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Papa

On ne naît pas père on le devient

La nouvelle génération de pères souhaite s’investir davantage auprès de leurs enfants. Mais être père ça s’apprend... et la société n’est pas toujours prête à accueillir ces changements.

 

« Prendre le relais pour une famille gagnante. » Le slogan de la Semaine Québécoise de la Paternité, qui se déroule du 12 au 18 juin, traduit la nécessité de l’investissement des pères dans les foyers.

Fait indéniable, l’implication des hommes québécois au sein de la famille a progressé, ces 20 dernières années. En 2010, les pères consacraient 6,6 h à s’occuper de leurs enfants contre 3,1 h en 1986. Les mères, elles, passaient 7,1 h en 2010, contre 5,8 h en 1986, selon une étude de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Papa du début à la fin

« L’écart entre l’investissement des pères et des mères s’est réduit de façon significative », note Raymond Villeneuve. Mais pour l’organisateur de l'événement et directeur du regroupement pour la Valorisation de la paternité, du chemin reste à parcourir. « Si on veut équilibrer tout ça, il faut agir sur plusieurs vecteurs, dont celui du travail », plaide-t-il. La conciliation travail-famille au masculin est un pan important de l’équilibre au sein du couple. Mais elle est loin d’être la seule.

La présence du père dès les débuts a son importance. Une étude révèle que son implication au moment de la grossesse aurait un impact positif dans les premières années de vie du bébé. En d’autres termes, plus le père est impliqué lors du « moment magique », plus les chances qu’il soit investi dans l’éducation de l’enfant sont grandes.

La forte sensibilité des pères auprès de leurs enfants pourrait également permettre d’atténuer les symptômes de la dépression post-partum, selon une étude récente. Au Québec, environ 13 % des mères souffrent de cette dépression.

Un partage du congé parental nécessaire

Les congés qui suivent la naissance de l’enfant permettent au père comme à la mère d'apprivoiser et de se familiariser avec leur rôle de parent. Mais là encore, l’égalité n’est pas au rendez-vous. La création en 2006 du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) a permis d'accroître le nombre de congés de paternité de 28 % à 83 %. Mais le nombre de congés parentaux pris par des hommes stagne depuis 2006. En 10 ans, il est seulement passé de 31 % à 35 %. D’ailleurs, seulement un père sur trois reste avec son bébé pendant plus de 9 semaines.

Le partage de manière plus égalitaire du congé parental est un enjeu majeur, croit Raymond Villeneuve. « Ce serait intéressant de travailler sur cet aspect parce que les bonnes et les mauvaises habitudes se prennent rapidement », explique-t-il.

Vers un congé paternité exclusif aux pères?

En 2015, le Conseil du statut de la femme (CSF) demandait déjà l’instauration d’un congé de paternité supplémentaire de trois semaines, exclusif au père et devant être pris seulement si la mère n’est pas elle-même en congé parental. Cette suggestion visait l’atteinte d’une plus grande égalité dans les couples.

Pour mieux comprendre ce problème, l’organisme gouvernemental avait réalisé des entrevues avec 15 mères et 12 pères. Résultat : les mères rencontrées qui avaient pris la majorité du congé parental rapportaient que cela avait renforcé les inégalités au sein de leur couple.

Le père, un parent de seconde zone

Deux ans plus tard, peu de choses ont changé. Le congé parental est toujours majoritairement pris par les mères. Cette inégalité vient, en partie, des représentations stéréotypées que se font les politiques.

Ainsi, la décision du partage du congé parental revient à la mère. Le père dépend de sa conjointe s’il veut prendre ou partager ce congé.

« Aucune mesure dans les services sociaux et de santé ne cible spécifiquement les pères », regrette Raymond Villeneuve. Comme s’ils étaient des parents de « seconde zone ». « Dans les politiques publiques et les services, le premier parent est systématiquement la mère », ajoute-t-il.

Pour le directeur de l’organisme, l’égalité au sein de la famille ne passera pas sans un changement politique. Nous devons repenser notre image de la famille.

Écrit par Justine Cohendet

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