Accouchements insolites
Un accouchement n’est jamais ordinaire. La mise au monde d’un bébé peut emprunter des détours surprenants, cocasses ou tout en suspense. Voici quelques récits...
La future maman se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Un événement imprévisible vient jouer sur l’intensité de l’événement de la naissance. Le sexe de bébé est « mal identifié »… Une femme expulse littéralement son bébé plus rapidement que prévu. Voici ces histoires, toutes vraies. Certaines d’entre elles ont été soumises par les internautes de Mamanpourlavie.com alors que d’autres ont été racontées par la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Claudia Faille.
Feu de joie…
Nous sommes au milieu des années 90, dans une maison de naissance du Québec. À cette époque, il était permis d’allumer des bougies dans les chambres. Ce jour-là, dans l’ambiance feutrée de l’éclairage tamisé, une nouvelle maman mettait son poupon au monde, pendant que l’aide natale prenait des photos pour immortaliser l’événement, raconte Claudia Faille.
L’explosion de joie qui a suivi la naissance a vraiment échauffé la chambre… et le feu a fait de même. Les flammes se sont mises à dévorer le sarrau de l’aide natale qui avait sans doute effleuré une bougie de trop près! Heureusement qu’un grand bain se trouvait dans la chambre, puisqu’il était prévu que cet accouchement se déroule dans l’eau (plan qui a changé en cours de route).
La course du feu a donc été stoppée avant qu’il ne cause blessures ou dommages. Vous comprendrez pourquoi il a été interdit plus tard de placer des chandelles dans les chambres des maisons de naissance!
Mauvaise section!
L’histoire qui suit provient également de Claudia Faille.
La plupart des maisons de naissance comptent une salle de consultation et une salle d’accouchement.
Une future maman, en cet hiver de 1998, savait que l’heure était venue de s’y rendre, puisque le travail avait débuté. Elle a donc appelé sa sage-femme et s’est rendue aussitôt vers la maison de naissance. Une fois sur place, elle s’est dirigée vers… la salle de consultation, convaincue qu’il s’agissait de la salle d’accouchement. Ne voyant personne pour l’accueillir, elle a attendu un peu, puis elle s’est rendu à la salle de bains des employés, d’où elle a appelé sa sage-femme avec son cellulaire.
Pendant ce temps, les deux sages-femmes qui devaient assister la future maman l’attendaient à la sortie de l’ascenseur, croyant qu’elle en sortirait d’une minute à l’autre, puisque la salle d’accouchement se trouvait au deuxième étage. Ne la voyant pas arriver, elles sont parties à sa recherche sans la trouver, jusqu’à ce que la sage-femme reçoive l’appel de la femme qui était maintenant sur le point d’accoucher…
Les deux sages-femmes ont couru vers la salle de bains pour y découvrir… une maman épuisée – mais en bonne santé – et un bébé naissant, en tout aussi bonne santé…!
Mauvais sexe!

C’était en 2006 ou en 2007. Le couple au cœur de cette histoire avait déjà trois garçons et selon ce qu’avait révélé l’échographie, la maman en attendait un quatrième, raconte Claudia Faille. L’accouchement s’est bien déroulé. Tout emmailloté, bébé était lové contre sa maman, au moment où ses trois frères ont fait irruption dans la chambre pour faire sa connaissance. Ils ont soulevé délicatement la couverture, pour confirmer que le trio masculin allait devenir un quatuor. Pendant ce temps, la sage-femme – il s’agissait de Claudia Faille – remplissait les formulaires de naissance du petit garçon. Peu après, l’aide natale rendait visite à la maman pour lui offrir une collation. En replaçant le bébé dans son berceau, quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’il s’agissait… d’une fille! Voilà la confirmation que les résultats de l’échographie ne sont pas infaillibles…
Enfanter en chantant
Wennita est chanteuse alto et elle l’est demeurée jusqu’au cœur de l’un des moments les plus bouleversants de la vie d’une femme : l’accouchement. Elle a accouché d’Ayla chez elle, en 2010. On a fait jouer le Stabat Mater, un poème latin religieux que plusieurs compositeurs ont mis en musique. Wennita écoutait la version de Rossini.
Elle a fait davantage qu’écouter : elle a chanté, toutes les parties, qu’elles soient destinées aux voix alto ou non et la musique est devenue accompagnement! Le texte évoque une mère douloureuse debout devant son fils sur la croix… « Mettons que la partie douleur s’appliquait à mon cas et me faisait du bien à entendre! », relate-t-elle dans un courriel.
N’empêche que la maman de quatre enfants affirme que cet accouchement tout en chant fut pour elle le moins douloureux. Elle s’est accrochée à la musique pour penser un peu moins à la douleur et en chantant, elle maîtrisait son souffle. Gageons que cet enfant né dans l’univers enivrant de la musique aura tissé avec elle un lien bien particulier…








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