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Les violences éducatives ordinaires - qu'est ce que c'est?

Pour mieux se familiariser avec le concept un peu flou des violences éducatives ordinaires, Chloé Boehme nous donne un exemple concret et des applications pratiques.

Je suis dans la salle principale dans la garderie de ma grande. Une maman pousse la porte pour entrer, voit sa fille, qui lui jette un regard, mais continue à jouer, concentrée. Quelques secondes après, la maman sûrement blessée de ne pas susciter d’intérêt dit à sa fille de 2 ans et demi : « Bye, moi je m’en vais! » et la maman ferme la porte et simule le départ, un peu sèchement.

On se réjouit de retrouver nos enfants chaque soir, on se dépêche mêlé entre excitation et culpabilité de les avoir laissés. Le meilleur moment de la journée où enfin nous sommes réunis, et pourtant, les retrouvailles peuvent être si décevantes. C’est un grand sentiment de solitude, qui renvoie parfois à nos propres manques non comblés.

La petite fille commence à paniquer et se hâte en lâchant son jouet précipitamment. Cette menace du départ et la simulation de l’abandon sont très efficaces, mais en même temps vraiment inadéquates. C’est un mélange de chantage affectif et de pouvoir exercé sur l’enfant qui, lui, n’a pas la capacité de comprendre le second degré de l’intervention. Il se sent directement menacé, et cela peut être très déstabilisant pour son attachement encore fragile. L’enfant jouait tranquillement, et l’arrivée de sa mère a dû la surprendre; elle était tiraillée entre la découverte du jouet et l’envie de rejoindre son parent. Cela crée un stress, mais empêche aussi l’enfant d’aller au bout de son activité. Ne pas prendre en considération son état d’esprit et le forcer à sortir rapidement de sa zone de confort est ce qu’on considère une violence éducative ordinaire. Totalement bénigne et sans importance pour les adultes, c’est un détail du quotidien qu’on peut faire chaque jour sans en réaliser la portée.

Afin de comprendre ou d’anticiper ce genre d’expériences, voici quelques pistes :

  • Pensons à indiquer à l’enfant dès le matin qu’on viendra le chercher vers tel ou tel moment : après la sieste, la collation, les jeux, le parc. Cela lui permettra de se situer dans le temps, car l’heure pour lui reste abstraite, mais les activités rythment sa journée. Cette routine est rassurante et lui créera des repères simples.
  • Lorsqu’on arrive à la garderie, il est fréquent que les enfants ne viennent pas vers leurs parents. C’est souvent réactionnel, et même si on se sent blessé ou coupable ou déçu, il est important de prendre en compte ce langage non verbal, et de ne pas céder à la panique en le prenant personnellement. Prenons conscience de notre propre humeur, nos soucis, et notre impatiente. L’enfant lui reste en recul, surtout lorsque nous sommes déconcentrés, désorganisés ou préoccupés, il appelle au calme par son attitude de retrait.
  • Jouons le jeu et joignons-nous à l’enfant plutôt que d’exiger qu’il vienne tout de suite dans notre routine infernale, accompagnée de stress et de problèmes accumulés. Entrer dans sa sphère de jeu lui permettra de se sentir considéré et confiant, et souvent, on y découvrira des choses passionnantes : ils parlent, racontent, nous montrent, c’est beau de les voir évoluer dans un contexte qui n’est pas celui qu’on connaît et qui ne nous est pas familier. Il ne faut pas oublier que cet espace est leur quotidien, ils y passent beaucoup de temps, il est donc important de nous en imprégner pour mieux comprendre leur réalité. Vous me direz que vous avez mille choses à faire et pas le temps de vous accroupir, mais ces 5 minutes seront bien investies, parce que ce temps permettra de se reconnecter et ainsi de pouvoir capter l’attention et la collaboration de nos enfants. 5 minutes pour se déposer et se rencontrer.
  • Lorsqu’il est temps de partir, n’oublions pas de fragmenter les consignes et d’expliquer ce qu’on attend de notre enfant.

Il est tard, leur concentration est donc plus difficile à capter : des consignes claires, courtes et répétitives sont nécessaires.

Plus la routine sera familière et plus l’enfant collaborera.

Restons conscientes le plus possible, dans l’instant, sans jugement, en respirations : agissons avec eux comme on aimerait qu’on le fasse avec nous, avec indulgence, patience, écoute et recul!

Chloé Boehme

Accompagnement périnatal et familial

Chloé Boehme s’est tournée vers l'accompagnement périnatal et familial après un baccalauréat en psychologie clinique. Conférencière, elle tient des chroniques sur les réseaux sociaux. Sa mission est de permettre à la famille de reprendre confiance en son intuition et développer ses aptitudes grâce à des outils concrets, la communication non-violente et une écoute empathique. Elle exerce depuis bientôt 5 ans. Ses clients se disent touchés par sa sensibilité, son ouverture et sa joie de vivre. Son intention est de briser la solitude et la difficulté parentale en levant les tabous. Elle exerce à la clinique Rosemont et à la Source en soi à Montréal et propose des consultations via Skype à travers le Québec et toute l’Europe francophone.

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