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Audrie & Daisy, documentaire-choc sur les ados victimes d’agressions sexuelles

Le documentaire Audrie & Daisy nous parle de deux cas d’agressions sexuelles envers des adolescentes sous l’effet de l’alcool. Ces agressions ont été commises par des garçons qui, tout compte fait, s’en sont bien sortis face à la justice.

Évidemment, ce documentaire heurte, ébranle, choque et fait vivre des émotions douloureuses. Pourtant, probablement à cause de mon métier, ce documentaire ne m’a pas surprise. Pourquoi? Parce que je ne compte plus le nombre de femmes dans mon bureau qui, avec une force exemplaire et un courage incroyable, viennent me consulter pour retrouver un semblant de vie normale.

Apprendre à vivre avec le souvenir

Ces victimes, bien qu’elles n’ont commis aucun crime, portent sur elles la lourdeur de l’évènement. En plus de lutter contre les séquelles de l’agression, elles doivent composer avec l’entourage et la société lorsqu’elles décident de dénoncer. C’est ce qui frappe dans ce documentaire : les victimes doivent  multiplier les efforts pour apprendre à vivre avec ce souvenir mais aussi pour supporter les jugements autour d’elles. Cette partie leur fait aussi mal que l’agression.

 

En thérapie, cela devient un deuxième travail après celui de l’agression elle-même. Il faut aussi travailler la colère, le sentiment d’abandon et d’injustice liée au fait de ne pas sentir crue, ni épaulée.

Souvent, on met en doute les victimes, on doute de leur responsabilité, on leur conseille délicatement ou brutalement de se taire. On leur rappelle que cela fera des vagues dans la famille, la ville ou que cela aura des répercussions sur l’agresseur. On le voit bien dans le documentaire lorsque le maire de la ville s’inquiète de la réputation de ses équipes sportives ou lorsque le shérif affirme que les filles aussi peuvent avoir un rôle dans cette histoire… Les jeunes filles et leurs familles reçoivent des insultes et menaces sur les réseaux sociaux et se font ostraciser. Audrie ira même jusqu’à s’enlever la vie ne pouvant supporter cette atteinte à sa réputation.

Bref, les victimes, trop souvent, finissent par porter le blâme de l’agression et elles sont considérées comme des « trainées ».

Le besoin de taire l'histoire

Ce besoin de taire l’histoire, bien que difficilement compréhensible, a sa raison d’être: il donne un faux sentiment de sécurité en niant la laideur que le monde peut habiter. Nous acceptons plus facilement les victimes lorsque l’agression provient caricaturalement d’un inconnu dérangé mentalement, sortant d’un buisson et utilisant la violence. Plus l’agression provient d’une personne statistiquement difficile à rencontrer, moins nous n’avons à craindre pour notre sécurité personnelle. Plus l’agresseur peut être près de nous, dans notre ville, notre famille ou être une personne sans maladie mentale (donc n’importe qui autour de nous), plus cela est confrontant. Cela veut dire qu’il n’existe aucune garantie de sécurité!

Ne pas croire la victime, une manière de se protéger 

Ne pas croire la victime peut être une protection naïve à croire que « rien ne m’arrivera ». En d’autres mots, si on s’enferme dans la pensée que la victime est responsable de son agression alors on peut avoir le sentiment d’être protégé si on n’a pas de comportements qu’on croit susceptibles de causer une agression (habillement, heure de sortie, être seule, accepter d’embrasser, etc.).

Sauf que… les victimes aussi pensaient de cette façon avant d’être agressées.

Bien que ceci peut expliquer, cela n’a aucune raison d’excuser. Nous devons personnellement et socialement se questionner sur notre comportement et nos jugements.

La victime a besoin de soutien. La dénonciation est déjà difficile. Et même si cela est confrontant à accepter, personne n’est à l’abri. Une femme sur trois est victime d’agression sexuelle de toutes sortes. Nous avons tout à gagner à s’entraider et se soutenir, hommes comme femmes.

Audrie & Daisy 

Audrie & Daisy, 1h38 minutes, 14 ans et plus, réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk, écrit par Michael Goodier, produit par Richard Berge et Sara Dosa, disponible en français et en anglais sur Netflix

Véronique Boisvert

Sexologue et psychothérapeute

Véronique Boisvert est titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en sexologie. Elle pratique en clinique privée comme sexologue clinicienne pour traiter les difficultés sexuelles, relationnelles et conjugales. Elle fait partie de l’Ordre des sexologues du Québec et a un permis délivré par l’Ordre des psychologues du Québec. Elle est l'auteure du le livre Bien vivre ma période postnatale : prévenir les difficultés et devenir une maman heureuse. Elle est copropriétaire chez Axe Santé. Vous pouvez trouver d’autres informations sur sa pratique sur son site Web.  

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