Bébé

Les gros mots des petits

Tous les parents y ont été confrontés un jour ou l’autre : un gros mot sort spontanément de la bouche de votre chérubin et vous ne savez comment réagir?

Une phrase peut être gênante quand elle est dite au mauvais moment ou être vraiment embarrassante devant la famille ou, pire encore, des inconnus! On tente dans les lignes qui suivent de mieux comprendre ce qui amène les enfants à utiliser les gros mots et comment intervenir lorsqu’ils surviennent.

Les mots qui font réagir

Colin, 2 ans, vient d’échapper son bac de blocs par terre. Il lâche un « tabarnak » bien senti. Que faire? Tout d'abord, même si l’envie de rire peut être grande quand on entend un si gros mot sortir d’un si petit bout de chou, on tente de se retenir. Car l’enfant cherche avant tout à faire réagir. Et si les rires fusent lorsqu’il sort un gros mot, il y a de bonnes chances pour qu’il ait envie de recommencer. Mais alors faut-il le punir pour autant? Pas nécessairement non plus. Parce qu’un si jeune enfant n’est souvent conscient du pouvoir des mots qu’à travers le regard de l’adulte. Il ne saisit pas très bien ce qui est bien ou mal, mais s’il constate qu’un mot dit par un grand suscite des réactions, il est bien possible qu’il le répète. Il faut plutôt essayer de comprendre où il a entendu ce mot et lui expliquer en mots simples que ce n’est pas très bien de le dire.

Que faire dans cette situation?

Si l’enfant est un peu plus vieux et comprend davantage ce qu’on lui explique, on peut essayer de trouver ensemble des mots plus acceptables, voire même rigolos à utiliser. Ainsi, le gros mot pourrait être remplacé par « zut de flûte » ou bien par « patate pilée », ce qui le fera rigoler à coup sûr et dédramatisera la situation par la même occasion.

Les mots qui blessent

Mariane, 4 ans, arrive à la garderie en tournoyant devant Évelyne, son éducatrice, avec la nouvelle robe qu’elle a eue à son anniversaire. Évelyne se lève de la table où elle dessine avec la petite Sarah et lui dit à quel point elle est jolie. Sarah relève la tête et dit à Mariane : « Elle n'est même pas belle ta robe! Pis toi, t’es laide comme une mouche! »

Que faire dans cette situation?

Dans une telle situation, il faut comprendre que l’enfant, à travers ces mots blessants, tente d’exprimer une émotion qui pourrait être dans ce cas-ci de la jalousie envers Mariane qui a une belle robe ou encore de la déception de devoir partager l’attention de l’éducatrice qui dessinait à ses côtés. Il faut donc tenter de mettre des mots sur les émotions de l’enfant plutôt que le réprimander uniquement sur les mots qui ont été dits. Oui, il faut que l’enfant comprenne que ces mots sont blessants, mais il faut surtout qu’il apprenne à exprimer ce qu’il ressent de la bonne façon. Mariane aurait pu dire dans cette situation : « Moi aussi j’aimerais ça en avoir une belle robe comme cela » ou encore « Évelyne, j’aimais cela dessiner avec toi. Ça me fait de la peine que tu t’éloignes pour parler à Mariane ». En donnant à Sarah des exemples de ce qu’elle aurait pu dire, on ouvre aussi la porte à une discussion sur ce qui a provoqué sa réaction et ses mots blessants.

Les mots qui gênent

Ryan attend en file à la caisse de l’épicerie avec son papa. Il dit : « Beurk, le monsieur en avant, il a vraiment un gros nez! ». Clara de son côté vous a fait honte en lançant très fort lors de la dernière fête de famille : « Je n’ai pas envie de donner des bisous à Tante Clothilde, son parfum il pue trop! »

Combien de parents ont dû faire face à ce genre de situation? Sûrement beaucoup! Et il faut se dire que c'est la plupart du temps, nous, les parents, qui nous sentons le plus mal à l’aise, souvent même davantage que la personne à qui s’adressait « l’insulte ».

Que faire dans cette situation?

Tout d’abord, on s’excuse auprès de la personne blessée puis lorsqu’on se retrouve seul avec notre enfant, on tente de lui faire comprendre pourquoi ce qu’il a dit a pu être blessant. Les enfants ont habituellement beaucoup de difficulté à se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. On peut donc utiliser de petites mises en situation concrètes qui le rejoignent pour mieux lui faire comprendre la situation. « Imagine qu’une personne qui te croise au parc te dise que tu n’es pas beau? Comment te sentirais-tu? Tu aurais de la peine, n’est-ce pas? » Ainsi, l’enfant saisira un peu mieux comment l’autre personne a pu se sentir. On peut aussi l’inviter à nous parler de ses observations et commentaires lorsqu’on est seul à seul. Dans ces circonstances, on peut tout se dire, ça ne risque pas de blesser quiconque! Et on a le temps de mieux expliquer les choses si ce que l’enfant a dit est inacceptable.

Un rôle primordial : le parent-guide

Il faut se rappeler dans tous les cas que les jeunes enfants ont encore beaucoup de difficulté à saisir ce qui est bien et ce qui est mal. C’est à nous de jouer au parent-guide avec eux, c’est-à-dire de les accompagner dans le développement de leurs habiletés sociales pour en faire de petits êtres respectueux et capables de bien exprimer leurs émotions, les positives comme les négatives.

Solène Bourque

Psychoéducatrice

Solène Bourque est psychoéducatrice, auteure et enseignante en éducation spécialisée. Elle est également la fière maman de deux enfants de 11 et 13 ans. Depuis 2010, elle a publié huit ouvrages éducatifs pour parents et intervenants et signe aussi des articles pour différents magazines s’adressant aux parents.

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