pour une famille conventionnelle, que de vivre en famille reconstituée, c’est vraiment lourd ». Après une escapade de 3 ans dans une famille reconstituée, avec une femme qui avait, elle aussi, un enfant d’une relation précédente, S est de retour dans sa vie de papa monoparental, avec les deux petits. « La famille reconstituée, ça, c’est pas facile! C’est beaucoup de gestion et de coordination, de la part de chaque famille, de tous les côtés. De tenter d’organiser une semaine de vacances devenait un vrai casse-tête. J’appelais mon ex pour trouver une semaine à l’horaire qui convenait. Mais cette semaine-là devait aussi coordonner avec l’ex-conjoint de ma nouvelle copine… C’était devenu un véritable bureau de gestion et on perdait l’essentiel… Il y avait un stress informel. Tout était rock and roll. Et finalement, le couple et les projets se sont envolés! »



LA VOLONTÉ DE SE SIMPLIFIER LA VIE
Et maintenant, S assure que ça va bien. « Cent fois mieux! On se parle de la séparation. Les enfants me disent eux-mêmes que c’est plus calme, plus relax… » Maintenant, S et sa famille voguent à leur rythme. « Des fois, on fait les devoirs avant, d’autres fois après le souper… Tout dépend de comment on se sent. Et ça va tellement mieux! » Et S, avec moins de stress à la maison, moins de projets de construction et de trucs du genre, s’attarde un peu plus à son bien-être et à celui de ses enfants. « Je délègue plus aussi, dans le but de passer plus de temps avec eux! Je fais le ménage quand ils sont chez leur maman et j’achète des plats faits maisons de l’extérieur ».

S a décidé de lâcher prise et de pratiquer une forme de simplicité volontaire, en simplifiant volontairement sa vie!

Dernière révision août 2006

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