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Ralentir le troupeau

Boyd Varty est Sud-Africain et guide de brousse. Il construit aussi des corridors fauniques pour restaurer et préserver le fabuleux environnement dans lequel il est né.

Pour expliquer le mot ubuntuBoyd Varty raconte l’histoire d’une éléphante née avec un problème grave de hanche. Ce problème lui donne une démarche complètement déboîtée et cela la ralentit énormément. Son handicap l’a laissée beaucoup plus petite que les autres et rend difficile l’accès à la nourriture, puisqu’elle ne peut pas tenir sur ses pattes arrières pour aller chercher ce qu’il lui faut sur les branches tendres du faîte des arbres.

Sa difficulté à marcher l’empêche d’avancer à la vitesse normale d’un éléphant et de grimper les coteaux et les rives des points d’eau. On aurait pu s’attendre à ce qu’elle meure rapidement, abandonnée par le troupeau.

N’est-ce pas là-dessus que Darwin aurait gagé sa paye?

Hé bien non. Dans cette société matriarcale que forment les éléphants, la plus vieille femelle du troupeau n’a visiblement jamais rien lu sur Darwin, ni sur la gestion de l’efficacité.

Ensemble, un tout

La matriarche du troupeau a volontairement ralenti tout le groupe dans ses déplacements afin que cette éléphante différente puisse continuer d’en faire partie. Et chacun des individus du groupe faisait sa part pour lui faciliter la vie; lui permettre de manger et de se baigner.

La Vieille sait bien que, rejetée par le groupe, la jeune femelle handicapée mourrait à moyen ou à court terme. Ils ne l’ont pas fait par bonté d’âme ni par générosité. Ni non plus parce que leur religion ou leur pratique spirituelle leur commande la charité et l’entraide. Ils le font parce que... Ubuntu (je suis parce que tu es.) Ubuntu est un mot zoulou qui porte en lui-même la vaste vision africaine du monde. Chacun de nous peut vivre parce que nous y sommes tous.

« Quelqu'un d'ubuntu est ouvert et disponible pour les autres . Il a conscience d'appartenir à quelque chose de plus grand. » – Desmond Tutu

Pas simplement : « Je suis contente que tu sois là. » Pas non plus : « J’ai tant de choses en commun avec toi et nous sommes de la même humanité. » Non, il s’agit de bien plus que cela. Il s’agit de savoir, de l’intérieur, profondément, que je n’existe pas sans toi, sans mon lien vital à l’autre. Mon humanité tient au seul fait que je le suis avec toi.

Seule, je ne suis pas, tout simplement.

Quand nous donnons, nous ne sommes pas généreux. Quand nous aidons un autre parent, alors nous faisons la seule chose qui nous permette de vivre… parce que seule, je ne suis pas, tout simplement.

Comment avons-nous pu oublier ça?

Il faut ralentir le troupeau!

France Paradis

Orthopédagogue, conférencière et formatrice en intervention psychosociale, France Paradis est une mère de famille profondément engagée dans sa communauté, et se définit comme une anthropologue du sens de la vie. Ce texte a d’abord été publié sur son blogue personnel. Vous pouvez suivre France Paradis sur Twitter et sur sa page Facebook.

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