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Ces nouvelles amies

Après l’accouchement, nous prévoyons rattraper toutes ces tâches et activités que nous n’avons jamais eu le temps d’accomplir en travaillant, mais nous éprouvons aussi l’envie de sortir un peu!

Après l’accouchement, nous prévoyons rattraper toutes ses tâches et activités que nous n’avons jamais eu le temps d’accomplir en travaillant, mais au fil des semaines qui avancent, nous éprouvons l’envie de sortir un peu. Mais où aller?

À l’âge préscolaire, nos amitiés se limitent aux enfants des amies de nos parents. Au primaire, le groupe d’amies se restreint principalement à la classe. Au secondaire, nous avons plusieurs groupes d’amies correspondants à nos activités parascolaires et scolaires et ainsi de suite selon notre parcourt scolaire et professionnel. Que devient ce cercle d’amies acquis au fil des années quand le ventre s’arrondit et principalement quand bébé se pointe le nez?

Désenchantement

Au début, nos amies sont toutes bien excitées par la venue de ce petit poupon, d’autant plus quand nous sommes la première de la gang à faire le grand saut vers la maternité. Mais l’excitation se dissipe assez rapidement. Bah! Les premières semaines ça fait un peu notre affaire parce que l’on apprivoise tranquillement notre enfant et qu’une bulle se crée autour de cette nouvelle cellule. Certes, il est beau, fin et merveilleux ce créateur de bave et de pipi, mais au bout de quelques semaines, nous commençons à avoir fait le tour de la question et nous réalisons qu’il serait peut-être le temps de sortir de chez nous. Alors s’en suit une tournée de l’annuaire qui nous laisse penaudes. Nos amies ont bien d’autres chats à fouetter que de nous entendre parler de bébés, de couches, de dodos sur le dos (euh sur le ventre?!?), de boires au sein et de sourires si mignons. La terre professionnelle continue de tourner pendant ce temps-là…

On sait bien que la plupart de nos amies sont bien contentes de nous voir avec notre petit poupon, mais elles n’ont cure de nos bons mots sur notre progéniture. Il faut en revenir! Elles ont probablement raisons, mais c’est plus fort que nous. Nous passons quand même le plus clair de notre temps avec nos enfants. Nos amies parlent du boulot et des sorties, nous on parle de couches et de gazouillis.

Découvertes

Alors, nous nous promettons de nous trouver de nouvelles amies, de préférence mamans, qui vivent la même chose que nous, qui ont envie de discuter de ce monde qui nous accapare l’esprit et le temps. Le problème c’est que nous ne trouvons pas ces amies dans des boîtes de Cracker Jack! Nous commençons à fouiner dans internet et c’est là que tout un monde nous attend, et il n’attendait que nous. Via les forums, nous rencontrons plein de femmes, de mères qui vivent la même chose que nous et qui ont envie d’en parler et de nous entendre (lire) parler.

C’est vraiment un univers extraordinaire que les forums. C’est incroyable de penser que nous écrivons des pans de notre intimité au grand jour via ce médium. Sans aucune gêne, nous partageons anecdotes et opinions sur de multiples sujets à des milliers de femmes que nous ne connaissons que par leur pseudonyme. J’imagine que cet anonymat nous aide à franchir cette limite du jardin secret.

Malheureusement, cette façon de communiquer a ses limites parce qu’elle ne nous permet pas de sortir de chez nous et de discuter avec des gens en chair et en os en simultané. C’est aussi ça qui nous fait cruellement défaut quand on est nouvelle mère. Via les forums, plusieurs mères se donnent donc rendez-vous pour déjeuner afin de voir ces femmes avec qui l’on discute tous les jours.

Voir le monde aussi

Aussi, plusieurs d’entre nous ont déjà probablement côtoyé des groupes d’entraide en allaitement ou en post-natal. C’est là que beaucoup de bonnes amitiés peuvent prendre naissance. On discute de ce qui nous touche le plus et tranquillement à mesure que bébé grandi, notre répertoire change et l’on se découvre des points en communs. Les rencontres au CLSC se transportent au fil des semaines dans les parcs et finalement pour quelques-unes, dans la cuisine d’une des mamans pour une collation et ainsi de suite. Ces groupes nous permettent de sortir de notre quotidien et nous offrent la possibilité de faire de belles rencontres

Réalité mordante

Ce qui est triste aujourd’hui c’est que nous faisons face à une réalité que la plupart de nos mères n’ont pas eu à conjuguer. Elles n’avaient pas de réflexions à se faire sur les options qui s’offraient à elles quand elles donnaient naissance à leurs enfants. Toutes prenaient le chemin de la maison et tout le voisinage faisait de même (quoique nous sommes bien heureuses de pouvoir faire ce choix). Les conversations se tenaient au parc voisin, mais surtout par-dessus la corde à linge et il n’y avait aucune honte à réprimander le petit dernier de Madame Chose qui avait fait un mauvais coup, toutes s’entraidaient. Notre réalité est vraiment différente, nous sommes souvent la seule du quartier à avoir un rejeton et nous devons parcourir beaucoup de kilomètres pour nous rendre aux réunions des groupes d’entraide. Et nous ne voyons pas la voisine donner la leçon à nos enfants…

L’exclusion des mères est un sujet qui me touche beaucoup parce qu’au-delà des discours bien ficelés des politiciens sur leur volonté d’améliorer le sort des familles, il y a la vraie vie. Au-delà des congés de maternité bien généreux et des services de garde à 5 $ oups! 7 $… Au-delà de tout cela, il y a des femmes qui vivent seules cette aventure. Bien sûr, la plupart d’entre elles ont leur conjoint qui les soutient (des études disent pourtant que beaucoup vivront des séparations dans la première année de vie de l’enfant), mais les femmes ne savent plus où aller pour sortir de leur quotidien. Nous nous devons de nous stimuler à aller à la rencontre de ces autres femmes et mères.

Lecture inspirante

 Le bottin des bambins, Répertoire montréalais, Annika Melanson, édition Price-Patterson, 2006, ISBN : 9781896881850, 15,95 $

 

Julie Bourdua

Je suis maman à la maison de 3 enfants. Je fréquente la maison de la famille de mon quartier, son parc ainsi que sa bibliothèque. L’horaire scolaire dirige mes sorties mais malgré tout je réussis à faire de belles rencontres. Je suis passionnée par tout ce qui touche le quotidien des mères et leur famille. L’anthropologue et la sociologue en moi cherchent à en savoir toujours plus sur les mères d’aujourd’hui.

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