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Grossesse/Maternité

Récits

Journal d’une grossesse - semaine 12

Surprise et tristesse en cette 12e semaine de grossesse… Julie a fait une fausse-couche. Voici son dernier journal de grossesse qui raconte comment elle vit ce deuil bien pénible.

Cauchemar

Le cauchemar a commencé mercredi dernier quand j’ai eu mon premier rendez-vous de suivi de grossesse. J’étais tellement contente de voir enfin mon médecin après 2 ans d’absence. J’avais hâte de lui parler, mais par-dessus tout, j’avais hâte d’entendre ce petit cœur battre. Après 10 minutes d’acharnement, il fallait se rendre compte que nous n’y arrivions pas dans ce bureau et que je devais passer une échographie pour en avoir le cœur net. Mon médecin donc m’a convoquée pour le vendredi suivant, question de mettre tout ça au clair avant qu’elle parte pour ses vacances.

J’étais tellement inquiète malgré toutes ses recommandations de ne pas m’en faire avec tout ça, que ça arrive souvent au premier rendez-vous, qu’elle était la première surprise de ne pas entendre ce cœur vu la hauteur de mon utérus, etc. Mais il y avait quand même une petite parcelle de mon cœur qui ne savait plus quoi en penser. Mon Homme et moi sommes allés à l’hôpital tard en soirée vendredi. Nous avions le cœur rempli d’espoir que nos inquiétudes d’avèrent vaines. Le simple filet d’espoir s’est rapidement estompé quand nous avons vu cette Petite Puce. Plus aucun cœur battant. C’était terminé. Imaginez la peine et le désespoir qui nous a envahis. L’espace d’une seconde, le monde autour de nous s’est écroulé.

Pourquoi?

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et même plus. Mille questions ont pris naissance dans ma tête. Pourquoi moi? Qu’est-ce que j’ai fait ou pas fait? Je me suis culpabilisée. Je ne comprenais pas et je ne pense pas que je ne pourrai comprendre un jour. C’est arrivé comme ça, je fais partie des 25 % des femmes qui font un avortement spontané. Je me suis dit que c’était mieux ainsi. Notre bébé était malade, il avait de graves malformations chromosomiques. Malgré que ma tête comprenne très bien l’idée, mon cœur, lui, ne comprend pas encore toute l’étendue de la chose. Il pleure.

Curetage

Mon médecin a planifié un curetage pour le lendemain, samedi. Je me suis préparée psychologiquement à cette chirurgie, j’ai jeûné et au petit matin, on a reporté l’intervention au dimanche. J’étais toute bouleversée. J’allais passer encore une autre journée avec un bébé mort en moi! C’est un peu morbide ce que je viens de dire, mais c’est le sentiment que je ressentais. Je me sentais sale. J’avais tellement hâte que ça soit fini. Évidemment avec le système de santé que nous connaissons, l’intervention a été encore reportée au lundi, mais cette fois-ci, sans faute! Je me suis donc encore préparée. Mon Homme a averti le boulot, nous avons trouvé des personnes pour s’occuper de nos enfants qui allaient même dormir chez leurs grands-parents maternels. Nous étions soulagés de pouvoir compter sur la famille.

La famille

C’est dans de pareilles circonstances que nous remarquons comment la famille a un sens précieux. C’est une des premières fois que je me suis sentie aussi près et comprise par ma belle-mère. Pourtant, je m’entends très bien avec elle. C’est dans ce genre de situation que l’on se rapproche des gens que l’on aime, on en a besoin. Je me sentais si vide que je recherchais la chaleur des miens.



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